La danza de la realidad. Bienvenue Chili Fous.

Danza

Faut-il aller voir La danza de la realidad ?

Le petit Alejandro a beau être chilien, ce n’est pas un gonze à l’aise. Son père le frictionne pour en faire un macho, l’école conditionne pour en faire un facho, le parti se passionne pour en faire un coco et sa mère le cajole pour en faire une betterave.

Et fatalement ce qui doit arriver arrive : cinquante ans plus tard, Alejandro Jodorowsky fait des films bizarres.

Mais pas bizarre coolos, comme ton pote de lycée qui levait des meufs en fumant du carton. Bizarre bizarre, comme le buègue à bretelles du CM2 qui récitait Céline en bavant sur son polo. Comme dit ma pote Glorianne, chez Jodorowsky on rit surtout pour faire partir la gêne.

Mais on rit. Maman chante l’opéra pour s’exprimer, recouvre son fils de charbon pour faire un cache-cache et danse à poil pour lutter contre l’antisémitisme. C’est sympa. Mais au bout d’une heure, maman pousse sa vingtième trille en pissant sur papa pour le guérir de la lêpre. Et ce n’est que la moitié.

Dans la deuxième partie du film, Jodorowsky retourne l’histoire pour en faire une réflexion alambiquée sur Dieu le communisme, la dictature et les clowns. Ce faisant, il perd l’humour initial et les trois quarts des spectateurs. On ne s’ennuie pas vraiment, mais on ne s’éclate pas non plus. On flotte. On dérive. Un peu comme au Palais de Tokyo devant un éléphant en équilibre sur sa trompe.

Au milieu de ce marasme, quelques moments magiques : le regard d’un vieil homme sur l’enfant qu’il était, l’amour d’un autre pour le cheval de son ennemi ou la lettre, vraiment bouleversante, d’une bossue trop romantique pour ce monde de brutes.

C’est quoi le rapport ? Jodorowsky. Son égo sautillant, multi-facettes et, au final, un peu fatiguant.

En Bref : Il ne faut pas aller voir La danza de la realidad. C’est original, poétique, un peu marrant, mais c’est surtout long, foutraque et un peu vain. A la cinquantième scène d’opéra sur fond de complexe d’oedipe, on finit par se tenir les oreilles, en priant pour que les clowns ne reviennent pas non plus.

De manière générale, sans les clowns et le complexe d’oedipe, le cinéma d’auteur se porterait mieux.