John Carter. Sale Carter.

Faut-il aller voir John Carter ?

Je sais ce que vous allez dire : tant pis pour moi. Et c’est vrai : un chevelu en slip qui combat des phoques géants sur Mars, c’était ambitieux. Si on ajoute des scènes de Western et un univers héroïc-fantasy cheapos, on comprend pourquoi la dernière production Disney est un échec cuisant. Dans la salle, on était deux (mais bon, on était vendredi matin).

Au tout départ, c’est vraiment dur de ne pas partir en courant. Le neveu de quelqu’un lit un journal intime pour lancer la voie off, des moines chauves se baladent en lévitation sur mars et un barbu sans charisme fait du cheval en Virginie.

Sur mars, l’univers se dessine sans jamais convaincre, comme si les scénaristes ne croyaient pas dans leur monde improbable (“par Issus mon jeddak, c’est un quark”, “si tu veux être le sodar sojat, reviens dans moins d’un xsat”, “chéri, tu as les clefs de ma Hyundai ?”… Ce genre de conneries).

Sur le fond, John Carter partage le même idéal génocidaire que la plupart des fables fantastiques pour mômes américains : il y a les rouges et les bleus et le monde ira mieux quand les bleus auront butté tous les rouges. Parce que les rouges sont violents (c’est eux qui ont commencé). Et pour surfer sur l’écologisme ambiant, les rouges sont les foutus pollueurs qui ont asséchés le sol martien.

Mais une fois qu’on a digéré la bêtise de l’ensemble, l’enfant qui sommeille en nous se marre bien : John Carter saute partout, les trucs verts deviennent attachants et l’univers finit presque par être sympathique.

En Bref : Il ne faut pas aller voir John Carter. Trop neuneu, trop plat et complètement kitsch. Mais il y a quelque chose de vintage dans les sautillements de ce héros à l’ancienne, sans doutes ni fêlures ni vêtements.

Et pour une fois, le personnage féminin n’est pas un simple faire-valoir qui crie derrière le héros. Malgré sa princessitude et ses jolies robes, elle a aussi un bon coup droit et de la personnalité.

Comme quoi on ne peut pas tout avoir sur une planète, c’est les océans ou l’égalité des sexes.