Magic Mike. Bite génération.

Faut-il aller voir Magic Mike ?

C’est l’histoire de messieurs tout nus. Ils dansent. Quand soudain, l’un d’eux devient intelligent, alors il déprime.

Bon. Je vous entend rigoler d’ici. Mais j’assume. Magic Mike, c’est la meilleure façon d’aller voir Sexy Dance 4 sans perdre ta street cred.

Parce que sous l’étiquette de film indie conceptuel chébran, il y a le même concept que dans le film à minette sus-cité : des chouettes chorégraphies, des mecs et des filles en sueur sous leurs habits, une love-story centrale sans intérêt et quelques pistes de réflexion philosophique sur l’amitié, l’amour, le silicone et le rêve américain.

Et puis il y’a Soderbergh, c’est à dire un putain de sens du cadre et une gestion des lumières sépias que l’on avait pas vu depuis Traffic. Entre les superbes chorégraphies et des dialogues ciselés comme du ping-pong, il laisse tourner sa caméra lors de longs plans-séquences qui donnent de l’air au spectateur et l’occasion de jouer aux acteurs.

Justement, ces derniers sont excellents. Matthew McConaughey est formidable dans le rôle du maquereau dégoulinant, les gros mâles qui l’accompagnent arrivent à donner de l’humanité à leurs pectoraux et, après Battleship, Channig Tatum (lui-même ancien Chippendale) nous montre qu’on a pas fini de sous-estimer son physique de con.

Alors oui, on connaît les rouages de l’histoire, tout est plutôt convenu, la musique craint sa race et on est pas forcément sensible à l’univers des hommes en strings. Mais franchement, avec ses faux airs de nanard extra-light et ses images à couper le souffle, Magic Mike s’impose comme le meilleur film de l’été.

Et si vraiment t’assume, tu peux boire une bière blanche en sortant (mais ta meuf va peut-être se douter d’un truc).

En Bref : Il faut aller voir Magic Mike. Parce qu’il y a des cœurs qui battent dans les couilles des hommes, parce que Soderbergh est l’empereur du cadrage stylé et parce que mine de rien, les scènes de strip-club nous permettent de comprendre que les filles sont aussi tarées que nous.

Je sais pas si ça rassure, mais au moins, ça déculpabilise.

5 thoughts on “Magic Mike. Bite génération.

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  2. Fidèle à moi-même, je vois les films quinze ans plus tard. Je viens donc de voir Magic Mike, et je m’empresse de venir apporter mon grain de sel ici du coup. ^_^ Personnellement, les sépias m’ont fait douter de la qualité de mon lecteur dvd. J’avoue qu’au bout d’un moment, j’ai trouvé ça fatiguant. Sinon, pour le reste, chuis plutôt d’accord avec toi, y a un peu plus qu’une love story cousue de fil blanc là-dedans, mais quand même pas beaucoup plus hein, faut pas déconner. Mais je mentirais en disant que j’ai pas apprécié les chorés et la plastique de ces messieurs (tout en précisant que les mecs dans The full Monty, ils me font craquer aussi, d’une autre façon. ;)) Et je te rejoins totalement sur ta dernière phrase. Y a pas de raison qu’il y ait que les mecs qui deviennent dingues quand on se désape devant eux. et pour une fois que c’est pas des filles qui se trémoussent qu’on voit à l’image, rien que pour ça, merci Soderbergh. :D

    • Ben tu vois, je me suis fait beaucoup pourrir pour avoir recommandé ce film, alors je suis ravi que quelqu’un soit en fin d’accord. Au delà du sépia, les jeux de lumières associés aux chorégraphies sont tout de même hallucinants.
      Et puis, c’est une infime remise pour toutes les filles qui dépriment devant les bombes photoshopées d’Hollywood. Pour une fois, c’est nous qui sommes sortis en ayant parfaitement conscience de nos physiques de bâtons de skis.

      • Je m’attendais pas à cette critique. Merde Coco! T’étais sous exta quand tu l’as vu ??

        Si on met de côté le cadrage, le film est complètement vide. A commencer par les dialogues! De bout en bout, j’ai eu l’impression que les répliques étaient déconnectées les unes des autres. Cette impression de “fail” à chaque dialogue, comme une blague que personne ne pige!

        Et les acteurs! Toute une histoire! La frangine, Brook, aussi expressive qu’un jean qu’on viendrait repassé! Forcément si les dialogues tiennent pas, difficile de faire des prouesses mais quand même! Elle aurait pu donner un peu plus, non ? Et les chippendales, c’est pas mieux. Des faire-valoir tout au plus ? Mais je te l’accorde, pas facile de faire vibrer le spectateur quand tu passes la moitié de ton temps la tête entre les jambes des figurantes et l’autre moitié hors champs.

        “Soderbergh mêle en un cocktail euphorisant et toxique les clichés du film de show-business, l’observation acérée de la longue dépression que traversent les Etats-Unis et la célébration des corps” dixit Le Monde. Ce à quoi je répondrais tout simplement : WTTTFFFF ????! Quelle observation acérée ?

        Bref, je résumerais ça ainsi : FAIL.

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