Men in Black III. Tommy Lee Djeun’s.

Faut-il aller voir Men in Black III ?

Je ne sais pas si c’est le temps qui efface tout ou ma mémoire qui dégonfle, mais je n’ai pas beaucoup de souvenirs des premiers Men In Black. Des mecs en noirs, des pistolets lasers et des extra-terrestres marrants et puis c’est tout. Autant dire que je n’attendais pas la suite comme j’attends les prochains Audiard et Cronenberg. Mais ils passent pas ici, et je télécharge pas.

Alors voilà, Men in Black III.

La fin du monde est proche, il faut remonter dans le temps et tirer dans tous les sens. Et l’amitié dans tout ça ?

Ça commence vachement bien. Un héros dégueulasse fait exploser un pénitentier avant de faire des bonds sur la lune dans une scène d’action pêchue et rock n’roll. Le ton est donné et le rythme démarre. Il ne s’essouffle pas avant le générique.

Sans discontinuer, les grosses vannes se succèdent aux coups de latte, sans jamais perdre du temps à nous faire ressentir des émotions mielleuses à l’américaine. La psychologie des héros est aussi limitée que la colorimétrie de leurs costumes. Noir/Blanc, Fun/Chiant, Sourit/Boude, Rap/Country. Le concept est simple et tout le sel du film repose sur leur couple mal-assorti.

Et ça marche du tonnerre : les blagues sont toujours drôles et jamais téléphonées, notamment grâce à l’extraordinaire énergie déployée par Will Smith pour porter le film. Surexcité, physique et cabot, l’acteur se donne à fond pendant une heure et demie.

Bien réalisées, les scènes d’action préfèrent les petits trucs intelligents à la grosse fusillade premier degré, les effets spéciaux n’ont pas l’air d’être en plastique et les pistolets lasers sont toujours aussi cools.

Bref, Men In Black III offre le sentiment d’être rentré dans un fast-food pour commander un bon gros burger et de s’être fait servir… un bon gros burger. C’est sûr, après ça, on peut dormir tranquille.

En Bref : Il faut aller voir Men In Black III. Si vous n’êtes pas allergique aux gros films d’actions hollywoodiens et si vous avez passé une partie de votre enfance dans les années 90. Le film offre tout ce qu’on demande à une comédie d’action old-school : des blagues, des explosions et des extra-terrestre.

Sur ce blog, je n’ai jamais manqué une occasion de flinguer les gros studios, leur obsession pour le fric et leur incapacité à créer autre chose qu’un perpétuel recyclage des vieux clichés. Alors pour une fois qu’ils sortent un truc pas mal, ne boudons pas notre plaisir.

Et puis y aller pendant que la grande partouze cannoise continue de récompenser les récompensés, c’est comme un doigt en l’air salutaire.

Battleship. Bataille navrante.

Y vont perdre...

Faut-il aller voir Battleship ?

Quoi ?

Y’a du Audiard au cinoche, un festival à Cannes, des blockbusters immanquables, un Tim Burton de plus et lui il nous parle de Battleship ? Cette vieille daube pourrave avec des acteurs de seconde zone, des effets spéciaux moisis et un scénario d’invasion extra-terrestre qui sent le poisson ?

BAH OUAIS !

Pour les visiteurs qui ne figurent pas parmi les heureux membres de la page facebook du blog, sachez que je me suis auto-exporté en Argentine, où la viande est tendre et le tango viril. Le cinéma, en revanche, se fait plutôt discret.

Mais revenons à nos poissons. C’est l’histoire d’un bateau qui se bat contre des extraterrestres, pendant qu’une blonde fait du trekking dans la montagne. Sauront-ils s’entendre ?

Pas d’inquiétudes, tout est là. Des missiles qui fusent, des lumières qui clignotent, des héros à fortes mâchoires, une blonde à forte poitrine et des extraterrestres avec des boucs. Comme il y avait de la lumière, Rihanna est aussi entrée, avec Liam Neeson, qui tient là son meilleur rôle.

Nan j’déconne.

L’avantage de ce film, c’est qu’il ne ment pas sur la marchandise. Tout le monde est entré dans la salle pour voir de la violence et des dialogues débiles, et personne ne sort vraiment déçu. Dans un film d’Haneke, on rentre pour apprendre le sens de la vie, mais il y a juste de la violence et des dialogues débiles. Et ça c’est malhonnête.

Mieux, Battleship est loin d’être aussi nul qu’il en à l’air. Après un très bon départ, le film perd rarement son rythme. Rapidement, on assiste à des scènes de bataille navale pas mal foutues et plutôt intenses. Vers la fin un plan-séquence héroïque vient illustrer une scène de naufrage comme on en avait pas vu depuis Titanic.

Mais bon, il y a aussi le reste : tous ces clichés pourris sur l’honneur, la fierté d’être soldat, la beauté du combat, a vos ordre mon capitaine et les conneries avec des médailles.

Et ça, c’est impardonnable.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Battleship. Trop téléphoné, trop creux et trop américain. Mais malgré tout, si vous n’avez aucun nanard explosif à vous mettre sous l’oeil, le film occupe allègrement un samedi soir. Malgré tous les clichés, on s’attache un peu à l’histoire, le héros a une bonne tête et, finalement, ça faisait longtemps qu’on avait pas vu un film avec des bateaux.

En revanche, on a toujours pas compris ce que Rihanna foutait dessus.