Deschanel N°2

Faut-il aller voir Gigantic ?

Après (500) jours ensembles, Zooey Deschanel revient jouer la fille étrange et aérienne dans un film indie New-Yorkais. Gigantic raconte l’histoire d’un jeune homme de 28 ans qui rêve d’adopter un bébé Chinois, bosse chez un vendeur de lit et se fait occasionnellement casser la gueule par un SDF.

Malgré son apparente ressemblance avec le film sus-cité, qui fit vibrer ces colonnes il y a quelques jours, Gigantic n’est pas un film pop. La caméra évite les gimmicks du genre, en préférant la sobriété d’un plan large et symétrique à l’inventivité graphique. Le scénario, sous une apparente légèreté, recèle une grande part d’ombre.

Un supplément de fond n’est jamais de trop, mais le réalisateur, Matt Aselton, ne semble pas toujours bien savoir ce qu’il veut nous dire. S’il sait donner une grande force à certaines scènes, notamment les attaques assez flippante du SDF persécuteur, on peine parfois à comprendre leur intérêt.

Les atouts de l’histoire sont aussi ses gros points faibles : Le style perpétuellement décalé donne lieu à quelques dialogues mémorables, et fait parfois sourire. Mais le côté “arty bizarre” est trop appuyé, et pas toujours convaincant. On a parfois l’impression de parler à un comptable qui tente de se faire passer pour un étudiant en lettres modernes. C’est relou.

Alors, un nanard prétentieux ? Ben non, il est plus que sauvé par Zooey Deschanel. Dans (500) jours ensembles, l’actrice s’appelait Summer, dans Gigantic, elle s’appelle Happy, c’est dire si elle est lumineuse. Paul Dano a beau être l’acteur principal, il est aussi transparent qu’elle est éclatante à chaque apparition. Et pour tout dire, on s’ennuie quand elle n’est pas à l’écran.

En bref : Il faut aller voir Gigantic. Mais je ne vous y trainerai pas. Pour faire simple, c’est toujours mieux que d’aller voir Gainsbourg (vie héroïque) ou Invictus. Au moins, on rigole, les plans sont assez soignés et tous les garçons tomberont amoureux de Zooey Deschanel. Ou pas. Mais alors il est grand temps de faire votre coming out.

Info bonus : La nouvelle égérie du cinéma indie américain est d’origine française. Son arrière-grand père n’est autre que Paul Deschanel, un président de la IIIème République, célèbre pour être tombé par la fenêtre d’un train.

Étonnant non ?