La bataille de Solférino. Bi-partisme.

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Faut-il aller voir La bataille de Solférino ?

Laetitia et Vincent, c’est un peu des cons. Elle ne le laisse pas voir ses enfants pour les protéger. Il hurle et se bat pour les protéger. Elle les emmène dans la foule pour les protéger. Il appelle un avocat et son chien pour les protéger. Et ils se regardent le nombril sans se rendre compte qu’ils écartèlent leurs mômes.

Classique. A Paris c’est la mode. Sauf que cette bataille a lieu un dimanche d’élection présidentielle au milieu d’une foule de socialistes en goguette. Entre les cris de joie, la victoires et les cuites, un couple continue de se déchirer dans la douleur.

En France, le cinéma, c’est très souvent la même chose : c’est Vincent Lindon qui a une aventure extra-conjugale. A quelques détails près. Tout est normé, bavard, centré sur cinq acteurs bankables et financé par France 2. La mise en scène s’inspire d’un plateau télé et la caméra, d’un film de vacances. C’est nul.

Comme d’habitude, il faut aller du côté des fauchés pour être à nouveau surpris. Parce que c’est quand on a plus d’argent qu’on recommence à avoir des idées. En l’occurrence, celle, brillante de filmer un drame conjugal au milieu d’une vraie foule en délire, un soir d’élection présidentielle. Huit caméras, guère plus d’acteurs, un millier de figurant involontaires et une putain d’ambition, c’est tout ce qu’il fallait à la jeune réalisatrice pour enflammer les grosses ficelles du drame à la française.

Alors quoi ? Chef d’oeuvre absolu ?

Non, mais une bouffée d’air frais qui fait du bien. Et une grosse migraine aussi. Parce que dans sa volonté de faire un film en tension permanente, Justine Triet finit un peu par nous casser les couilles. Les enfants hurlent en permanence, les adultes aussi et le film se clôt par une scène d’engueulade interminable et pénible comme un coup de fourchette sur une assiette en ardoise.

Pas grave, ça faisait longtemps qu’on avait pas vu autant d’énergie dans un premier film, autant d’humour dans un drame, autant de talent dans deux acteurs.

En Bref : Il faut aller voir La bataille de Solférino. C’est inventif, explosif, juste, novateur et bien plus percutant que n’importe quelle daube avec Benoit Poelvoorde. Après, il faut accepter d’en prendre plein la gueule, de s’accrocher aux accoudoirs et de foncer tête baissée dans la médiocrité des hommes.

Et comme dit si bien mon frère Djos : “J’ai pas forcément envie de passer un heure et demie avec des cons”. Ça se tient.

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