Man of Steel. Kryp-Tonic.

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Faut-il aller voir Man of Steel ?

A priori, tout porte à croire que non.

Parce que Superman est le super-héros le plus chiant : sans défauts, sans humour, sans charisme, sans aspérités ni faiblesses et sans slip rouge pour l’occasion. Mais aussi parce que Zack Snyder avait déjà fait beaucoup de mal à nos rétines dans sa dernière daube, ainsi qu’à l’oeuvre d’Alan Moore dans son adaptation bancale de Watchmen.

Et puis en général, il y a longtemps qu’on a perdu confiance dans la capacité d’Hollywood à nous émerveiller, tant les produits qui en sortent préfèrent systématiquement le retour sur investissement à l’aventure artistique.

Cela étant posé, il faut savoir ce que l’on attend quand on rentre dans une salle. Personne ne vas voir Man of Steel pour sentir planer le fantôme de Bergman. Il serait donc inutile de taxer le film de brutalité excessive, de scénario convenu ou de manque de réalisme. Et non Corinne, les hommes ne volent pas. A part de temps en temps, au Carrouf, quand ils laissent la tablette de chocolat au fond du cabas à roulettes, ce qui nous écarte du sujet.

Je suis donc rentré dans la salle comme on prend la ligne 13 : sans grand espoir.

Surprise ?

Et oui surprise. D’abord, on avait presque oublié que Snyder était doté d’un vrai sens de l’image (ou d’un gros budget étalonnage). Caméras à l’épaule, effets “news” assez réussis et couleurs travaillées… contrairement à son héros, la réalisation de Man of Steel ne manque pas de personnalité. Surpuissantes, les scènes d’actions rentabilisent le ticket du spectateur en faisant exploser la moitié de l’Amérique d’une manière plutôt efficace et sauvage.

Au-delà de ça, pas grand chose, mais il faut quand même saluer un bel effort des scénaristes pour donner un peu de fond à Clark. Moins lisse que d’habitude, Superman est dessiné comme un taiseux sudiste, jamais vraiment intégré et toujours mal-rasé. Plus sexy, faute d’être passionnant.

Ensuite il y a l’éternellement plate Loïs Lane, les scènes de bagarre interminables et certaines répliques haram telles que “à la fin de ce combat, l’un de nous deux sera mort”. Ajoutons une ou deux Star Spangled Banners et un scénario un peu bancal, et ça achève de niquer l’ambiance.

Dommage pour une fois, il y avait un peu de neurone sous le latex.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Superman Begins. Si je vous le conseille, vous allez revenir pour m’engueuler. Mais si vous cherchez quand même un bon gros divertissement bas-du-front qui fait péter des trucs, celui-ci devrait largement remplir son rôle.

Maintenant ça serait quand même sympa qu’Hollywood tente d’écrire un scénario original un de ces quatre. A force de voir défiler les licences et les remakes à l’infini, on rentre au cinéma comme dans un supermaché, et on en sort aussi blasé.

 

 

4 thoughts on “Man of Steel. Kryp-Tonic.

  1. Merci de me prévenir. Comme tu es sage et percutant, je t’ai cru sur parole. Dans mon cinéma de mon pays tout pourri, y’avait que deux films, ça ou World War Z.

    Et du coup je te remercie beaucoup moins. Tu m’as forcé à voir World War Z, sa bannière étoilée (elle aussi), son placement de produit outrancier, sa scène inacceptable en Israël et sa fin toute moche.

    Saurais-tu à combien s’élève les subventions pour chaque seconde de drapeau Américain montrée à l’écran? Savoir si ça vaut vraiment le coup de pourrir autant de films avec ça.

    • Arf… Je suis en train d’écrire la critique de World War Z et j’avais oublié cette scène en Israël. J’ai décidé de pas me lancer dans l’analyse politique, où le film ne s’égare pas trop non plus, mais c’est vrai qu’on peut largement vomir du sang sur ses chaussures si on se prend à réfléchir pendant cette séquence.
      En revanche, j’ai trouvé ça un peu moins étoilé que d’habitude. J’ai du rater le drapeau cette fois. Le mec est à l’ONU, son commanditaire n’est pas ricain… Bon, disons que c’est un peu moins pourri que d’habitude, de la part d’une industrie qui s’auto-octroie l’Oscar du meilleur film presque tous les ans…
      Et pour les subventions, je pense qu’il n’y en a même pas. C’est ça qui est fou. Les mecs kiffent leur drapeau. Comme les Portugais t’sais. On pourra jamais comprendre…

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