Thor. Méfiez-vous de Loki.

Faut-il aller voir Thor ?

C’est l’histoire d’une bande de vikings de l’espace qui règne sur l’univers. Un jour, le plus marteau d’entre eux déclenche une guerre pour rigoler. Fils du roi Odin, il fâche son papa très fort. Banni, Thor se retrouve sur terre pendant que son frère Loki prépare des trucs sournois.

Après la résurrection de Spiderman, IronMan et tous leurs potes, il fallait bien qu’on se tape les space-vikings les plus ringards de la galaxie. On peut comprendre pourquoi Thor est l’un des derniers super-héros Marvel à être adapté au cinéma. Placer des barbus new-age en cottes de maille électroniques au milieu de l’époque moderne… On risquait fort d’avoir l’air naze. D’ailleurs, c’est le parti pris du film.

“Je suis en train de réaliser un navet”, c’est ce que semble nous dire Kenneth Branagh, et ça à l’air de le faire marrer. Echappé du drame shakespearien, le cinéaste a troqué les alexandrins contre la testostérone. Au milieu de cette superproduction bruyante, il semble aussi à l’aise qu’un poireau dans une limousine. Au départ, c’est marrant : le ridicule est assumé et le film se moque en permanence de son super-héros archaïque et body-buildé. Et puis, le deuxième quart d’heure arrive…

Rapidement, on se rend compte que personne dans l’équipe ne croit au film : les scènes d’actions sont moisies, les cadrages sont hideux et le mauvais gout omniprésent. Lors du grand final, Thor combat un espèce de micro-onde géant, Natalie Portman court au ralenti vers le héros blessé et ce dernier finit par s’envoler en faisant tourner son marteau, devant les acclamation d’une bande de branquignolles en armures tout droit sortis du Seigneur des anneaux.

Pire que tout, le réalisateur croit bon de pencher sa caméra sur le côté en permanence pour se donner l’impression de filmer cool. A sa création, le procédé était déjà pourri. Vingt ans plus tard, il donne juste envie de quitter la salle.

Et pourtant on reste, parce que le film ne se prend pas au sérieux, parce qu’on rigole un peu et parce que derrière ses aspects débiles, le scénario n’est pas si con et beaucoup moins manichéen que les autres productions hollywoodiennes. M’enfin, ne nous le cachons pas, si on reste, c’est surtout parce qu’on a payé notre place.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Thor. Evidemment. Ce gros spectacle foutraque pourra nous procurer quelques bonnes tranches de rigolade, mais bien souvent à ses dépends. Sinon, il permet de contempler la déchéance un peu affligeante d’un cinéma américain qui tourne en rond depuis des années.

La preuve, malgré la vacuité du nanard sus-critiqué, l’équipe du film a d’ores et déjà prévu de lui donner deux suites. Vous pourrez retrouver leurs lambeaux ici.

4 thoughts on “Thor. Méfiez-vous de Loki.

  1. Ni la Conquête, ni le Malick, ni le péplum de Kevin: cet excellent site ne serait-il pas en train de prendre un drakkar de retard?
    Quiroffe

    • Le péplum, j’irais pas le voir : la bande-annonce pue le nanard et il faut bien que je sélectionne. Le vrai problème, c’est que j’ai du boulot et pas beaucoup de temps. Pour l’instant, je prends sur mon sommeil, mais là je commence un peu à craquer de partout.
      Quant au Mallick, je suis en train de l’écrire :-)

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