Phillip Morris, have you got a fag ?

Faut-il aller voir I love you Phillip Morris si on est un hétéro mâle ?

Jim Carrey et Ewan McGregor qui se roulent des pelles, une photo hyper-flashy, Luc Besson à la production, des tequels sur une affiche complètement jaune et un héros qui s’appelle comme un paquet de clopes. A première vue, I love you Phillip Morris n’avait pas grand chose pour lui. Aller le voir tout seul un soir de Saint-Valentin, tenait même de la prise de risque.

Le film raconte l’histoire vraie de Steven Russel, un flic bien sous tous rapports qui joue du piano à l’église, rend sa femme heureuse et possède un QI de 164. Du jour au lendemain, il décide de tout plaquer pour la Floride, se fait passer pour un avocat, puis un financier et fini par s’évader quatre fois de prisons texanes. Au milieu de ses aventures rocambolesques, il tombe amoureux d’un garçon, qui s’appelle Phillip Morris.

Le risque du film, c’était de tomber dans le pastiche gay. Se laisser écraser par les blagues lourdingues, les références appuyées et une tonne de clichés. Lorsque Steven rencontre Phillip, on flirte dangereusement avec cet écueil, tant Carrey et McGregor ressemblent à deux caricatures d’hétéros qui font les folles. J’ai commencé à avoir peur…

Et puis non. Rapidement, les personnages trouvent leur place et le duo d’acteurs trouve une crédibilité troublante. Là où la salle rigole au départ, de voir ces deux stars s’embrasser, on finit par être ému par une histoire d’amour touchante… et hilarante. Car avant tout, I love you Phillip Morris est une putain de bonne comédie !

Si le dernier quart d’heure perd un peu en rythme, le début démarre à tout vitesse, pour ne quasiment jamais nous lâcher. Ma salle de Valentins romantiques et moi nous sommes franchement fendu la gueule toutes les trois minutes, en grande partie grâce aux tronches de Jim Carrey, l’homme élastique au plus haut de sa forme. Tout sauf lourd, les gags sont souvent inventifs et toujours surprenants.

Il faut dire que la vie du bonhomme prête à un tel rythme : on a parfois du mal à croire que l’histoire puisse être vraie tant les situations sont de plus en plus loufoques. Pour finir, la caméra est assez discrète, mais toujours rythmée et les réalisateurs assument complètement leur délire coloré, sans jamais trahir le sujet ni tomber dans le mauvais goût.

En bref : Il faut aller voir I love you Phillip Morris. Parce que derrière ses allures de film ultra-gay, on trouve une comédie universelle, sur un type formidable et dopé par l’amour. Pour couronner le tout, au milieu des gags foutraques, le scénario nous offre des vrais moments émouvants et une grande tendresse pour ses personnages.

Il faudra donc lui pardonner quelques longueurs, un léger cabotinage des deux acteurs et une ou deux grimaces en trop. Ce film est complètement original, bien foutu, hilarant et vraiment rafraîchissant.

Et non, ceci n’est pas un coming-out !