Buried : Tombe Raideur

Faut-il aller voir Buried ?

Le huis-clos est un genre courageux. Souvent, un bon concept se transforme en nanard. Mais lorsque ça marche, on touche souvent au génie scénaristique (revoir Fenêtre sur cour ou 12 hommes en colère pour s’en convaincre). Dans Buried le réalisateur à le mérite d’innover radicalement. Pendant 1h35, il enferme Ryan Reynolds dans un cercueil avec un Blackberry et un briquet.

Cette critique sera courte, le film n’inspire pas à la débauche de métaphores grandiloquentes (et j’ai mal à la tête). Il faut d’abord saluer l’idée, car elle est courageuse. Le film parvient à nous raconter une histoire assez cohérente avec un seul acteur physique et un décor ultra-limité. Parfois, la tension est même assez intense.

Oui mais voilà.

Malheureusement, Buried ne marche pas. En voulant faire le malin, le réalisateur se rend compte qu’un bon huis-clos, c’est d’abord un putain de scénario. Ce n’est pas un mec qui s’étouffe dans la pénombre pendant 1h35. Malheureusement, les dialogues sont souvent plats et convenus, même si il y a une ou deux bonnes vannes. Le scénar’ se prend les pieds dans un message politique d’autant plus ennuyeux et lourd qu’il est convenu. La guerre en Irak n’a plus beaucoup de supporters, taper dessus est idéal pour jouer les rebelles consensuels.

Sur le fond, le film joue les arty indépendants, mais il correspond complètement à l’idéologie hollywoodienne. Les méchants sont vilains vilains (“désolé, nous allons vous laissez crever dans ce cercueil et vous retirer votre salaire”) et les passages moraux sont plombés par ce foutu didactisme à l’américaine : “Ce n’est pas un terroriste, il est pauvre et misérable, qu’aurais-tu fait à sa place ?” D’autant qu’en l’occurrence, tous les mecs pauvres ne font pas sauter des innocents, merci pour l’amalgame. Bref. Con.

Laborieuses, les scènes “de gigotage” permettent de faire des pauses entre les coups de fils, mais elles sont souvent incompréhensibles et de plus en plus artificielles. Rapidement, on a pitié du pauvre cinéaste qui remue sa caméra comme il peut pour nous tenir en haleine. Au fur et à mesure que l’histoire progresse, les rebondissements deviennent de plus en plus improbables et le film se termine sur un grand n’importe quoi. Au final, une question subsiste : Mais qu’allait-il faire dans ce cercueil ?

En Bref : Il ne faut pas aller voir Buried. Malgré la quasi-unanimité de la critique et l’originalité de l’idée de départ. Le scénario n’est pas assez bon, il n’y a aucun vrai rebondissement scénaristique et le fond est aussi révolutionnaire qu’une chanson d’Arnaud Fleurent-Didier.

Au final, j’ai envie de recopier un commentaire qu’on a récemment écrit sur une de mes copies d’apprenti journaliste :

“Fallait oser. Mais fallait pas le faire.”