La dame de fer. Tour de Maggie.

Faut-il aller voir La dame de fer ?

Margaret Thatcher est une vieille grand-mère un peu dingue qui plie les costumes de son mari mort en parlant aux murs. Dans son appartement vide, cette vieille dame de fer à repasser repense à l’époque punk. Dans les années 80 la rue salissait son nom tandis qu’elle libéralisait à toute berzingue. A cet époque là, elle avait des couilles.

Si le paragraphe précédent vous paraît confus, le film ne vous aidera pas à y voir plus clair. Comme d’habitude, dans les biopics (genre pourri par excellence pour scénaristes sans créativité et autres producteurs vénaux) on survole. Mais cette fois, on survole en Concorde.

Le soulèvement de l’Angleterre, les tensions avec l’Europe, la libéralisation galopante et la guerre contre les syndicats… Tout est avalé sans vergogne par un film qui n’a de politique que le nom. Comme un parti pris assumé, la réalisatrice préfère nous abrutir de scènes rigolotes ou la vieille Thatcher parle toute seule en digressant sur l’époque moderne et les briques de lait.

Sans aucune cohérence, la personnalité de Thatcher est dessiné à la hâte sans jamais être rattachée à des faits concrets. Tour à tour, la réalisatrice fait passer Maggie pour une féministe avant l’heure, une jeune vierge effarouchée ou une despote frigide, sans jamais tenter d’expliquer ses revirements.

Pour toute analyse, on aura le droit à quelques plans de manifs, trois images d’archives sur les Malouines et une explosion en images de synthèses. Sinon, on est vraiment dans ce qui se fait de plus moche au cinéma (mais il faut reconnaître que c’est dur de filmer l’Angleterre).

Dommage quand même, parce qu’au milieu de ce gloubi-boulga soporifique, il y a la présence éblouissante et éternelle de l’une des plus grandes actrices vivantes.

En Bref : Il ne faut pas aller voir La dame de fer. Sauf si vous étudiez au Cour Florent. Car le talent de Meryl est gâché par l’inventivité négative du scénario et la relative platitude de la réalisation. Dommage, car il y avait quelques scènes plutôt marrantes.

Mais c’est pas une raison pour faire passer Thatcher pour une vielle bonne femme sympathique, le mineur Ecossais qui est en moi ne peut pas l’accepter. Debout sur un tonneau, il crie :

“I want my money back !”