Des hommes sans loi. Sans foi ni foie.

Faut-il aller voir Des hommes sans loi ?

L’Amérique, le temps des moustaches. L’alcool est interdit, tout le monde est bourré. Les shérifs, les notables et les juristes ferment les yeux tant qu’on remplit leur verre. Dans toutes les bonnes forêts, des bouilleurs de cru amateurs font cuire de l’alambic maison dans des tonneaux.

Un jour, un super-flic décide de déglinguer tout ceux qui trichent. Alors tout le monde flippe, sauf les frères Bondurant, parce qu’ils sont immortels et parce que l’aîné à une putain de droite.

On pouvait espérer un truc bien cool de ce film : l’incroyable Tom Hardy en cow-boy taciturne, le réalisateur de La Route (Road-movie post-apocalyptique bien zdry) a la caméra et le rockeur sombre Nick Cave au stylo. Quand des mecs aussi virils du stetson réalisent un western plein de bandits et d’alcool frelaté, ça sent d’ici la bonne cuvée.

Et puis… J’sais pas.

Effectivement, ça tape dur, les hommes sont mutiques, sages et violents, l’air est lourd et les flingues chargés mais pas que. Au centre, il y a aussi l’histoire bien plus convenue d’un jeune tocard sans charisme qui veut devenir plus gros que le beuf. Ça tombe bien, puisque c’est le nom de l’acteur (Shia LaBeouf, pas mauvais), mais le problème, c’est que cette partie prépondérante de l’histoire n’à aucun intérêt.

Pire, le méchant est complètement caricatural et ridicule et le final vire un peu à la grosse guignolade tant tous les personnages semblent aptes à prendre des dizaines de chargeurs dans le bide avant d’arrêter de se battre.

Dommage, parce qu’à chaque apparition du grand-frère, on trippe à mort.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Des hommes sans loi. Pas mauvais, le film rempli allègrement son rôle de divertissement, sans vraiment se fouler pour créer une véritable ambiance visuelle ou pour raconter une histoire décoiffante.

Dommage, parce qu’il y avait pas mal de talents réunis autour du projet. Et aussi parce qu’on a pas encore vu de Western génial depuis Il était une fois dans l’ouest, et ça commence à dater…

Sinon, ces derniers temps, vous mettez pas mal de commentaires, et moi bah ça m’fait plaisir.

Wrong. Chacun cherche son chien.

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Faut-il aller voir Wrong ?

Ça m’énerve j’ai déjà écrit cette critique et mon blog à buggué. J’ai tapé partout dans le parc Wilson à Toulouse et après y’a deux protestants qui sont venus me demander si j’allais bien.

Dans le film, il y a un monsieur qui perd son chien, de la pluie dans les bureaux, un chinois aux yeux bleus, des étrons avec de la mémoire et un joggueur dépressif. Il y a aussi un lapin sur une mobylette sur une boite de pizza, un arbre cyclotimique et Éric Judor sans Ramzy mais avec un chapeau.

La dernière fois que Quentin Dupieux à délaissé ses platines de Mister Oizo pour faire un film, c’était ça. L’histoire d’un pneu tueur qui tombe amoureux. Déjà à l’époque, on rigolait bien, mais le film s’essoufflait un peu et l’absurde était trop content de lui pour être toujours drôle.

Au début de Wrong, on se dit que c’est pareil. Les conversations sont marrantes mais on se dandine un peu en craignant le truc un peu arty narcissique. Et puis en fait non.

Malgré son ambition visible, et son goût du joli cadrage, Dupieux n’oublie pas la priorité de son film : raconter n’importe quoi et faire marrer son spectateur. Comme d’hab, l’humour absurde sépare les spectateurs en deux camps, celui des fans et celui des hermétiques (qui compte, notamment, Margaret Thatcher).

Moi je suis fan, car c’est l’humour le plus fin, dans sa définition la plus pure, alors je me suis plié en deux, entraîné par les rires incontrôlables d’une fille au fond de la salle, mais pas du mec devant moi qui est resté de marbre jusqu’au bout (faut reconnaître qu’il était salement chauve aussi).

