Top 10. Les meilleurs films de 2012.

Finalement, l’année aura été assez riche en cinoche, pour peu qu’on y aille trois fois par semaine. Comme d’hab, c’est à l’automne qu’on ramasse les meilleurs fruits, l’été est un désert artistique et l’année démarre mal.

Mais celle-là va bien partir : depuis le début du blog, je veux faire un best-of annuel et je suis emporté par la flemme à chaque fois, sauf aujourd’hui. Au préalable, je rappelle aux ignares qui l’ignorent que ce classement n’est pas subjectif, imparfait ou la simple expression d’un moment, mais bel est bien la vérité la plus pure qui soit, tombée du ciel pour vous pédagoger.

Néanmoins, pour cause d’Amérique Latine, il me manque deux mois de cinéma français (dont le film d’Audiard) et mon stakhanovisme général ne m’a pas permis de voir tous les films. J’attends donc vos commentaires, vos ajouts et, bien évidemment, votre indignation.

Mais n’espérez pas y trouver Holy Motors. Il est 48ème.

10. Magic Mike

Américain jusqu’au bout des tétons, lourd comme un haltère et pas vraiment fin comme un string, le film de Steven Soderbergh en a plus dans le caleçon que dans le cerveau. Mais les images déglinguent.


9. Starbuck

Un peu de guimauve, pas mal de talent et une histoire à la con. La meilleure comédie de l’année est un film québécois sur un branleur devenu papa. Original, gentil et émouvant.

 

8. Bullhead

La révélation de l’année. Un premier film poisseux et couillu. Des images obsédantes, un acteur parfait : un réalisateur est né.

7. Wrong

Du grand n’importe quoi. Eric Judor en jardinier débile, une organisation secrète de kidnappeurs de chiens, un inspecteur scatophile. Après l’électro hardcore et les pneus tueurs, Quentin Dupieux continue de tracer sa route. Et il progresse.

 

6. L’odyssée de Pi

Des images magnifiques, un conte poétique, un tigre, des suricates en pagaille… Enfin un film de noël qui fait rêver sans tartiner à coups de violons. Une perle.

 

5. Perfect sense

Personne n’a vu ce film. C’est vraiment trop con. Cette comédie romantique de la fin du monde vaut bien toute la filmographie de Meg Ryan…


4. Amour 

En arrêtant de faire la gueule, Haneke a enfin mérité sa Palme d’or. Simple, fort et juste, un film aussi beau et universel que son titre.

 


3. Looper

J’ai eu du mal à m’en remettre. Scénario, caméra, dialogues, tout est parfait dans ce gros bijou de science-fiction.

 

2.  La chasse

Une gifle, un coup de boule, un coup de genou. Thomas Vinterberg nous casse la gueule pendant une heure et demie. Du grand cinéma.


1. Oslo, 31 août

 Le plus beau film de l’année raconte un drame. Celui d’un jeune homme qui a perdu goût à la vie. En tentant de le sauver, le film nous raconte à quel point ça vaut le coup de la vivre : parce qu’il y a des filles, des copains, des vélos, des piscines, des gens. Ce n’est pas la Palme d’Or qu’il fallait lui filer, mais un prix Nobel.

Bonne année, lapins.

Vous l’aurez remarqué, cet article est enfin joli. C’est parce qu’il a reçu la participation active de Juliette. Alors soyez gentils.

20 thoughts on “Top 10. Les meilleurs films de 2012.

    • Oslo c’était beau. Si j’ai pu m’engueuler avec moi-même dans l’élaboration de cette liste, la sélection du numéro 1 ne m’a pris plus d’une seconde.

  1. J’en ai vu qu’un de la liste. Mais vu qu’il est sur le podium, chuis quand même assez satisfaite de moi. Et tu m’as encore donné envie d’en voir plein d’autres. :)

  2. Merci pour Perfect Sense. Ce film était génial mais vraiment personne ne l’a vu, c’est bien dommage.

    • On est d’accord. Je pense que c’est à cause de l’affiche, qui avait l’air si mièvre, moi-même je l’ai vu par erreur.

