Faust. Dé-Goethe.

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Faut-il aller voir Faust ?

Ça commence par le ciel et ça finit par les montagnes. Au milieu il y a une bite, des morts, une dissection, le diable et de l’allemand avec un accent russe.

Dans la scène initiale, le docteur Faust déroule un intestin grêle en mangeant des cookies. Il discute de l’âme humaine avec son apprenti. “Mais Dieu ?”, “Que veux-tu dire ?”, “Scalpel”, “L’être est-il son enveloppe ?”, “J’ai faim”, “Coupons-lui les jambes”, “Amen”.

Et ça continue. Comme une interminable partie de Kamoulox, l’humour en moins. Le diable surgit, il a une bite dans le dos, et tout le monde a l’air de trouver ça génial.

Bref.

Le public est fâché avec les critiques de cinéma. Pas toujours à raison, on les accuse d’aimer les films incompréhensibles, emmerdants et prétentieux. Payés pour donner leur avis, les critiques finissent par le croire important et répondent que le public ne comprend pas les grands films, car le public est un con.

Et puis quoi, ça flatte l’égo de comprendre ce qui laisse les autres circonspects. Voyez-vous, nous autres les critiques, nous avons le niveau. Nous comprenons ce que veut nous dire ce russe bourré, qui écrit sous coke, et de temps en temps, au hasard d’une discussion anodine, nous disons “Murneau”, nous disons “Tarkovski” quand vous ne dites que “Brad Pitt”.

À partir de là, deux visions s’affrontent : celle qui consiste à hiérarchiser les goûts en fonction de la culture et l’autre. Dans la vraie vie, la culture ne pèse rien face à la sensibilité, et cette dernière est équitablement répartie. Alors malgré l’éloge si unanime qu’il pourrait faire douter de l’objectivité des critiques français, oublions nos complexes pour dire la vérité sur ce Lion d’Or de Venise :

Faust, c’est nul. Une caricature de film chiant, nombriliste et creux qui trouve sa jouissance dans le malaise, la philosophie absconse et les plans anamophosés.
Quand la critique conseille à ses lecteurs d’aller périr d’ennui devant une telle daube, qu’elle ne s’étonne pas qu’on ne la lise plus. C’est pour lui mettre un grand coup de boule que j’ai créé ce blog.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Faust. Certes, la photographie, les cadrages et la composition des plans sont époustouflants, mais ce n’est pas suffisant pour faire un film. Il faut un scénario, un souffle, un propos. Pas une longue séance de complaisance masturbatoire.

Promis, je ne transformerai pas ce blog en vide-grenier éditorialisant sur les élites françaises, mais parfois les critiques me hérissent. Comment peut-on s’auto-persuader d’être des grands esprits de gauche en y associant un tel mépris pour les masses ?

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