World War Z. Guerre Vénère.

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Faut-il aller voir World War Z ?

Brad Pitt va au travail tranquilou, entouré par sa femme, ses filles et ses cheveux longs, quand soudain les zombies envahissent la planète en mangeant tout le monde. Mais pour la première fois dans un film catastrophe, ils ne font pas tomber la Tour Eiffel. Y’a plus de valeurs à Hollywood.

Je déteste les films catastrophes. A chaque fois le monde est confiné à l’Amérique, plus deux chinois, qui vivent forcément dans une yourte, et un flic héroïque qui sauve la terre et son chien, dans l’ordre inverse. C’est nul.

Cette fois c’est mieux quand même : l’apocalypse est déclenchée par des zombies sauteurs particulièrement dégourdis. Loin des morceaux de chair dégueulasses habituels, les morts-vivants sont presque jolis, mais bien plus flippants. Comme les enragés de 28 jours plus tard, ils foncent dans tous les sens comme des dingues, n’hésitant pas à se grimper les uns sur les autres pour passer les murs et déséquilibrer les hélicoptères. C’est rigolo.

L’autre innovation, c’est que le héros n’est pas seul au milieu du Texas avec sa bite et une grenade. Certes, c’est un père de famille dans la tourmente comme tout le monde, mais il est surtout agent spécial pour l’ONU.  Au lieu des sempiternels héros perdus qui font coucou aux avions, le film raconte l’histoire du côté de la résistance : James Bond de la galère, Brad Pitt fait lui aussi le tour du monde, en se crashant régulièrement au lieu d’atterrir, sans oublier de mener l’enquête sur le phénomène zombiphère.

Evidemment, le mélange se trouve vite confronté aux limites des genres mélangés : Brad trouve des laboratoires sans problème, passe des coups de fil sans recharger son téléphone et pratique aussi bien l’injection virale que le pilotage aérien et la chirurgie de guerre.

Hé quoi ! C’est ce qu’on attend d’un héros après tout. Si on avait raconté les aventures d’un gros loser comme toi à la place, il serait mort en cinq minutes en pissant sur ses sneakers.

Mais n’empêche, même en période d’anarchie post-apocalyptique, y’a pas d’excuse pour les cheveux mi-longs et gras.

En Bref : Il faut aller voir World War Z. Même si la fin est niquée par une grosse ellipse, même si une effroyable pub Pepsi gâche une scène qui aurait pu être forte et même si Brad Pitt manque globalement d’expressivité. Ce blockbuster estival remplit modestement son rôle : suspens, sursauts et zombies.

En revanche, je ne sais pas trop comment prendre la scène en Israël où les militaires accueillent tous les arabes du coin en chantant “Shalom” sur l’air des lampions. Je viens de m’en rappeler en lisant le commentaire de Pav. Mon inconscient avait dû la censurer…

Par ailleurs, message perso au type qui a volé le vélo de Doudi pendant la projection :

Bien joué !

9 thoughts on “World War Z. Guerre Vénère.

  1. Et les incohérences scénaristiques permanentes? Les sauts dans le temps ? Les thèmes importants développés qui passent immédiatement à la trappe?
    “Il faut trouver le patient originel à tout prix-ah ben en fait non” / “Oh une base sud coréenne désaffectée – tiens, un agent de la cia a survécu par miracle et nous attendait ! juste pour nous expliquer la marche à suivre, hein, on le reverra plus ensuite et on le laissera crever là” “tiens, ce jeune scientifique est notre meilleur espoir ! ah merde, il a glissé ! Bon, n’en parlons plus” non, franchement ? Pas un seul instant je ne me suis senti concerné. Tout est numérique, froid, aucunement crédible, rien n’est ressenti, palpable, et surtout tout est creux. Le dénouement arrive tout seul, tranquillement, dans une absence totale de suspense. Les trajets se font en trois minutes pour parcourir la moitié du globe. Et vas y qu’on jette une grenade dans l’avion. Et vas y qu’on fait des analogies puantes en Israel entre le mur à zombies et le mur existant réellement. Et vas y que, et vas y que…

    Je ne comprends plus. Je suis perdu. Avais tu bu ?

    • Mais le pire mon vieux Kalosystem, c’est que je peux pas te dérouler une argumentation contradictoire : les incohérences, les changements perpétuels dans les enjeux, les énormes ellipses (surtout la dernière)…
      J’ai pas envie de défendre ce film comme si c’était un chef d’oeuvre. Simplement j’suis pas mal rentré dans le bordel. Ça m’a fait marrer les zombies qui sautent partout, je me suis pas emmerdé, et j’aime un peu bien la gueule de Brad Pitt.
      Mais très franchement, pas de quoi être perdu, c’est juste le désert en ce moment. J’ai même aimé Superman. Te dire comme y’a rien à se foutre sous la dent au cinéma… Allez promis, la prochaine critique, c’est un vrai film !

    • pour la mort du brillant professeur, j’y ai vu une tentative plutôt réussie d’humour et de parodie des films du genre… Mais peut-être est-ce sur-interprêté?

      En revanche je ne vois pas pourquoi tu parles d’analogies puantes entre le mur d’Israël existant et celui du film. On voit des Palestiniens rentrer en Israel donc pas de comparaison arabes = zombies. Moi j’ai trouvé ça plutôt brillant cette manière de montrer qu’un mur n’est jamais assez haut pour protéger une population de ce que l’on craint…

      • Bien d’accord, moi ça m’a plutôt fait marrer ce scientifique qui fait des grands discours plein de charismes et qui meurt comme un con en glissant.
        En revanche, voir les Israëliens accueillir les arabes en chantant, j’ai trouvé ça un peu too much, au vu de l’ambiance actuelle dans les checkpoints.

  2. Mouais. Si je te rejoins sur le fait que c’est ce qu’on attend des blockbusters apocalyptiques hollywoodiens, n’empêche qu’on était en droit d’avoir quelque chose d’un peu plus creusé que cet enchevêtrement de scènes d’action bancal où tous les retournements scénaristiques sont avalés sans qu’on ait le temps de s’immerger dans le film.
    Et puis oser dire que ces zombies sont aussi flippants que les contaminés de Boyle, c’est une insulte au bon goût.

    Mais bon, ça reste du divertissement grand public plus qu’honorable.

    • J’aime bien insulter le bon goût. C’est quoi le bon goût d’ailleurs ? Il prend pas la ligne 9 tous les matins en tout cas.
      Je suis d’accord avec toi, y’a pas de quoi se relever la nuit, mais j’ai trouvé ça sympa, pas prise de tête, et assez réussi dans sa grandiloquence du n’importe quoi…

  3. Pingback: Pacific Rim. Deep Rim. | Le règne de l'arbitraire

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