  3. Gnhein????
    Alors oui, là, je m’indigne!!!!! Non mais Magic Mike dans le top 10.. Vraiment?
    J’ai trouvé ce film vraiment sans intérêt, je comprends pas. Humour beauf, histoire d’amour cousue de fils blancs, j’ai même pas vu la fin, je m’ennuyais trop.. (et oui, même les abdos à gogo ne m’ont pas convaincue de persévérer!). Suis-je passée à côté du film? J’ai relu ta critique, dont les compliments sont en fait centrés sur la forme et pas sur le fond, et j’imagine que c’est ça qui fait la différence (?)
    Mais merde quand même, tu ne peux pas bander sur un film juste parce qu’il est bien filmé dis? …si?
    Bon.. l’autre explication possible c’est que, paradoxalement, je pense que c’est un film qui touche peut-être plus la sensibilité masculine.
    Quoiqu’il en soit, ça vaut pas un classement dans le top 10! Mettre ce film devant Camille Redouble par exemple, c’est quasi impardonnable..

    Certes, je suis un peu dure. Je suis d’accord avec quasiment tout le reste de ton classement, parmi ceux que j’ai vus [bémol sur Perfect Sense: j’ai été surprise et touchée par cette vision très originale (et terrible) de la fin du monde, mais j’ai trouvé que ça manquait d’un quelque chose (rythme?) qui aurait pu rendre ce film réellement bouleversant]. Et puis je te dois Amour, ce qui n’est pas rien.. Donc je profiterai du festival Télérama pour suivre tes conseils malgré tout et aller voir Oslo, 31 Août :)

    • Aaaah ! Enfin, un peu d’indignation !

      Alors : Merde puis-je bander sur un film parce qu’il est bien filmé ? Techniquement, c’est difficile, à moins d’être près de l’écran. Néanmoins, je dois reconnaître que si j’ai beaucoup aimé Magic Mike, c’est d’abord pour son extraordinaire qualité graphique. Cette façon qu’a le chef op de Soderbergh de jouer avec les flous, les lumières et les mouvements me laisse béat d’admiration.

      Mais ça ne suffit pas, il existe des nanards extraordinairement bien filmés (voir Mister Nobody, critiqué ici il y a environ mille ans) et des chefs d’œuvre à caméra quasi fixe (Amour). C’est vrai que Magic Mike n’est pas très profond, mais les dialogues sont plutôt bien écrits, quelques personnages ont un double-fond et les acteurs sont excellents. Bref, c’est léger, sympa, hyper-dynamique et… joli.
      Camille Redouble, c’était léger, sympa, un peu mou et… assez moche à l’image.

      Mais bon, vu que je passe mes journées l’oeil dans une caméra, c’est peut-être une simple déformation professionnelle…

  4. Pourquoi mon commentaire a été censuré, hein ?
    Donc, je recommence. Eh ben moi, j’ai vu UN film de toute ta sélection. Mais j’ai même pas honte, parce qu’il est dans le top 3. Et pis maintenant, j’ai envie d’en voir tout plein d’autres. Merci Le Règne. Et que l’année 2013 te couvre de pop-corn !
    Bisous

    • Personne n’est jamais censuré ici Lucie. Mais bizarrement, certains commentaires sont publiés d’office quand d’autres demandent mon approbation. Et j’y comprends pas grand chose.
      Grâce à Télérama, tu devrais pouvoir revoir pas mal de films de cette liste, à croire qu’ils s’en sont inspirés.

      Bonne année :-)

  5. Tiens, ça me fait une belle liste de films à voir. Mais ça me rappelle surtout à quel point je ne suis pas aller au cinéma cette année, et ça me déprime. En fait, c’est faux, j’y suis un peu allé, mais pour voir de la grosse merde recuite (Batman, Skyfall, Avengers, Prometheus…) et avec la conviction que Hollywood est définitivement devenu le mal absolu.

