Réussir sa vie. Stache qui rie.

Faut-il aller voir Réussir sa vie ?

Dans le futur, les informaticiens seront encore plus nuls. Alain Souchon est un vieux con. Et un mec s’appelle Fraise. Mais pour l’heure, il n’y a qu’un moustachu assis à une table. Et il raconte n’importe quoi.

A quoi bon tenter de donner un sens à cet assortiment de courts-métrages hasardeux ? Même le réalisateur semble incapable de le faire. Entre chacune de ces histoires bizarres, Benoit Forgeard raconte des conneries aux spectateurs pendant qu’une blonde casse des moules avec une batte.

Des moules.

Ici, les spectateurs se classent en deux catégories bien distinctes. Ceux qui ne comprennent pas l’absurde et ceux qui en rigolent. Si vous aimez les films de Werner Herzog, les blagues sans chute et les premiers bouquins de Woody Allen, vous serez pliés en deux. Sinon, je vous plains.

Pendant une heure et demie, des personnages improbables décident de changer leur vie sans raison apparente pour courir nus sur des courts de tennis, faire de la musique sans instrument ou se lancer dans la photo de charme. Loin de nous assommer avec une métaphysique à la con, Benoît Forgeard semble n’avoir qu’un but : surprendre le spectateur et le faire marrer.

Ça marche. Dés les premières minutes, la salle entre dans une hilarité réjouissante et communicative, à tel point qu’on se met même à rire quand c’est pas drôle.

Evidemment, ce premier film ne nous épargne pas quelques erreurs de jeunesse : les cadres sentent un peu le délire arty et le court-métrage central hésite un peu entre la comédie et le pensum. Mais dés que les oreilles de l’ennui commencent à dépasser, la moustache de Forgeard revient à l’écran, et les vannes se remettent à pleuvoir.

Assurément, ce one-man show léthargique est un moment d’anthologie.

En Bref : Il faut aller voir Réussir sa vie. Malgré son titre mensonger, ses apparences intellos et sa minuscule distribution (le film tourne dans trois salles en France, et je parie qu’elles sont pas grandes).

Avant toute chose, ce film est l’occasion de découvrir en avance un mec dont on entendra sûrement parler, quelque part entre un Gaspard Proust humaniste et un Ionesco rêveur.

Pour mettre fin à tout conflit d’intérêt, je signale que j’ai tourné un reportage sur lui cette semaine, mais très franchement, même s’il avait voulu me corrompre, il en aurait sans doute pas les moyens.

One thought on “Réussir sa vie. Stache qui rie.

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