Warm Bodies. Zombisous.

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Faut-il aller voir Warm Bodies ?

Parfois on se dit quand même qu’il va voir tout et n’importe quoi le Règne de l’Arbitraire.

Mais c’est faux ! Enfin c’est vrai, mais j’ai des excuses. D’abord, j’aime beaucoup les zombies, parce que c’est has-been, parce que ça “dit des choses sur la société” (ouais…) et parce que je suis un lecteur mordu de la série Walking Dead (la BD, pas l’infâme soap de la télévision). Et au delà de ça : un film qui raconte l’histoire d’amour entre un mort-vivant et une jeune fille paraît tellement suicidaire qu’il faut au moins lui donner sa chance.

Et ça commence pas trop mal. Le héros titube dans un aéroport en essayant de se rappeler son prénom, il échange des grognements avec son copain zombie et une voix assez poilante retourne tous les clichés du film d’horreur pour prendre la défense du mort-vivant, si souvent méprisé.

Ce postulat excellent, le film l’utilise comme une rampe de lancement pour nous faire avaler tous les poncifs inhérentes à la rom-com pour ados américains : petite blonde relou, avalanche de musique pop (“les vinyles, c’est plus vivant” ânonne le zombie, pendant que je me suicide sur mon siège) et teasing à deux balles (“Tu peux dormir à côté de mon lit, j’ai peur. Ouh je vais enlever mon haut car je suis toute trempée” mais on ira pas plus loin car on est pas mariés).

C’est dommage.

Et puis c’est toujours pareil : les films d’ados s’adressent à la frange la plus névrosée, complexe et paumée de la population en leur parlant comme à des gamins. On joue les déglinguos, mais le film n’est ni gore, ni sexy, ni subversif pour deux dollars. C’est nul. Et avec tout le respect que je dois aux américains, ils ont quand même une foutue culture de cons.

Malgré tout, sous l’habituel rocher de cinéma formaté, se glissent quelques lézards d’anticonformisme : le héros tente de piquer les souvenirs de l’ex de la blonde en mangeant son cerveau, la voix off tente maladroitement de s’expliquer sur la méchanceté de certains zombies (“Si on avait eu le temps, on les auraient peut-être sauvés, mais on les a exterminés. On a peut-être été un peu vite”) et les références à Roméo et Juliette prouvent qu’au moins, le scénariste a lu un livre.

A part ça, c’est quand même dommage : il y avait la matière pour faire une super comédie trash si les producteurs arrêtaient de confondre le septième art avec une forme légale de racket.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Warm Bodies. Mais dans un monde où il n’y aurait que des gros nanards hollywoodiens, celui-ci serait définitivement le plus sympathique. Car derrières les écueils habituels du cinéma industriel, on trouve quand même quelques bonnes idées, deux trois blagues marrantes et un bon concept.

Après, le film s’adresse aux ados. Pas étonnant qu’il ait choisi un héros timide à la silhouette trop grande, la bouche entrouverte et le regard vide. Si ton petit frère te mord, au moins maintenant, tu sauras pourquoi.