Au top, Éric Judor fait rire à chacune de ses apparition, sans jamais vraiment se donner la peine de jouer autre chose que l’étonnement neuneu. Les dialogues sont complètement stupides, et d’autant plus drôles qu’ils sont interprétés avec un sérieux de pape. La caméra excelle dans l’art de l’amorce flou et le réalisateur persiste à montrer l’étrangeté dans les trucs les plus banals, sans s’étonner des évènements bizarre.

Bref, Dupieux à gagné en timing, en modestie et en construction. S’il arrive à mettre du fond derrière ses belles histoires, il aura tout pour rentrer tranquillement dans les rangs serrés de mes réalisateurs préférés (et c’est select, parce que même Scorsese roupille dans la salle d’atente depuis des années).

En Bref : Il faut aller voir Wrong. Je sais, à chaque fois que j’aime un film, je suis incapable d’écrire une bonne critique, et au final, personne ne va le voir. Mais je ne veux pas faire comme mes “confrères” (hihi) et vous raconter la moitié du film pour tirer à la ligne.

Alors si vous aimez un peu les blagues chelou de Woody Allen, ne lisez rien, fuyez les bande-annonce, et filez voir ce film dans une salle minuscule du cinéma indé de votre bled.

Dans dix ans, je vous parie qu’il sera culte.

Killer Joe. Macabre âme cow-boy.

Faut-il aller voir Killer Joe ?

J’arrive pas. Y’a des films comme ça, qui feraient presque perdre l’envie d’écrire des critiques, ou celle d’aller au cinéma. On passe deux heures tellement épouvantables qu’ensuite, on se méfie. Et puis j’ai pas envie de perdre encore trop de temps avec ce nanard, alors je serai bref.

Et puis je vais spoiler la fin, pour vous éviter le voyage.

Killer Joe raconte que les pauvres sont vraiment tous des minables, stupides et méprisables, à tel point qu’il s’entretueraient volontiers pour une poignée de dollars, s’ils en avaient l’occasion. Ça tombe bien, l’occasion s’appelle Joe, elle est flic et elle flingue à prix cassés.

C’est l’histoire d’un père et son fils qui veulent tuer leur ex-femme/mère pour toucher l’asurance-vie. Le premier veut une plus grosse caravane et bouffer dans des fast-food à l’oeil et l’autre veut rembourser des dealers et se trouver un petit appart pépère pour battre sa copine tranquilou. Comme ils peuvent pas payer Joe, ils décident de lui filer leur fille/soeur, pour qu’il puisse la violer bonne ambiance dans la caravane.

Et puis finalement tout le monde pète un plomb et le film culmine lors d’une scène sexuelle gallophile positivement dégueulasse. Une mère au nez pété se retrouve à genoux, le visage ensanglanté, à sucer un pilon de poulet pané pendant deux minutes pendant que Joe le tient à la place de son pénis en hurlant de joie.

Mais on ne touche pas le fond, on y stagne d’un bout à l’autre. Moi j’avais franchement envie de vomir devant la bêtise du truc. Evidemment, ça fait bander les critiques qui y voient un film “d’une férocité qui rapelle le nihilisme lyrique” d’un mec qu’on connaît pas.

Moi je vois juste un vieux connard frustré qui méprise ses personnages, son spectateur et les femmes. J’espère que les recettes de son film lui permettront de s’offrir un bon psychanaliste. En tout cas, elles risquent de ruiner les ventes chez KFC, c’est la seule qualité du film.

En Bref : Il ne faut surtout pas aller voir Killer Joe. Sauf si vous aimez les bons acteurs (car ils sont excellents) au point de vous taper un spectacle malsain, grand-guignolesque et pas très bien réalisé qui vous collera des hauts-le-coeur pendant un quart d’heure.

Certains critiques se moquent à l’avance des “moralistes” qui démonteront le film. Dont acte : les deux canards qui n’ont pas aimé sont le catho et le communiste. Mais les mecs, c’est trop has-been la morale, les vraies valeurs, c’est le Wanderlust et la météo du Grand Journal.

Connard.

The We and the I. Fils de bus.

Faut-il aller voir The We and the I ?

Après le denier Gondry, j’en avais marre. Marre du môme doué qui refuse de grandir, avec ses effets en cartons et ses idées marrantes qui commençaient sérieusement à manger sur le scénario.