    Bref, dans ta liste, le seul que j’ai vu, c’est Looper, et dans l’avion. D’ailleurs j’ai pas été transcendé (surtout par rapport aux dithyrambisme que j’ai décelé ci et là). Vraiment, quand on commence à faire des choses avec le Temps dans une histoire de SF, ça ressemble très vite plus à rien (à part dans l’Armée des 12 singes). Enfin. Ca ressemblera toujours plus à quelque chose que Gordon-Lewitt maquillé en métrosexuel du sourcil (ah, il est censé ressembler à Bruce jeune ? Oooh…)

    Mais bon, je m’égare. Merci pour la liste. Par contre, je t’envoie mon commando de babouins violeurs si je considère avoir perdu mon temps. Et ils ont vraiment des grosses b.

    Sinon bravo à votre collaboration drozienne, mais que ça ne se reproduise plus.
    Je vous imagine tous les deux devant un écran d’ordinateur, avec des sourires et des regards langoureux dans des ralentis mièvres, une image saturée de blanc et une infecte mélodie. Très fier de votre travail : “Mais c’est incroyable chérie, tu es formidable !” “Mais non, voyons, je ferais tout pour toi. Ce n’est qu’une mise en page !” “Oui, mais quelle mise en page, tu es la Michel-ange de la blogosphère…”…etc, etc.
    Horrible.

    Ah oui, et bonne année surtout.

    • Après le vol de mon ordi, c’est beaucoup plus dur de publier et de répondre aux commentaires (je fais ça en scred en boulot, mais bof en scred parce que je crois que mes chefs me lisent. Coucou les chefs !)

      Donc je vais répondre à ton commentaire de manière rapide et didactique :
      1. Hollywood c’est vilain. Mais tu peux pas ranger l’infâme Prometheus au côté de l’honnête Avengers, c’est la même casserole, pas la même soupe.
      2. Looper c’est coolos, c’est ton petit écran d’avion qui rendait pas grâce au film. Par contre c’est vrai que cette histoire de maquillage n’était pas une très bonne idée, encore qu’on s’en foute un peu.
      3. Si après avoir vu Oslo, 31 août tu m’envoies tes babouins violeurs, je leur montre le film et ils reviendront pour toi.
      4. C’est vrai qu’on prenait le risque de te faire gerber en collaborant, mais c’était ça ou une mise en page moche comme d’hab.

      Et bonne année. Tu devrais passer boire un petit coup à la maison avec le chinois d’ailleurs.

  6. Ah la vache ! Te suivant depuis quelques temps et m’étant bien marré à lire quelques critiques comme celle de sucker punch je me suis dit, aller on va lui faire confiance. Bah mon cochon (désolé on ne se connaît pas mais là je peux pas résister). Oslo… Mais comment on peut aimer un film pareil ? Mon dieu que c’est chiant, lent, norvégien, téléramesque. Y a rien dans ce film, ça se veut plein d’émotion mais ça prend pas. Dès qu’il tiens un truc il le largue pour commencer un autre truc sans émotion. Des plans chiants comme la mort, des histoires de potes irréelles. Une fin en bois, un début en carton, un milieu en papier mâché. Tu m’a gâché ma soirée, je pars me coucher en me disant que j’aurais mieux faire de me revoir Looper en québécois (c’est pour dire) … Bon si tu trouves une tête de cheval dans ton pieu, cherches pas c’est moi.

    • Ah merde alors ! Un moment, j’avais cru que la mafia m’en voulait.

      Bon bah… Désolé de t’avoir fait perdre ton temps. Je reste toujours convaincu que ce film est d’une grande beauté et d’une sensibilité rare. Dés qu’il tient un truc, il n’insiste pas, car il sait que l’on a compris, là où beaucoup d’autres tartinent sur des évidences. Le plan-séquence final m’a transporté, la musique m’a habité longtemps et certaines scènes sont gravées dans ma mémoire (celle du restaurant, notamment).

      Après, j’ai toujours été un peu fasciné par les questions existentielles sur le sens de vivre, par ceux qui refusent de le faire et par la nostalgie en général. J’ai peut-être vu dans ce film ce que je voulais y trouver. A l’époque, je traînais tout seul dans Paris avec les poches pleine de spleen, j’étais pile mûre pour un film norvégien.

      Mais rien que de t’en parler à nouveau, ça m’émeut.

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