La terre outragée. Bombe on Blonde.

Faut-il aller voir La terre outragée ?

Pripiat, Ukraine, 1986. C’est l’été. On fait la fête, on se marrie et on trinque, sous le regard lourd de la centrale nucléaire de Tchernobyl. 10 ans plus tard, les radiations courent encore et la ville s’est transformée en musée morbide. Au milieu, Anya déprime.

La morale de l’histoire, c’est sans doute que la vie n’est pas très cool en Ukraine. Le message passe d’un bout à l’autre : tout est gris, moche, soviétique et triste. Anya se dessèche après avoir perdu son mari dans la catastrophe, mais elle continue de vivre au milieu des décombres, un ingénieur prend des trains sans savoir où ils vont et un jeune garçon perd le nord en cherchant son père. Les silences sont lourds, l’espoir est mort et les enfants sont fous.

Pendant la première partie, seule ma conscience journalistique m’a permis de rester assis : tout sonne faux, les acteurs sont instables et deux voix off se partagent la narration dans deux langues différentes. On rentre dans le film comme dans un livre d’Orsenna : douloureusement et à reculons.

La deuxième partie tient presque du documentaire, on suit les anciens habitants de Pripiat trainer leurs valises de sanglot dans une Ukraine moins soviétique, mais toujours aussi déprimante. Paradoxalement, le film gagne un peu en saveur et les amours d’Anya sont presque attachantes.

Mais c’est trop tard. J’étais déjà affalé sur mon siège. Irradié.

En Bref : il ne faut pas aller voir La terre outragée. Trop moche, trop chiant, trop cheap. Malgré quelques plans intéressants, l’image, la mise en scène et les cadrages du film donnent envie de pleurer et on ne croit jamais à cette reconstitution sans but.

Malgré tout, on peut saluer le courage de l’ancienne mannequin Olga Kurylenko : après des centaines du pubs et un rôle de James Bond Girl, elle se présente à l’image sans passer par photoshop.

Sans l’intensité de son regard triste et amer, il ne resterait plus grand chose du film.

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