Killer Joe. Macabre âme cow-boy.

Faut-il aller voir Killer Joe ?

J’arrive pas. Y’a des films comme ça, qui feraient presque perdre l’envie d’écrire des critiques, ou celle d’aller au cinéma. On passe deux heures tellement épouvantables qu’ensuite, on se méfie. Et puis j’ai pas envie de perdre encore trop de temps avec ce nanard, alors je serai bref.

Et puis je vais spoiler la fin, pour vous éviter le voyage.

Killer Joe raconte que les pauvres sont vraiment tous des minables, stupides et méprisables, à tel point qu’il s’entretueraient volontiers pour une poignée de dollars, s’ils en avaient l’occasion. Ça tombe bien, l’occasion s’appelle Joe, elle est flic et elle flingue à prix cassés.

C’est l’histoire d’un père et son fils qui veulent tuer leur ex-femme/mère pour toucher l’asurance-vie. Le premier veut une plus grosse caravane et bouffer dans des fast-food à l’oeil et l’autre veut rembourser des dealers et se trouver un petit appart pépère pour battre sa copine tranquilou. Comme ils peuvent pas payer Joe, ils décident de lui filer leur fille/soeur, pour qu’il puisse la violer bonne ambiance dans la caravane.

Et puis finalement tout le monde pète un plomb et le film culmine lors d’une scène sexuelle gallophile positivement dégueulasse. Une mère au nez pété se retrouve à genoux, le visage ensanglanté, à sucer un pilon de poulet pané pendant deux minutes pendant que Joe le tient à la place de son pénis en hurlant de joie.

Mais on ne touche pas le fond, on y stagne d’un bout à l’autre. Moi j’avais franchement envie de vomir devant la bêtise du truc. Evidemment, ça fait bander les critiques qui y voient un film “d’une férocité qui rapelle le nihilisme lyrique” d’un mec qu’on connaît pas.

Moi je vois juste un vieux connard frustré qui méprise ses personnages, son spectateur et les femmes. J’espère que les recettes de son film lui permettront de s’offrir un bon psychanaliste. En tout cas, elles risquent de ruiner les ventes chez KFC, c’est la seule qualité du film.

En Bref : Il ne faut surtout pas aller voir Killer Joe. Sauf si vous aimez les bons acteurs (car ils sont excellents) au point de vous taper un spectacle malsain, grand-guignolesque et pas très bien réalisé qui vous collera des hauts-le-coeur pendant un quart d’heure.

Certains critiques se moquent à l’avance des “moralistes” qui démonteront le film. Dont acte : les deux canards qui n’ont pas aimé sont le catho et le communiste. Mais les mecs, c’est trop has-been la morale, les vraies valeurs, c’est le Wanderlust et la météo du Grand Journal.

Connard.

10 thoughts on “Killer Joe. Macabre âme cow-boy.

  1. C’est ta perception du phénomène qui est erronée, ou c’est le phénomène qui déconne? En gros la question c’est: la rentrée cinema est-elle pourrave à ce point? Je suis fidèle à ton blog et ta perception rejoint souvent la mienne, donc on peut dire que ta critique a valeur de loi dans mon cas. Je suis déprimée, je n’ai plus d’horizon, fait quelque chose… Vite.

    • Bah déprime pas comme ça Suzie, y’en a plein des bons films et j’ai quelques critiques en retard : Camille Redouble, The Secret c’est pas mal. Et sinon, The We and the I, ça vaut quand même le détour. Et puis on a toujours de l’espoir, le p’tit film inconnu qu’on attendait pas et qui nous retourne.
      Allez Suzie, fais moi un grand sourire, je serai trop triste si mon blog déprime quelqu’un.

  2. Et c’est là que l’on voit que les grands pontes de la critiques sont totalement surannées… Ca en deviendrait presque aussi insupportable que ce film

    • Je me tue à le répéter. Ils sont guélar. Ils vivent dans une bulle, déconnectés du public, mais le pire, c’est qu’ils s’en vantent (suffit de lire les Inrocks, c’est écoeurant).

  3. merci pour cette critique. contente de voir que je ne suis pas la seule à m’être sentie embarrassée devant ce machin voyeuriste qu’on me promettait génial.
    Ça se veut trash, jouissif et dérangeant, mais c’est lourdingue et convenu. TOUT y passe, et ça en devient caricatural. Mais il y a pire; c’est creux. Le film n’a rien à dire.
    Non mais le masque et la plume… sans déconner. Allez faire des gaufres et arrêtez la critique de ciné.

