Perfect sense. Sens interdits.

Faut-il aller voir Perfect sense ?

Michael est un cuisinier antipathique, Susan est une working girl mal-baisée. Le monde court à sa perte. Petit à petit, les gens perdent leurs sens, mais Susan et Michael en trouvent un à leur vie. Mais comment s’aimer, quand on ne peut pas se sentir ?

La fin du monde et une comédie romantique… A priori, il y avait pas mal de risques à verser un ingrédient aussi banal sur un fond aussi sucré. Mais après tout, c’est ainsi qu’on fait les meilleures grenadines. Et de tous les adjectifs à la con qu’on peut lui attribuer, Perfect sense est d’abord un film rafraîchissant.

Oui je sais, mais que voulez-vous…

Au départ, ça commence pas fort. L’histoire d’amour est téléphonée, les gens pleurent dans la rue et une infâme voix off universaliste vient nous donner des leçons sur des images étalonnées à la peinture sépia. Mais rapidement, ces éléments trouvent leur utilité et le film s’envole pour oser pas mal de trucs.

Les sens et les émotions sont utilisés comme des métaphores de nos excès. Mais le film reste exempt de toute morale explicite. Ici, seul compte la dramaturgie et en définitive, il y a longtemps qu’on avait pas vu un blockbuster aussi courageux.

A l’image, l’apocalypse se déroule sans pyrotechnie. Elle est filmée comme un arrière-plan, pour mieux illustrer l’histoire d’amour des deux héros, qui devient progressivement très attachante. Pour peu qu’on ai gardé son âme de jeune adolescente, on sourit bêtement devant leurs ébats et on flippe en entendant la révolte qui gronde.

Au fil du film, l’intensité dramatique gonfle pour se clore sur un final éclatant, qui laisse le spectateur partagé entre une pointe de tristesse et l’envie un peu béate de sourire à son voisin.

En Bref : Il faut aller voir Perfect sense. Parce que les comédies romantiques de la fin du monde ne sont pas si communes, parce que celle-ci est particulièrement intelligente et parce qu’il n’y a pas assez de films qui se passent à Glasgow.

Malgré un démarrage poussif, le réalisateur détourne les codes ultra-classiques qui lui servent de base pour livrer le premier feel good movie apocalyptique que vous verrez de votre vie.

3 thoughts on “Perfect sense. Sens interdits.

  1. Il a fallu que je me retrouve à la porte de la Cinémathèque un jour pluvieux pour que j’aille voir ce film. Et j’y suis allé un peu à reculons.
    C’aurait été dommage. Je te rejoins pour dire qu’il faut aller voir ce film. Je m’attendais à une histoire d’amour chiante, et en fait ce film fut une vraie bonne surprise.

    J’ajoute par ailleurs que c’est l’une des versions les plus apocalyptiques de notre futur que j’ai pu voir jusqu’à présent au cinéma. Je crois que je préfère encore les révoltes des machines ou les explosions nucléaires aux crises de colère et d’angoisse incontrôlées et à la perte des sens.
    Et malgré tout, l’un des films les plus optimistes que j’ai vu récemment.

    J’ai été touché et ça valait le coup de devoir reporter l’expo sur Tim Burton…

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