Trance. Finger in the hypnose.

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Faut-il aller voir Trance ?

C’est l’histoire d’un type qui vole un tableau mais il oublie où il l’a foutu à cause qu’il est con. Après lui avoir arraché les ongles, son équipe l’envoie chez une hypnotiseuse pour lui faire revenir la mémoire. Sauf que c’est Rosario Dawson, et alors plus personne écoute le film.

En plus d’être jolie comme une journée à la plage, Rosario Dawson a une voix grave et envoûtante avec laquelle elle manipule tout le monde. Rapidement, c’est le bordel : James MacAvoy mange des balles, Rosario se rase la plume et Vincent Cassel se promène avec la Corse à l’air. Le chef opérateur filme le sol, les reflets et les ombres en éclairant au néon.

Mais que veulent-ils nous dire, à part que la moitié du budg’ est partie dans l’acide ?

Ils veulent nous dire que c’est le mystère. Que c’est le thriller. Et ils sont diablement contents d’eux. Le scénario s’égare dans des kilomètres de rebondissements de plus en plus complexes et alambiqués, sans que l’on comprenne l’intérêt de certaines digressions. Est-ce du rêve ? Est-ce pas du rêve ? Plus le film avance, plus il nous perd, et moins on en a quelque chose à foutre de savoir où le héros a bien pu planquer cette croûte.

Et pourtant, le scénario “tient la route”. Si on confondait le cinéma avec une forme plus colorée de mathématique appliquée, on pourrait même dire qu’il est bon. Mais ça serait oublier qu’une bonne histoire n’est pas une suite cohérente de connecteurs logiques, c’est d’abord des dialogues, une couleur et des personnages.

Beaucoup de psychologisme ici, mais pas tant d’intelligence. Les personnages sont de simples pions qui s’agitent dans un clip un peu kitsch, filmé de travers et saturé de lieux communs sur la température féminine et la manipulation intelectuelle.

Dommage, parce que ça part bien, c’est bourré d’idées de mise en scène, rythmé et plutôt bien joué. Mais c’est nul. Plat. Écœurant.

Un peu comme un milk-shake. Mais plus cher.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Trance. Ce n’est pas un nanard, c’est même un thriller psychologique plutôt bien ficelé et joliment filmé, qui brasse des kilomètres de vide.

Raté, donc. Parce qu’il se la raconte, avec ses retournements moisis, parce que les personnages sont profonds comme des poêles à crêpes et parce que tout cela finit par être aussi moche et con qu’un lundi soir de Trocadéro entouré par des supporters du PSG.

2 thoughts on “Trance. Finger in the hypnose.

  1. “sur la température féminine”… J’en ris encore. Tu t’es bien déchiré sur cet article. J’ai presque envie d’aller voir le film juste pour vérifier si tu écris d’après un film que t’as vraiment vu ou si c’est juste des trips qui te passent dans la tête après avoir lu le titre et vu le casting.
    Merci encore, tu déchires!

    • Merci beaucoup Ikkikuma (marrant ton nom, d’ailleurs),
      Tu mets le doigt sur quelque chose : en fait si mes critiques partent en couilles, c’est pas parce que je joue les poètes disparus, mais parce que je vis au fond des bois dans une cabane gonflable et je ne vais jamais au cinéma.
      Alors j’imagine. Et entre nous, qu’espérer alors, d’un film qui s’appelle Trance en 2013 ?

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