Le Hobbit. Bilbo Quête.

Faut-il aller voir Le Hobbit ?

Dans un trou vivait un Hobbit. Dans un trou vivait un Hobbit. Dans un trou vivait un Hobbit. Dans un trou, vivait un Hobbit. Il y avait aussi des nains nains nains, et un magicien-cien-cien et des zelfes zelfes zelfes. Dans un trou vivait un Hobbit.

Il est constant Peter Jackson. Avec trois bouquins de 700 pages chacun, il faisait trois films de trois heures. Avec un seul bouquin de 300 pages il fait trois films de trois heures. S’il devait adapter Monsieur Chatouille au cinéma, il en tirerait probablement trois films de trois heures.

“Ah oui mais c’est parce qu’il est tellement passioné !” Genre… La première fois, on pouvait se mettre d’accord sur le travail titanesque accompli par les équipes du Seigneur des Anneaux pour transposer le chef d’oeuvre (encore que, c’est assez relou à lire) de Tolkien à l’écran.

Ici aussi, y’a du boulot, mais on a l’impression que l’équipe a loué les décors des premiers tournage pour y faire son petit film. Petit, car  Bilbo le Hobbit est un conte plutôt chouette, mais destiné aux mômes et très loin de l’ampleur mythique de la trilogie. Pour des raisons de rendement, Jackson tire à la ligne en allant jusqu’à rajouter des scènes absente du livre original (mais tirées des appendices du SDA, il manque juste les notes de bas de page).

Pour nous vendre du neuf, il tente de nous fourguer sa caméra 48 images par secondes comme une révolution, mais c’est du vent, et malgré les progrès de la technologie, les caméras n’arrivent pas encore à faire le cadre et le scénario toutes seules.

De ses immenses cartons, le film ressort aussi les acteurs des premiers films. Mais outre l’effet vintage, ils nous font surtout ressentir les manques de la nouvelle équipe : Gandalf et Golum sont toujours bons et le Hobbit s’en sort, mais la bande de nains qui l’accompagne est moins drôle et mille fois moins charismatique.

D’ailleurs, chez Tolkien les nains sont toujours des personnages moisis : vénaux, égoïstes, stupides, vantards, incapables de se battre et obsédés par l’honneur, leur vengeance et leur montagne de losers. A côté de ça, il n’y a quasiment pas de gonzesses mais des gros loups et des milliers de petits gobelins dégueulasses.

Aragorn et Liv Tyler qui se roulaient des pelles ça avait quand même plus de gueule…

En Bref : Il ne faut pas aller voir Le Hobbit. C’est un conte sympatoche qui se tient plutôt pas mal, mais on ne se défait pas de l’impression d’être devant un film d’occas’ ou l’adaptation nord-Coréenne du Seigneur des anneaux, ce qui est d’autant plus triste que le film a bénéficié d’une débauche de moyens.

Heureusement, il y a encore de jolis plans, une belle scène de chant et un univers foisonnant. Mais franchement, au prix de la place d’un film en 3D, c’est le minimum syndical.

4 thoughts on “Le Hobbit. Bilbo Quête.

  1. Chuis b’en d’accord avec toi sur ce coup !!!! J’ai été assez déçue par ce film qui n’a pas su me transporter dans son univers comme l’avait fait le Seigneur des anneaux. Une impression de déjà-vu, en étant beaucoup moins concernée. Parce que bon quand même, les autres ils sauvaient le monde et les nains au final, ils veulent juste récupérer leur tas d’or. C’est un peu moins noble comme mission.
    Pis bon, pour résumer LA question que tout le monde se pose : pourquoi ils ont pas pris directement les aigles pour aller jusqu’à leur foutue montagne ? Ça nous aurait évité deux films de plus.

    • Grave, les aigles, c’est un problème récurrent dans l’univers de Tolkien: Gandalf pense toujours à les appeler quand c’est la merde, et le reste du temps, tout le monde marche.
      Puis franchement, ces nains, quelle grosse bande de losers, avec leur chef tout moche et son pseudo regard de guerrier. Heureusement qu’ils chantent près de la cheminée, parce que c’est vraiment la seule chose qu’ils font de cool.

  2. Pour moi, ce qui tue un peu le film, c’est la chute de l’anneau du pagne de Golum. C’est là qu’on se rend compte que la seule chose qui nous intéresse reste cet anneau (dont on voit par la réaction de Gandalf qu’il aura encore son importance par la suite) et il nous renvoie cruellement à la première trilogie. La comparaison en devient quasi-obligatoire, et là, effectivement, le Hobbit ne fait pas le poids. Certes la photo est belle (malgré le fait que l’on sache déjà que ce sera du recyclé) et on ne s’ennuie pas (en tous cas moi pas), P.J. prend même le risque de faire parler ses personnages pendant une demi-heure pour poser le cadre mais l’intérêt et la “noblesse” de la quête sont moindres que celle de la communauté de l’anneau. Les nains, c’est pas glam’ même s’ils se débrouillent pas mal à la plonge et qu’ils aiment bien chanter près de la cheminée, qui voudrait d’un nain à la maison, quand on peut avoir un elfe?
    Et pis Gandalf fait trois fois plus de magie dans un film que dans tout le SDA, il se foutrait pas un peu de notre gueule le pépé?

    Mention à Howard Shore qui, mis à part le thème des nains, a pas foutu grand chose de ses dix doigts.

    • T’as tout dit.

      Mention spéciale à Elijah Wood aussi, qui vient faire coucou dans l’arrière plan, pour aider la nouvelle trilogie à se réapproprier les fans de la première. Le Hobbit, c’est comme un concert des Stones : c’est parce qu’on les aimait avant qu’on a envie de les revoir.

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