Le monde de Charlie. Drôle de drame.

Faut-il aller voir Le monde de Charlie ?

Charlie est un tocard. Il est gentil, il aime les livres, il fait pas de sport… Et avec ça, on s’étonne qu’il trouve pas de gonzesse…

‘Font chier les adultes quand ils parlent de l’adolescence. Jamais pu les blairer, même maintenant que j’en suis presque un (j’ai une carte vitale). A chaque fois c’est le même délire : “Be your true self”, sois toi-même, souris bêtement et tu finiras par te trouver masse potes et pécho la reine des Pom-Pom Girls.

C’est le message du film, qui culmine dans des scènes mièvres à pleurer où tout le monde trinque à la santé de Charlie, ex-loser, devenu populaire parce qu’il a mangé un space-cake. Tellement guimauve que même l’acteur se planque derrière un demi-sourire énigmatique, dans lequel on peut distinctement lire : “Quel film de merde”.

Alors toi là, les adultes, écoute-moi bien :

Sois ton époque c’était un truc de hippie, où tout le monde se faisait des bisous dans le cou en écoutant les Pink Floyd, sois t’as la mémoire qui flanche à cause de la métha-amphétamine qu’on t’a prescrite pour réviser la nuit. Mais dans la vraie vie d’aujourd’hui, Le monde de Charlie est un conte con, et aussi idéaliste que les 60 propositions d’Hollande.

Dans la vraie vie, les ados sont cruels, méchants et injustes. Quand t’es le boulet d’un collège, t’en prends plein la gueule, des mecs que tu connais même pas te tapent dessus, juste parce que c’est comme ça, et le dernier truc qui peut t’arriver, c’est qu’une fille t’adresse la parole. Et le pire, c’est que cette désocialisation ultra-violente et radicale ne fait pas de toi un mec modeste et gentil comme Charlie, bien souvent, elle te transforme en connard aigri, et tu finis presque par mériter les coups que tu reçois.

PIRE, et ça, c’est criminel de le faire croire aux mômes : devenir le meilleur ami de la jolie meuf qui se tape plein de mecs est la dernière solution à choisir pour l’attraper. Laisse tomber mon Charlie, tu vas lui passer ton mouchoir, la rassurer sur son pouvoir de séduction et laisser des centaines de bolosses te passer devant sans comprendre pourquoi elle préfère les sales mecs à ta compassion.

T’es trop gentil Charlie, et avant 23 ans, ça sert à rien (à 23 ans ça va).

Mais bon, tout ça, le réalisateur l’a oublié. Et même s’il essaye d’être moins con que les autres teen-movies en affublant son héros d’un passé trouble, il signe quand même une bluette surchargée de clichés, mordante comme un chaton édenté et piquante comme une fraise Tagada.

Et d’autant que je m’en souvienne, l’adolescence, c’était pas Fantasia. L’adolescence, c’était Platoon.

En Bref Il ne faut pas aller voir Le monde de Charlie. Même si c’est mon copain Fred le québécois (coucou Fred) qui vous le recommande, même si les acteurs sont pas trop mauvais et même s’il y a tout de même quelques jolis moments. C’est une grande pyramide de bons sentiments, d’optimisme gaga et de grenadine sans sucre, et surtout sans grenades.

Maintenant, si jamais il y a des ados en manque de swag parmi mes lecteurs, ne paniquez-pas. Laissez les mecs cools de votre collège vous piquer les meufs. Dans trois ans, elles auront eu leurs dose de trouducs et ils seront aussi has-been que One Direction.

En attendant, entraînez-vous à faire des blagues.

13 thoughts on “Le monde de Charlie. Drôle de drame.

  1. Je te soupçonne sincèrement de parfois orienter tes propos sur ce blog et tes verdicts tout simplement à contre-courant des opinions auxquelles tu es exposées. Donc, en me basant sur ce constat pas du tout arbitraire, je voudrais simplement te donner mon opinion en quelques mots sur un film dont tu parleras certainement dans les jours prochains.

    Django Unchained est une perle de divertissement réalisé par un Tarantino en pleine forme (je dirais même, explosif). C’était délicieux. Tu devrais allez le voir, idée de ne pas vraiment l’aimer.

    P.S. Un OK pour Populaire mais pas pour Le Monde de Charlie? D’accord, ce n’est pas le même film, mais ton côté fleur bleue il était où durant le dernier mentionné? Je suspecte l’existence d’une pointe de racisme… Et franchement, tu préfères vraiment une Déborah François plutôt innocente se pâmant devant Romain Duris à une Emma Watson torturée qui se trémousse durant une représentation de Rocky Horror Picture Show? Vraiment?!

    • Allons allons… Te voilà tout vexé !
      Respire lapin, je vais te répondre.

