Akin Mieux Mieux ?

Faut-il aller voir Soul Kitchen ?

Un restaurateur Allemand d’origine grecque tente de faire vivre son fast-food malgré l’avalanche de mauvais coups qui lui tombent dessus. Sa copine se barre en Chine, son frère sort de prison, le fisc et l’hygiène lui courent après et il n’a plus un rond pour les payer. Un soir, il engage un cuisinier fou et caractériel qui décide de faire de la grande cuisine. Les rares clients quittent le restaurant.

Réalisé par l’allemand d’origine Truque, Fatih Akin. Soul Kitchen rentre dans la digne lignée des comédies-catastrophes. Le héros fait une bêtise, puis une connerie pour la rattraper, jusqu’à ce que tout devienne complètement incontrôlable. On ne se tient pas les côtes de rire, mais on est un peu content. Bon.

Le problème du film, c’est de jouer la carte de la grosse comédie, là où certaines ficelles ont été tirées mille fois. Le héros passe 1h30 à se déhancher en se tenant le dos. Le running gag est lourdingue et même pas drôle la première fois. Car si certaines blagues auraient pu marcher, les acteurs en annulent la force en soulignant leur jeu à l’extrême. L’acteur principal en fait des tonnes, comme pour signifier “Hé Ho les mec z’avez vu c’est une comédie !” Les situations en deviennent caricaturales et le film, un peu hermétique : c’est une grosse comédie, donc on ne rit pas.

Pourtant, le film ne manque pas de côtés sympathiques. Les scènes de cuisines sont bien réussies et positivement alléchantes, la musique est souvent bien choisie et les décors sont bons. La popularité croissante du restaurant est bien mise en scène et on aurait presque envie d’en ouvrir un. Moins cool, l’histoire d’amour à distance rappellera tout de même des souvenirs aux amateurs de webcam.

Autre aspect bancal, mais sympathique, la réconciliation prônée par Fatih Akin, le réalisateur. Les personnages proviennent de tous horizons, les voleurs sont avant tout des gros ours et les anciens ennemis se disent bonjour en prison. Un peu innocent, le film délivre un message multicolore, et dénué de tout discours ethnique qui en dit plus long sur l’identité nationale que bien des débats.

En bref : Il faut aller voir Soul Kitchen. Mais il ne faut pas s’y jeter. Assez mal interprété, le film peine à faire hurler de rire, ce qui est d’autant plus dommage qu’il semble en avoir l’intention.

En revanche, on marche pas mal dans la montée en puissance du restaurant, et la plupart des blagues font gentiment sourire. Pour peu qu’on aime la cuisine et la bonne musique, on passe un moment agréable, et c’est toujours mieux que de se faire un Mac Do.