Heureusement, Michel lit le Règne. Et rien que pour me contredire, il a tout remis à plat. Presque sans trucages, son nouveau film prend tous les autres a rebours. Sans filtre, il se centre sur l’humain, et en particulier, le jeune du centre-ville (version américaine du jeune de banlieue français).

C’est l’histoire d’un bus. C’est la fin de l’année et tout le monde rentre chez soi. Les connards sont au fond, les fayots sont devant, les gonzesses font des clans et les tocards sont tout seuls. Comme dans la vraie vie, les jeunes passent de la confiance à l’insécurité, du rire aux larmes, sans jamais arrêter d’être méchants.

Et puis le bus se vide et les groupes s’éventent. Et seulement alors, les vrais gens apparaissent. Mais alors avant, ils étaient faux ? Ou est-ce que c’est maintenant qu’ils le sont ?

Il fallait pas mal de courage à Michel Gondry pour lâcher les gimmicks qui ont fait son succès. Même s’il ne peut s’empêcher d’allonger quelques séquences un peu nazes filmées au portable, la plupart des artifices utilisés ici sont psychologiques. Tout cela, au service d’un message un peu simpliste mais pourtant vrai : “Plus on est de fous, plus on rit, mais plus on dit de conneries”.

S’il avait été porté par des dialogues ciselés et une interprétation sans faille, ce huis-clos aurait pu être une tuerie. Mais il ne l’est pas. Dans la première partie, on chope surtout un mal de crâne persistant, alimenté par le flot de parole incessant déversé par les lycéens sur de la musique pas ouf (dont l’extrêmement horripilante bande-originale de la pub Orangina avec les mômes qui font du skate).

Pas toujours bien écrits, voir même carrément inutiles, ces échanges sont interprétés par des acteurs assez inégaux. Et ça dure. Au dernier arrêt, on sourit, car la fin est jolie, mais aussi parce qu’on va arrêter de regarder notre montre.

En Bref : Il ne faut pas aller voir The We and the I. Comme hier, je trouve ça dommage de le dire, car le sujet est passionnant et l’intention louable, mais quand on base uniquement un film sur des acteurs et des dialogues, ils ne peuvent pas se pemettre d’être moyens. D’ailleurs ils ne peuvent jamais se permettre d’être moyens.

Malgré tout, je tire mon chapeau à Gondry. Après l’excellent Block Party, le frenchie goes to Hollywood continue d’explorer la contre-culture américaine. Malgré les succès, il se met en danger, quand d’autres se contentent de faire du scandale à deux balles en réalisant des merdes fascisantes au nom de l’art…

Mais ça mes petits dauphins, c’est pour la prochaine critique.

Monsieur Lazhar. La mort et les trousses.

Faut-il aller voir Monsieur Lazhar ?

La maîtresse s’est pendue. Les enfants sont perdus. Elle s’est pendue dans leur classe. Alors on la remplace. Il est devant eux, bizarre, réfugié algérien, éducateur à l’ancienne et pas complètement prof. Il est pas de chez nous et il parle de la mort. Comme s’il en avait peur, lui-aussi.

Avant même d’entendre les dialogues, on sent que c’est un film québécois. L’image soignée, l’alliance ténue entre une stylisation sophistiquée et une simplicité formelle propre au cinéma indé américain et puis l’originalité, malgré tout, d’un sujet qui pourrait être classique.

Ambitieuse, l’histoire veut tout traiter en même temps : la guerre, la mort, l’Algérie, le Québec, l’éducation et la neige, sans rien survoler. C’est fait avec pas mal d’élégance et beaucoup de finesse donc on évite l’écoeurement, mais on sort frustré, logiquement.

S’il n’y avait qu’un seul sujet intéressant sur terre, ça serait sûrement la pédagogie. Mal à l’aise en conseil de classe, Monsieur Lazhar soulève de nombreuses questions : faut-il parler aux enfants comme à des enfants ? Est-ce leur faute s’ils sont méchants ? Pourquoi ne peut-on pas être en colère contre les gens qui se suicident ?

En prenant le contrepied des réponses faciles, le film ouvre des pistes passionnantes, mais il peine à les suivre car il est trop gourmand. Un peu à l’écart, l’histoire algérienne du prof réfugié manque de prise pour que l’on s’y attache tout en prenant une place importante dans le film.