      Ne t’en fais pas, tu es environ la soixante-dixième personne à m’accuser de ne pas aimer les films exprès pour muscler ma personnalité, me construire une crédibilité ou asseoir mon autorité sur un sofa de snobisme. C’est à la fois faux et un peu vrai :
      Premièrement, il est un peu présomptueux de penser que je calque mes goûts sur le négatif des tiens. Je suis maintenant trop loin de l’adolescence pour me chercher au point de calculer avant d’aimer un truc, et surtout, bien trop amoureux du cinéma pour passer autant de temps à tenir ce blog sans être sincère au bout du compte.
      Néanmoins, lorsqu’on me vend un film, ou que je pense moi-même l’aimer, c’est vrai que j’y vais avec un a priori positif sur le film et inversement. Ainsi, il me déçoit d’autant plus s’il n’est pas à la hauteur.

      Quant à ton accusation de racisme, elle est tout à fait Nord Américaine. Mais sache que sur le vieux continent, on peut encore détester un film, un mec ou un groupe de musique, sans pour autant être accusé de mépriser la culture qui va avec. Par exemple, on peut dire que Nadine Morano est bête, sans pour autant être misogyne.
      Et pour te répondre sur le fond, un petit tour sur ce blog te montrera à quel point je suis passionné par le cinéma américain (et donc exigent avec lui) et surtout à quel point je suis sans pitié avec le cinéma français et sa vieille garde.

      Enfin : mille fois. Deux mille fois. C’est ma préférence pour l’innocence de Déborah François, comparée à la pauvre Emma Watson tentant vainement d’assumer ses bas résilles du Rocky Horror Picture Show, alors qu’un seul regard permet de comprendre qu’elle n’a jamais fait partie des freaks. Grands Dieux ! Hermione ? Mais c’est une enfant mon pauvre !

      Pour Django, je l’ai vu le jour de sa sortie. J’en parlerais plus tard, tu pourras enfin voir si ta théorie fonctionne.

      Bisou.

      • J’espère que le personnage de vierge offensée que j’ai mis en scène dans mon commentaire n’a pas été trop pris au serieux. Je voullais simplement cracher un peu de venin sur la critique négative d’un film que j’ai bien aimé.
        Je sais bien que tu es, comme la plupart des gens de cette planète, fan du bon cinéma américain (c’est plutôt compliqué et maladroit de dire qu’il y a juste de la merde qui sort des states).

        Faut croire que les histoires de “high school” américain sensiblement bonbon me touchent plus que toi (et ton coeur de pierre!).
        P.S. La violence de mes propos n’a d’égale que la frivolité et le manque de serieux de ceux-ci.
        P.P.S.The sessions de Ben Lewin, c’est passé en France ou pas encore?

        • Oh j’ai presque oublié! Ne parles pas comme cela de notre chère Emma Watson…Sinon tu risques de te mettre à dos la plupart des mecs de ma génération. Fais attention…Nous t’avons à l’oeil…

  2. Parfois, cher corentin, je me demande vraiment pourquoi tu t’inflige certains des films que tu critique. Que ce soit celui ci, Populaire ou le dernier Valérie Machin; je respecte ton ouverture d’esprit et ton courage et te tire mon chapeau. La dernière fois que je suis allé voir un film qui ne me disait rien, c’était Louise Vimmer et j’ai pleuré deux mois d’avoir fait une chose pareille.

    Quant à Django, c’est un excellent divertissement en effet. Ou un excellent clip, Jubilatoire et malin. Je m’interroge simplement un tantinet sur le concert de louanges dont il fait l’objet dans l’unanime presse spécialisée Francaise. Y compris ceux qui descendaient, au hasard, Pulp Fiction. Etonnant.

    Foxfire est sublime même dans sa mièvrerie.
    Sur cette critique constructive et interminable, je vous souhaite une bonne journée

    • Pour Django et Foxfire, je répondrais bientôt (si je trouve un ordinateur que je peux conserver plus d’une demi-heure).

      Je m’inflige tous les films que je peux car le simple fait de m’asseoir dans une salle de cinéma me réjouis, même si c’est vrai que Louise Wimmer m’a un peu niqué le moral ensuite.
      J’ai grandi sans télé, alors pour moi, les grands écrans, ça sera toujours magique.

      Bonne journée à toi :-)

  3. Juste pour te signaler une faute d’aurthaugrafe: tu as écrit les “salles mecs” et j’ai eu beau chercher le jeu de mots, j’en ai conclu que c’était une coquille… (hésite pas à supprimer ce commentaire après correction bien sûr)

  4. “Et d’autant que je m’en souvienne, l’adolescence, c’était pas Fantasia. L’adolescence, c’était Platoon.”
    Tout est dit.
    C’est pourquoi j’ai fait la musique de Platoon.

  5. Malgré ce que peuvent en dire de nombreuses personnes sur la toile, je ne peux que valider ton appréciations déçue du film. Des clichés, encore des clichés, toujours des clichés, et le pire, des personnages pas crédibles pour un sou…

    • Hermione en bad girl névrosée qui se tape tout ce qui bouge… Et pourquoi pas Sean Penn en père de famille respectable.

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