La solitude des nombres premiers. Craquage à l’italienne.

Autiste reading

Faut-il aller voir La solitude des nombres premiers ?

Mattia a des cicatrices sur les bras. Alice en a sur le ventre. Tout le monde est triste. La vie est moche. La musique est trop forte. La maladie rôde. Les filles sont anorexiques et les mecs prennent du lard. Tout le monde a des cernes, les clowns font peur et les adultes sont cons. Alice et Mattia vont-ils s’aimer pour toujours ?

Construit sur 4 époques différentes, ce film italien indépendant raconte l’histoire impossible de deux gosses maudits. Blessés dans l’enfance, boiteux à l’âge adulte, ils sont séparés du monde par une paroi de verre. Leur seul salut, c’est l’autre, mais ils préfèrent se fuir et pleurer.

Comme son nom l’indique, La solitude des nombres premiers est un film qui se la pète. Dans le bon sens du terme d’abord : l’histoire est filmée comme un thriller et mise en scène comme un film d’horreur. Désagréable, choquante et oppressante, la musique participe à rendre le spectateur mal à l’aise. Rien n’est beau, tout est laid, mais il faut tout de même un putain de talent pour clouer au siège de la sorte.

Et pourtant, le film est mauvais. Au sens profond du terme. Il est vicieux, sadique. Il est méchant. Parce que le malheur est plus cinégénique que la joie, parce que les gens heureux ont l’air con, le réalisateur décide de tout balancer sur ses personnages. Complaisant, larmoyant et trash, le scénario nous assène que certaines personnes n’ont pas le droit au bonheur. Une ligne fixe, qu’il ne quitte jamais. Et ça dure 2h30.

Original au départ, le film en devient répétitif, sans surprises et insupportablement lourd. Et pour faire des images fortes, rien de vaut des images dégueulasses. A force, on se détache de l’histoire et on se cache les yeux quand c’est trop dur. Comme lors d’une après-midi pourrave passée avec mon colloc débile à surfer sur “bonjour les moches”.

Naze.

En Bref : Il ne faut pas aller voir La solitude des nombres premiers. Formellement brillant, ce film coup de poing tape dans le vide, trop fort et trop longtemps. Les malédictions, c’est des conneries. En s’acharnant gratuitement sur ses personnages pour prouver sa théorie fumeuse, le réalisateur oublie la vie. Les personnages passent leur temps à bader devant une glace en blâmant leur malchance, alors qu’il leur suffirait de sourire un peu et de regarder les autres.

Et un film sans espoir n’a rien à nous apprendre.

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