    • ET BIM !

      Prenez ça, bande de nihilistes intellos. Ils se pensent modernes et branchés avec leur détachement mais c’est des gros ringards.

  4. Pourquoi tant de haine? Pour la première fois ou presque, je comprends pas l’avis du règne de l’Arbitraire, et quand je lis ta critique, je peux pas m’empêcher de trouver que même formulé comme tu le formule, toutes ces choses semblent faire le charme du film et pas ses limites. Les bouseux avides, la sexualité trouble nourrie au poulet frit, l’absence même de notion d’amour au sein d’une famille. c’est même plus une question de morale, ou de nihilisme… c’est un plaisir coupable. Regarder Killer Joe, c’est une bonne tranche de marade salaçe, portée en plus par des acteurs fabuleux, mais ca, tu le dis déjà. c’est fébrile et mal élevé. Juno Temple à poil, c’est quand même autre chose que les Miss Météo squelettique de canal et les pouffiasses qui fréquentent des boites hors de prix ou des types se noient, poussés dans la seine par les mêmes pouffiasses. c’est un plaisir coupable pas si coupable que ca puisqu’il dégoute autant qu’il excite, jusqu’à l’explosion finale ou on est carrément punis d’avoir succombé a cet espèce de voyeurisme puant que Friedkin impose. Tu parle de viol, mais si c’était un viol, cette gène existerait pas. ce qui gêne dans la relation killer joe/petite blonde, c’est l’amour et l’admiration qu’elle lui porte. cet avis n’est pas ordonné, mais ce n’est pas grave, c’est un commentaire sur un blogue. J’ai dit a peu près ce que je voulais dire. ce blogue est sympa je devrais le commenter plus souvent.
    ce qui est rigolo aussi, c’est que l’autre jour, j’ai vu un reportage au journal de france trois sud sur des sauvageons qui il y a quelque temps de cela avaient poignardé dans ma ville un autre type sans raisons apparente. Et c’était toi, corentin chrétien, qui couvrait l’affaire. Une reconstitution, quelquechose comme ca. Je sais pas si apres ce genre d’histoire glauque je serais bien chaud pour un killer joe moi non plus. Mais une chose est sure : je le serais encore moins pour un Dupieux. Parlons en, de boites hors de prix et de canal plus…
    a bientôt, et vivre l’arbitraire.

    • Damned ! Je suis repéré ! Une soirée à faire le planton (j’ai toujours eu envie d’écrire plancton, mais je me retiens) devant un immeuble plein de flics, du grand reportage de haute-volée :-)

      Alors, effectivement, je comprends ce que tu dis : la relation blonde/Joe est ambivalente et c’est ce qui fait le charme de leur scène d’amour ou le désir est mêlé à la peur et la folie. Accordé, cette scène est pas mal, tout comme la dernière seconde et le sourire de Joe.
      Pour le reste, je n’ai pas succombé à ce “voyeurisme puant”. Je n’ai pas été fasciné par l’absence de la notion d’amour dans la famille ou la sexualité trouble nourrie au poulet frit. Ça m’a rendu triste et j’ai trouvé ça facile, grossier et ridicule, sans être drôle. Il y a quelque chose de mauvais, de malsain qui émane de ce film, l’impression de regarder dans l’âme du réal, et de passer une soirée avec un dingue.

      Alors je te l’accorde, l’effet est réussi, mais franchement désagréable. Et après quelques jours, je me rends surtout compte que malgré la surrenchère de dégeulis, le film n’est même pas marquant.

  5. Rebonjour, je me sens moins seule. J’ai trouvé ce film pénible à voir. Le sort des 3 femmes (puisqu’il y a une morte) m’a indignée. C’est un film que j’aurais interdit au moins de 16 ans et on est content quand cela se termine. Bonne soirée.

    • Quand on y pense, et au risque de passer pour un gros réac, ça pose des questions sur le sens du système d’interdiction à la française : des gros slashers fun plein de sang mais rigolos sont interdits au moins de 16 et un film d’une telle violence psychologique qui culmine dans une scène aussi trash interdit au moins de 12 ans…

      A croire que le comité qui s’en occupe adapte ses interdictions proportionnellement à la quantité d’hémoglobine versée. A moins qu’il soit simplement composé d’andouilles qui considèrent la violence plus acceptable lorsqu’elle est “artistique”.

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