Gangs of Wasseypur Part 1. Stache Capone.

Faut-il aller voir Gangs of Wasseypur Part 1 ?

Dans le quartier de Wasseypur, deux communautés musulmanes s’en mettent plein la gueule sous prétexte qu’elles ont plus ou moins la même religion. Mais au fond de ce conflit il y a une histoire de vengeance, de haine et de coupe de cheveux. C’est très compliqué.

La dernière fois que j’ai tenté de regarder un film indien, j’ai dû m’arrêter pour éviter la crise d’epilepsie, et sur un autre blog je me suis fait déglinguer pour cause d’ethnocentrisme pourrave. “Va chier”, leur répondis-je. Le cinéma américain est con, le français est prétentieux, le russe est bourré. Je vois pas de quel droit on pourrait pas se foutre des indiens.

Merde.

Et pourtant, la guimauve bollywoodienne ne dégouline pas trop sur cette saga vengeresse. Lecture scorcesienne de la mafia indienne, ce (très) long-métrage ressemble plus à Hollywood qu’à son équivalent local. Certes, on se tape quelques rencontres romantiques et viriles au ralenti sur fond de musique criarde, mais le tout est enveloppé d’un second degré plutôt sympa.

Malheureusement, le film n’échappe pas à la malédiction des films-fleuves : les films-fleuves, c’est pourri. Comme à chaque fois, on saute deux générations en dix minutes, et la plupart des scènes sont pliées en deux phrases et trois plans. Résultat, on a l’impression de mater le zapping dans un hôtel de Mumbaï, on s’emmerde pas mal et on ne bitte pas grand-chose à l’histoire.

Rapidement, on se désintéresse des héros (particulièrement misogynes et antipathiques par ailleurs) et on finit par s’égarer entre les moustaches, quand on ne commence pas carrément à somnoler devant la multiplication des intrigues.

Et pourtant, certaines scènes sont impressionantes de maîtrise, du plan-séquence initial au meurtre final, le réalisateur livre quelques jolis morceaux de bravoures, d’autant plus chouettes qu’ils surgissent dans un univers cinématographique qui ne franchit pas souvent nos frontières. De là à s’envoyer la “Part 2″ à l’automne, faudra vraiment être en recherche d’un endroit climatisé pour passer l’aprèm.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Gangs of Wasseypur. Le film est sympa, assez inhabituel et pas trop mal filmé, juste assez pour faire tripper Cannes et nos amis les critiques.

En vrai, si on enlève le filtre du dépaysement, on se retrouve devant une énième redite du Parrain et des Affranchis, trop foutraque et mal montée pour nous empêcher de bâiller pendant les deux longues heures de projection.

Dommage, car les acteurs sont bien dirigés, et leur dialogues plutôt bien goupillés.

One thought on “Gangs of Wasseypur Part 1. Stache Capone.

  1. Pingback: Ugly. Ordures et ménagères. | Le règne de l'arbitraire

Comments are closed.