Et puis voilà. On sort un peu dérouté, sans trop savoir quoi penser, avec l’impression d’avoir vu le très joli premier épisode d’une série qu’on aurait bien aimé regarder jusqu’au bout.

Mais c’est fini.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Monsieur Lazhar. Ça me rend un peu triste de le dire parce que le film est original, très joliment cadré et finement écrit, mais malgré tout il lui manque quelquechose pour aller au bout de son propos.

Si l’aventure vous tente, vous pourrez quand même apprécier des acteurs excellents, des enfants dirigés à merveille et vous me ferez plaisir, parce que ma belle-sœur est québécoise, et elle est drôlement chouette.

La Vierge, les Coptes et moi. Good Copte, Bad Copte.

Faut-il aller voir La Vierge, les Coptes et moi ?

C’est un peu le bordel.

C’est l’histoire d’un réalisateur cheapos qui ne sait pas trop où il va. Et c’est une histoire vraie. Namir Abdel Messeeh se filme lui-même, à table avec sa mère, au téléphone avec son producteur ou en train de caresser la perche de l’ingénieur du son. Coucou !

Dans ce vrai-faux documentaire sur les apparitions de la vierge, il est question de retour aux sources, d’oecuménisme ou de relations familiales. Le réalisateur n’a pas de thunes, quelques idées sympathiques et pas vraiment de propos de fond. Pendant une heure et demie, il semble porté par l’espoir fragile qu’en filmant tout ce qui lui passe par la tête, son film finira par avoir un sens.

Evidemment, ça ne marche pas. Mais malgré tout, on rigole, ou du moins, on sourit. La bonne volonté du héros, sa créativité débridée mélangées à son incapacité totale à s’organiser le rendent presque attendrissant. On le regarde s’enfoncer dans le naufrage financier sans trop savoir ce qui relève de la mise en scène, et si on pique un peu du nez au départ, on ne s’ennuie pas trop.

Maintenant, tout cela est d’une vacuité assez grande, d’autant que, sans tomber dans la lourdeur, il y avait probablement pas mal de trucs un peu moins vains à dire sur l’Egypte et les coptes ces derniers temps.

En Bref : Il ne faut pas aller voir La Vierge, les Coptes et moi. C’est un peu comme les écolos dans la campagne présidentielle américaine : c’est gentil, c’est rigolo mais ça sert à rien (Et venez pas m’emmerder dans les commentaires parce que c’est faux, vous savez bien que je m’en balance).

Mais bon, on retient quand même que Namir Abdel Messeeh a l’air d’être un mec sympa. Le jour où il écrira un scénario, j’irai p’têtre même voir son film.

La bannière topalaclasse

Coucou !

Ça y’est ! Après une semaine de combat acharné contre le côté obscur des internets, la censure globalisée et les formats compliqués de l’image, vous pouvez enfin admirer la nouvelle bannière du site !

Fini le mec mort et son tonneau sur une plage cramoisie. Pris de pitié, mon copain Fluck a décidé d’utiliser son crayon pour faire un dessin vachement coolos de votre serviteur avec une pipe. Voilà. Je suis content.

Et puis comme vous êtes là, c’est forcément que vous êtes en train de rien foutre au boulot, alors faites vous plaisir et allez faire un tour sur son blog, ça sera toujours mieux que d’aller matter des articles de merde sur Vice en vous demandant ce que vous allez faire de votre carrière qui prend l’eau.

Le blog Marre-toi, c’est comme se rouler dans l’herbe tout seul au parc des Batignolles un vendredi après-midi d’après qu’il a plu : c’est bien.

David et madame Hansen. De la Kaamelott ?

Faut-il aller voir David et madame Hansen ?

D’abord, je suis content qu’on parle d’Alexandre Astier ici. Quoi qu’il fasse dans le futur, même s’il se fourvoie dans la drogue, le cinéma français ou la world music, le scénariste/réalisateur/acteur/compositeur aura éternellement droit à notre respect le plus noble, parce qu’il a fait ça. Et c’était vraiment bien.

