Peinture fraîche.

Ça y’est, le pirate est parti, mon blog peut retrouver une tête convenable !

C’est tout neuf ici. Ça sent un peu la peinture, ça résonne, mais faites comme chez vous. Pour attirer encore plus de monde que toi et ta mère, j’ai refait la déco. Par exemple il y a enfin un champ de recherche, a priori il marche pas terrible, mais comme ça le mec qui s’appelle Karl va arréter de me persécuter dans les commentaires.

Aussi, j’ai ajouté un joli nuage de mots-clefs. J’aurais préféré qu’il soit en 3D et tout, mais c’est quand même drôlement pratique lorsqu’on veut se concentrer uniquement sur les articles où il y a “coucou” dans les mots-clefs, par exemple.

Surtout, il a fallu trouver une image. Au départ, j’avais mis des poissons, mais c’était vraiment moche. Après j’ai pensé à mettre une gonzesse à poil ou un mec en slip, mais c’était bad taste. Alors finalement j’ai mis une plage dégueu avec un bidon et un mec mort.

Puisque je m’adresse à vous, j’en profite pour vous dire bonjour. C’est sympa de venir. Si vous ne faites pas encore partie du groupe Facebook, je vous invite à le rejoindre. On est bien dedans, il n’y a que des gens gentils et de la bonne musique. Vous pouvez aussi y faire des rencontres et c’est toujours mieux qu’aller pécho des chirurgiens gominés qui trompent leur femme sur Attractive World.

Par ailleurs, aujourd’hui je suis officiellement diplômé et hier soir, j’ai mangé un temaki fraise nutella.

Alors s’il vous plaît, je vous en prie.

Prometheus. Espace familial.

Faut-il aller voir Prometheus ?

D’abord, si vous êtes ce qu’on appelle “un fan”, il va tout de suite falloir vous détendre : ici on dézingue les mythes sans état-d’âme. Les fans sont la version pop des intégristes, le genre de taré qui campe devant les cinémas et qui apprend par coeur les chansons d’elfes du Seigneur des anneaux. Vous avez déplacé les frustrations sexuelles de votre adolescence sur des figurines en plastique numérotées ? C’est votre problème.

Donc.

Alien, c’était pas si terrible. Malgré le mythe qui entoure le film, il est bien en deçà des suites de James Cameron et Jean-Pierre Jeunet. Si on ajoute des faux chefs-d’oeuvres comme Gladiator ou des nanards comme Robin des bois, on finit par se dire que Ridley Scott a vraiment piqué son statut de grand réalisateur. Mais on s’en fout, parlons du film.

Ça commence classe. Des beaux plans habités, une musique viscérale et un aura de mystère. Pendant le premier tiers, on trippe. Les lumières sont magnifiques, les cadrages millimétrés et le scénario laisse planer beaucoup de parts d’ombres. L’histoire semble calqué sur Alien, mais ça nous rappelle le temps des VHS de notre grand frère et des bds érotiques planquées au dessus de la télé.

Et puis ça commence à y ressembler un peu trop. Les cyborgs ont des sentiments complexes, les gens ont des trucs chelous dans le ventre et le vaisseau est guidé par les intérêts secrets de “la compagnie”… On à soudain l’impression gênante que Ridley se rend un auto-hommage. En fait de réflexion métaphysique, on nous sert des bondieuseries pourraves en regardant les étoiles.

Pire, quand l’action déboule maladroitement, c’est avec les innombrables clichés du genre : La meuf fragile qui s’approche de la vitre avant qu’une grosse tentacule gluante ne s’y écrase à renforts de violons, le personnage secondaire calibré pour mourir vite qui va faire coucou à une créature mimi avant qu’elle ne lui saute à la gorge, le twist bidon où l’on apprend qu’une meuf est la fille d’un autre mec, tellement téléphoné que tout le monde a deviné quand elle dit solennellement “father”.

Et puis voilà. On a tous décroché.

