Les adieux à la Reine. Drague Queen.

Faut-il aller voir Les adieux à la Reine ?

Alors que le peuple gronde, Marie-Antoinette cherche ses boucles d’oreilles. Versailles tremble, mais on continue de polir les lustres. Et alors que les têtes couronnées semblent de moins en moins fixées à leurs corps, tout le monde continue de porter des perruques. Dans des couloirs d’une époque où les smartphones sont encore rares, les bruits circulent sans aucune certitude mais l’odeur de fin de règne est de plus en plus persistante.

Au milieu de cette débâcle discrète, on suit l’acharnement de Sidonie Laborde, liseuse de la reine qui refuse de quitter le château. Dévouée, transie, presque amoureuse masochiste, Sidonie regarde sa souveraine un peu folle perdre la boule en s’accrochant à son amoureuse.

Ici l’histoire n’a pas de grand H. On la devine par le trou d’une serrure, au hasard d’une gallerie ou dans les bruissements de flanelle du petit personnel royal. Autour de chaque souverain, c’est une véritable PME qui s’active, complote, admire ou trahit. Des femmes pour la plupart, qui mènent un combat acharné et cruel contre les autres.

Quand il raconte une page d’histoire à travers ces luttes de pouvoirs intimistes, le réalisateur Benoît Jacquot donne une force incroyable à son film. Rythmé, filmé en séquence et dans un mouvement perpétuel, la fin de la royauté prend une couleur assez inattendue et passionnante.

En revanche, il semble vouloir nous livrer une analyse un peu fade des relations féminines, qui culmine à travers les amourettes guère crédibles et un peu risibles de la reine et son amante. Les portraits sont réussis, mais inégaux : Diane Kruger, Noémie Lvovsky sont royales, quand Virginie Ledoyen ne sort jamais de son rôle de faire-valoir.

Quant à la très surestimée Léa Seydoux, je n’arrive pas à m’expliquer comment elle peut séduire la critique : comme dans chaque film, son jeu sans nuance se résume à une moue sévère d’adolescente contrariée. Mais l’avantage du cinémascope, c’est qu’on peut cadrer large.

En Bref : Il faut aller voir Les adieux à la Reine. Parce que le film offre une histoire et un point de vue assez original sur la révolution, servis par une mise en scène intelligente. Passé les premières minutes, on ne s’ennuie plus avant le générique.

Malgré tout, le film tourne un peu autour de son sujet. Au risque de le perdre lorsqu’il s’égare dans un propos tiédasse sur les méandres de la psychologie féminine, alors que tout le monde a compris que le kiff du réal, c’est de filmer des gonzesses à poil.

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