Heureusement, il n’a pas eu la mauvaise idée d’adapter sa géniale série médiévale au cinéma. On avait déjà tout vu, et puis les plans fixes pendant une heure, c’est relou. Alors :

C’est l’histoire d’une vieille riche un peu folle qui coule des jours pareils dans un hôpital psychiatrique. Un jour, un infirmier spécialisé est chargé de la promener en ville pour lui faire acheter des chaussures. Mais rien de ce qui est prévu ne va se passer comme prévu.

A force de voir des films, on est obligé de devenir un peu snob. Même en luttant, on finit par dire souvent que les films sont “trop classiques”. Et ils le sont, nanards hollywoodiens, films intellos prétentieux ou comédies françaises de merde, il est très difficile de renouveller les genres sans faire n’importe quoi. Et à force, je pense que je pardonnerai beaucoup à un film imparfait qui se donne la peine de sortir des clichetons pour étonner son spectateur.

Justement, David et Madame Hansen a quelques trucs à se faire pardonner. En premier lieu, un scénario un peu incohérent où les enjeux sont assez mal amenés et où l’on passe un peu son temps à se demander pourquoi l’infirmier ne se contente pas de ramener la folle à l’hosto. Ajoutons-y un rebondissement final prévisible, un coup de tabouret absurde et une direction d’acteur très inégale, et on ne miserait pas grand-chose sur ce film.

Et pourtant.

David et Madame Hansen est l’un des meilleurs films que j’ai vu cet été. Sans jamais emprunter de sentiers classiques, le scénario nous emmène, nous hypnotise et nous surprend presque toujours. Adjani est impériale dans son cabotinage constant et on la regarde se promener à la lisière de la folie avec émotion ou le sourire aux lèvres.

On ne sait plus bien. Est-ce une comédie ? Un polar ? Un film français bavard ? Aucun des trois. Parce qu’Alexandre Astier brouille les codes, on se perd parfois dans son histoire à tiroirs, dont certains restent fermés. Surtout, il s’en dégage un humanisme, une gentillesse et une impression de liberté qui redonne envie d’aller au cinéma.

En Bref : Il faut aller voir David et Madame Hansen. Parce qu’Alexandre Astier réussit le pari de prendre une histoire assez classique, une réalisation assez sage et une actrice panthéonique pour livrer quelque chose de profondément original.

Quelque part entre l’humour et l’intelligence, le réalisateur/scénariste époustoufle par la patte inimitable qu’il imprime à chaque minute de l’histoire. Et c’est si rare et précieux, que malgré les défauts qu’ils pourront avoir, je pense que j’irai voir tous les films qu’il voudra bien réaliser.

Du vent dans mes mollets. Jaoui bâclé.

Faut-il aller voir Du vent dans mes mollets ?

Avec un titre pareil, on pouvait flairer le nanard familial à huit kilomètres. Les années 70, une petite fille qui vit avec sa mère et sa grand-mère, des parallèles à deux balles, des fallafels sur la table et, allez, vous reprendrez bien un peu de psychologie enfantine et une cuillerée d’Auschwitz ?

En guise de nappage, une voix off assez mal écrite, ânonnée par une petite fille qui joue terriblement mal. C’est l’un des problèmes majeurs de cette comédie : les deux petites filles qui tiennent les rôles principaux sont mignonnes, et sans doute très gentilles, mais elles n’ont strictement rien a faire devant une caméra.

Autour d’elles, les acteurs s’arrachent pour sauver les meubles, Podalydès est très bon, Carré aussi et Agnès Jaoui parvient à être convaincante et touchante malgré l’écriture caricaturale de son personnage.

Grâce à eux cette comédie une peu niaise est sauvé de la case nanard. Au crédit de la réalisatrice, il y a des idées, quelques bonnes, et pas mal de trucs intelligents dans le propos. Derrière son innocence apparente, le film est même assez dur et lors d’une scène de confession féminine, il devient même beau.

Mais il y a aussi trop de prétention dans le style, pas assez d’originalité dans le scénar et trop de filtres à deux balles sur la caméra.

Et puis les petites filles reviennent, et je casse le siège d’en face à coups de talons.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Du vent dans mes mollets. C’est relou, mal joué et pas très bien réalisé. Malgré tout, le film sait offrir quelques beaux moments, une poignée de jolis plans et quelques éclats de rire.

Mais pour nous faire marrer une heure et demi, il faudra plus que deux minettes qui crient “sucer des bites !” une dizaine de fois. Quand même !