Dans la maison. Ozon le huis-clos.

Faut-il aller voir Dans la maison ?

Comme son nom l’indique, Germain est un prof de français qui s’ennuie. Alors il décide de manipuler un jeune élève trop curieux, sous couvert de lui apprendre à écrire. Il s’appelle Claude, et il aime bien s’infiltrer chez les gens pour raconter leur médiocrité. Mais si la vraie médiocrité, c’était celle de Germain ?

Résumé de merde, j’en conviens. Mais il n’est pas facile de traiter cette histoire en quelques lignes. Une fois n’est pas coutume dans le cinoche national, on ne sais pas trop où classer ce film. Thriller, comédie, drame… On rit pas mal, mais on sent que ce n’est pas le but principal, qu’il y a un propos, et beaucoup plus qu’un Fabrice Luchini qui gesticule.

Et pourtant il le fait bien. Face au jeune et impressionnant Ernst Umhauer, le vieux cabot énervant oublie un peu ses mimique pour habiter le rôle de ce prof pervers. Leur duo d’acteurs, épaulé par l’impeccable Kristin Scott Thomas, justifie à lui-seul d’aller voir le film.

Sur le fond, l’histoire peine parfois à définir son propos et quelques rebondissements sentent un peu le fond de casserole et le romantisme concon, mais dans l’ensemble, le scénario brille par sa finesse et sa fluidité. Passé quelques minutes, on est happé par l’histoire, à en oublier que le pop-corn est trop mou et l’automne trop froid. Sans ressembler à un dissert’, le scénario dit plein de chose sur le cinéma, le voyeurisme et la façon de raconter une histoire.

Quant la fin survient, un peu mollassonne au vu de la montée dramatique, on reste quand même jusqu’à la fin du générique, habité par les personnages et la ritournelle obsédante des violons de la bande-originale.

En Bref : Il faut aller voir Dans la maison. Pour la beauté discrète des cadrages, pour l’éclat de mystère qui flotte en permanence dans les yeux du jeune héros et pour les quelques blagues efficaces qui ponctuent ce thriller psychologique.

En plus, il y a Yolande Moreau qui joue deux jumelles tentant de comprendre l’art contemporain. Et ça, mes lardons, c’est comme du fromage fondu sur une tartine aux céréales, à l’heure où la nuit d’octobre enveloppe la butte Montmartre.

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