L’utilisation industrielle des clichés faite par Hollywood n’a rien d’anodine. Elle nous rappelle simplement qu’on est pas dans une histoire, mais dans une salle de cinéma. Et qu’on s’emmerde.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Prometheus. Trop cliché, trop facile, trop prosélyte. Malgré une très belle image et un vrai sens de la cinématographie, Scott ne s’embarrasse pas d’un message et se contente d’illustrer une histoire qui ne sait pas où elle va.

Dommage, c’est la profondeur de cette dernière qui fait de Blade Runner le seul véritable chef d’oeuvre à son actif.

Blog moche ?

Les habitués s’en sont rendu compte, mon blog est soudain devenu moche, troquant ses lignes épurées simpliste pour des vieilles couleurs grisâtres et un rangement germanique.

D’abord, ça me permet de vous rappeler qu’il n’y a pas que la forme qui compte, mais aussi les blagues. Et surtout, j’ai dû abandonner mon joli site parce qu’un con de hacker a décidé de le pirater, rendant l’ancienne déco inutilisable (selon les informaticiens qui m’hébergent).

En plus je suis en train de faire l’andouille à Rio de Janeiro, ce qui ne fait qu’ajouter un poids à la masse colossale de mon incompétence informatique.

Mais je me demande quand même quel pirate d’eau douce à rien de mieux à foutre que de s’attaquer au blog ciné le moins lu de France.

Blanche-Neige et le chasseur. Pomme V.


Faut-il aller voir Blanche-Neige et le chasseur ?

“C’est comme une version cool du classique quoi. Y’a la meuf de Twilight, le mec de Thor et une ambiance bien dark tu vois. Genre gore un peu, avec des insectes chelous, des serpents et une image sombre, genre spooky. Pas un truc pour les mômes t’as vu, une révision du comte en mode rock n’roll, trash et tout. Bien swag.”

PUTAIN !

Je commençais à peine à me réconcilier avec Hollywood. Mais c’était le chant du cygne. Que l’équipe du film me regarde dans les yeux, pour me jurer qu’à la racine de ce projet il y avait une idée. Un soupçon d’envie de créer quelque chose. Non, il y avait juste une opération. Aussi calibrée et vénale qu’une pub pour aspirateur.

“On va faire un coup en or, Kendal, on va copier/coller le mythe Disney des mômes, pour choper le marché des jeunes, mais il nous faut aussi les ados, donc on prend la star de Twilight et pour avoir les plus vieux, on repeint tout en noir comme dans un conte trash à la Terry Giliam, on fout des crêtes punks aux sept nains, une armure à Blanche-Neige et des Trolls dégueulasses. Avec un peu de chance, même ce con de Corentin Chrétien va y aller.”

Quelle horreur.

Je ne sais pas ce qui est le plus raté dans ce film. Les couleurs saturées et l’image clippée ne manquent pas de laideur mais ne seraient rien sans la platitude incroyable de l’histoire. Il faut dire que celle-ci est portée par des dialogues hallucinants de pauvreté, eux-mêmes déclamés par des acteurs amorphes. Dans l’incroyable scène finale, Blanche-Neige se fait couronner et reste une minute à se dandiner devant son trône, bombant le torse en silence alors que tout le monde attend un discours.

C’est probablement le vrai talon d’Achille de ce nanard industriel : la fadeur incroyable de son actrice principale, Kristen Stewart, dont le regard est aussi vide que les rues de Buenos Aires un soir de coupe du monde. Face à elle Charlize Theron hurle, dans le plus mauvais rôle de sa belle carrière.

Mais le réalisateur ne dirige pas les acteurs, il est à genoux dans la neige, en train de filmer une pomme en mode macro. Trop stylé.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Blanche-Neige et le chasseur. Même si vous êtes invité par la plus belle fille du lycée, même si c’est la seule alternative à une soirée knackis-Thalassa et même s’il vous êtes sous une pluie battante devant un cinéma ouvert.

Avant de faire ce produit, le réalisateur Rupert Sanders n’avait réalisé que des publicités. Alors Rupert, un conseil sympa : Pour faire du cinéma, il faut un scénario, pas un business plan.