Le discours d’un roi. I want to be be King.

Aaaaaaaah

Faut-il aller voir Le discours d’un roi ?

Comme je ne vois pas les films en avant-première, toutes les critiques officielles me dament le pion. Résultat, à l’heure d’écrire mon article, tous les jeux de mots coolos ont déjà été faits (I bègue your pardon, magnifique). En plus je suis à Périgueux, il fait froid, il pleut et je dors dans un séminaire badant. Les couloirs sont vides, les douches collectives et j’ai peur de me faire manger par un monstre. Ce préambule visait à expliquer la médiocrité (mal) assumée de mon titre. Vous n’étiez pas obligé de le lire.

Le discours d’un roi raconte la vie d’un loser royal qui se fait tailler par toute sa famille parce qu’il bégaie. En plus de ça, il est gaucher, ses genoux sont cagneux et il s’appelle Albert. Autant dire qu’il ne risque pas de s’appeler George. Puis le destin s’emballe et Albert se retrouve sur le trône, alors que les allemands tirent la chasse. C’est la guerre, la vraie. Pas la guéguerre. Mais comment faire la différence lorsqu’on est bègue ?

Filmé avec trois bouts de ficelle et Colin Firth, le film du Britannique Tom Hooper met les grands plats dans les petits. Faute de budget, le scénario raconte la grande histoire par le trou de la serrure et se concentre sur la relation intime entre le futur roi et son orthophoniste. Pas très orthodoxe, mais néanmoins australien, ce dernier va considérer le monarque comme un mec normal. Psy-copain, il lui apprendra à desserrer sa mâchoire et à dénouer sa cravate. Mais cessera-t-il de faire du scat au milieu de ses discours ?

Il faut voir ce film en VO, même si vous êtes un gros ringard villieriste. La langue de Shakespeare est le personnage principal d’une histoire qui met l’accent sur l’accent. A l’heure où les rois cessent d’être des têtes sur des pièces pour devenir des voix dans les postes de radio, on assiste à la deuxième naissance du charisme. Dans l’intimité du cabinet orthophonique, c’est le beau-parleur qui devient roi pendant que le king s’use.

Vous l’avez déjà lu partout : Tout est beau, touchant, filmé avec simplicité et élégance. Les acteurs sont parfaits et les dialogues acérés et drôles. Pour pas s’emmerder, on va balancer quelques défauts en vrac : le film est trop long, la fin perd la vigueur du début et le happy end est trop évident, d’autant qu’un peu concon, car une guerre s’annonce avec des morts par millions, alors arrêtez de nous faire croire que c’est la fête parce que le roi ne bégaie plus. Ah merde j’ai dit la fin.

En Bref : Il faut aller voir Le discours d’un roi. Parce que c’est un film original et raffiné. Parmi les éloges, il faut aussi saluer les mouvements de caméra à l’épaule qui dépoussièrent le genre bien pourri du film en costume, mine de rien. Par contre, le mec qui joue Churchill à beau ressembler à rien, il ne ressemble pas à Churchill.

Désolé si vous pensez que j’ai écrit cette critique avec dilettantisme, c’est parce que je l’ai écrite avec dilettantisme. Bisou.

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