Hijacking. Une mouche dans l’otage.

Highjacking

Faut-il aller voir Hijacking ?

Des marins sont dans un bateau, des hommes armés montent à bord. Qui reste ?

On en a vu pas mal, dans le golfe d’Aden et ailleurs. Des pirates de l’Est africain qui prennent des bateaux et leurs équipages en otages. Pas de contes  et légendes ici, pas d’îles au trésor : les flibustiers ont troqué les jambes de bois contre des kalachnikovs. Et au port, ce n’est plus l’armée du Roy qui protège ses sujets, mais des binoclards en costumes, suspendus au téléphone.

C’est sec. Pas racoleur pour un sou. UItra-réaliste. D’un côté, les membres de l’équipage et les boatnappeurs, qui tentent de cohabiter en attendant que quelqu’un paye. De l’autre, la compagnie maritime et ses négociateurs, qui tentent de gagner du temps en attendant que quelqu’un meurt.

Sec donc, car sans aucune scène d’action ou de voltige. Furieusement original aussi, car pour une fois, dans la classe des réalisateurs, le genre du thriller n’est pas laissé au gros barbu avec une casquette de base-ball qui fait toujours tout péter. En substance, le film raconte comment les films d’actions se passent, quand ils arrivent dans la vraie vie.

Et alors il n’y a pas de héros, pas d’opérations commandos et pas de braqueurs au grand coeur. Il y a des hommes assez misérables, un soleil de plomb, un peu de chaleur humaine et une grande vague de cynisme. Combien faut-il payer pour acheter des vies, s’il n’y a pas de service après vente ? C’est la question que se posent les négociateurs, tentant de faire baisser les prix, sans aucune assurance de conclure le marché.

Au bout du compte, pas de morale explicite, ni de message à sens unique. Mais une description acide, assez percutante et plutôt réussie d’un phénomène contemporain. Un bon gros poisson, plutôt fin, avec pas mal d’arrêtes.

C’est bon. Mais en y ajoutant une petite louche de sauce, ç’eut quand même été plus digeste.

En Bref : Il faut aller voir Hijacking. Malgré l’aridité qui règne dans chaque plan, malgré les petite longueurs qui émanent de l’aller-retour permanent entre ceux du bateau et ceux du port.

Le film se débrouille tout de même pour nous harnacher au siège, nous interroger sur la valeur d’une vie humaine et nous coller une grosse mandale, dans un final aussi sobre que déstabilisant.

Profond.

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