Revenge. Tu me cherches danoise ?

Les suédoises sont plus blondes que leurs enfants

Faut-il aller voir Revenge ?

Les enfants sont formidables. Mais à 10 ans, Christian préfère latter les autres gosses à coups de pompe à vélo. Depuis la mort de sa mère, il aime jouer du couteau, dire des gros mots et regarder le sol du haut des immeubles. Élève dans la même classe, Elias est un boulet. Son père joue les médecins en Afrique pendant que le jeune garçon se fait casser la gueule par les autres élèves. Quand les deux gamins se rencontrent, ils décident de se venger de la vie.

Le cœur du film réside dans une scène. Le père d’Elias se prend une baffe et une cascade d’insultes sans bouger face à une grosse brute rougeâtre. Il a beau répéter aux enfants que c’est celui qui s’énerve qui perd, eux ne voient qu’une chose : c’est leur père qui prend des tartes. La loi du talion a été traitée dans tous les sens par le cinéma et la réponse est toujours simple : la violence engendre la violence et le premier qui s’énerve a perdu. En vrai, c’est plus compliqué.

Dans la vraie vie, le mec qui prend des baffes sans rien faire est une tapette. Pour un gosse, c’est inacceptable. La réalisatrice danoise Susan Bier traite le problème sous tous les angles : de la bagarre d’école aux batailles de couples en passant par les combats de rue et les guerres tribales. Et toujours en filigrane, les décombres. Quand la poussière retombe, il reste des camps de réfugiés en Afrique, des enfants coupés en deux et puis la haine.

Au départ, le film prend à la gorge par sa beauté et sa force. Les lumières pastels de l’aube danoise, les cadrages serrés sur les visages et la retenue de la mise en scène : tout est parfait. Rien n’est dit, le reste est suggéré et porté par des acteurs brillants. Loin de tout manichéisme, Susan Bier montre les paradoxes du pacifisme en torturant ses personnages. En évitant d’apporter une réponse simple à un problème compliqué, les deux premiers tiers du film sont pertinents.

Malheureusement, la puissance initiale perd en vigueur à la fin. Bâclée, cette dernière fait mentir les qualités du début : le scénario s’embourbe dans les clichés, les leçons de morale et le mauvais goût. Susan Bier achève de plomber son film par une métaphore un peu lourdingue et bavarde sur la vengeance. Dommage, on l’avait comprise avant qu’elle ne l’assène.

En Bref : Il faut aller voir Revenge. Pour la force, la finesse et la beauté des premières images. Pour les deux jeunes acteurs impressionnants d’intensité. Pour se demander ce qu’on fera, lorsqu’on se prendra une baffe devant notre fils.

Avant moi, les Golden Globes et les Oscars ont pardonné la fin hasardeuse du film en le récompensant de deux prix prestigieux. Ils ont eu raison.

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