David et madame Hansen. De la Kaamelott ?

Faut-il aller voir David et madame Hansen ?

D’abord, je suis content qu’on parle d’Alexandre Astier ici. Quoi qu’il fasse dans le futur, même s’il se fourvoie dans la drogue, le cinéma français ou la world music, le scénariste/réalisateur/acteur/compositeur aura éternellement droit à notre respect le plus noble, parce qu’il a fait ça. Et c’était vraiment bien.

Heureusement, il n’a pas eu la mauvaise idée d’adapter sa géniale série médiévale au cinéma. On avait déjà tout vu, et puis les plans fixes pendant une heure, c’est relou. Alors :

C’est l’histoire d’une vieille riche un peu folle qui coule des jours pareils dans un hôpital psychiatrique. Un jour, un infirmier spécialisé est chargé de la promener en ville pour lui faire acheter des chaussures. Mais rien de ce qui est prévu ne va se passer comme prévu.

A force de voir des films, on est obligé de devenir un peu snob. Même en luttant, on finit par dire souvent que les films sont “trop classiques”. Et ils le sont, nanards hollywoodiens, films intellos prétentieux ou comédies françaises de merde, il est très difficile de renouveller les genres sans faire n’importe quoi. Et à force, je pense que je pardonnerai beaucoup à un film imparfait qui se donne la peine de sortir des clichetons pour étonner son spectateur.

Justement, David et Madame Hansen a quelques trucs à se faire pardonner. En premier lieu, un scénario un peu incohérent où les enjeux sont assez mal amenés et où l’on passe un peu son temps à se demander pourquoi l’infirmier ne se contente pas de ramener la folle à l’hosto. Ajoutons-y un rebondissement final prévisible, un coup de tabouret absurde et une direction d’acteur très inégale, et on ne miserait pas grand-chose sur ce film.

Et pourtant.

David et Madame Hansen est l’un des meilleurs films que j’ai vu cet été. Sans jamais emprunter de sentiers classiques, le scénario nous emmène, nous hypnotise et nous surprend presque toujours. Adjani est impériale dans son cabotinage constant et on la regarde se promener à la lisière de la folie avec émotion ou le sourire aux lèvres.

On ne sait plus bien. Est-ce une comédie ? Un polar ? Un film français bavard ? Aucun des trois. Parce qu’Alexandre Astier brouille les codes, on se perd parfois dans son histoire à tiroirs, dont certains restent fermés. Surtout, il s’en dégage un humanisme, une gentillesse et une impression de liberté qui redonne envie d’aller au cinéma.

En Bref : Il faut aller voir David et Madame Hansen. Parce qu’Alexandre Astier réussit le pari de prendre une histoire assez classique, une réalisation assez sage et une actrice panthéonique pour livrer quelque chose de profondément original.

Quelque part entre l’humour et l’intelligence, le réalisateur/scénariste époustoufle par la patte inimitable qu’il imprime à chaque minute de l’histoire. Et c’est si rare et précieux, que malgré les défauts qu’ils pourront avoir, je pense que j’irai voir tous les films qu’il voudra bien réaliser.

9 thoughts on “David et madame Hansen. De la Kaamelott ?

  1. Raté ! Il a toujours été prévu que Kaamelott soit adapté en film, et même en trilogie (si le premier marche bien), et heureusement pasque j’ai bouffé mes doigts de frustration à la fin de la saison 6.

    • Bon, ben je suis méfiant. Trois minutes transformées en deux heures, ça donne jamais grand chose…

  2. Je pensais avoir laissé un commentaire disant que j’espérais un jour lire votre critique de ce film, mais qui visiblement n’est jamais parti :p. J’en suis ravi d’autant plus qu’il conforte aussi mon opinion.
    Des défauts comme vous les avez cités, quelques maladresses au niveau du scénario: on a parfois l’impression de longueurs, de scènes dont on a l’impression qu’elle ne servent pas toujours l’ “intrigue” du film; mais qu’importe, puisqu’au final, on se laisse happé par d’autre choses: Adjani, la poésie et la tendresse… Sans jamais entrer dans un pathos a faire pleurer dans les chaumières.
    Astier fait aussi le pari d’un film qui prend son temps (un peu comme la saison 5 de Kaamelott, je ne sais pas si vous l’avez vu) et c’est devenu extrêmement rare dans le cinéma français.

    • Ouais. Il y a dans ce film une liberté que n’aurais jamais permise une grosse prod à l’américaine. Celle de faire durer les dialogues anodins, les petits moments, celle d’ouvrir des pistes sans les refermer ou de faire sortir un flingue d’une boite de jouet.
      Je me perds un peu dans les Kaamelott, mais je crois que j’ai raté le cinquième livre. Maintenant, j’ai envie de tous les revoir et d’envoyer tout le monde voir ce film.

  3. Alors tu dois voir les saisons 5 et 6: d’une part, l’histoire avance vraiment et d’autre part, le format apéritif 3:30, c’est fini. Place au 52′ :)

    • Arg, tu me tentes !
      J’aimerais beaucoup voir ce que ça donne en 52′
      Voilà qui ne va pas faire le bonheur de mon porte-monnaie…

  4. Eh ben ta critique m’avait donné envie de voir le film. Je l’ai vu, je ne suis pas déçue. Merci l’Arbitraire. ^^

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