The Conjuring. Le diable est dans le portail.

 

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Faut-il aller voir The Conjuring. Les dossiers Warren ?

C’est l’histoire d’un père absent et d’une famille fragile, qui s’installent à l’étage dans une maison qui craque. Tu veux jouer avec moi ?

J‘aime pas trop les films d’horreur. Je les trouve pas nuls, bien au contraire : ils me font peur. Et je n’ai toujours pas compris à quel moment quelqu’un a décidé que c’était un sentiment agréable. Quand l’électricité de ma cage d’escalier a sauté alors que je revenais de voir Rec, par exemple, c’était pas agréable. Passons, je frissonne.

The Conjuring réchauffe pour la soixante millième fois l’histoire du diable et de la maison hantée. Tout y passe : l’exorcisme en famille, l’allumette dans la cave, les enfants somnambules, la poupée bien flippante, les oiseau agressifs et une bonne vingtaine de portes qui claquent.

Ça marche : on se cache les yeux toutes les dix minutes, la méchante est dégueu et les violons appuient chaque effet. On sursaute à heure fixe, mais on n’est guère surpris. D’un bout à l’autre, le film exploite des poncifs tellement éculés qu’on hésite souvent entre le rire et la peur. Quand la mère tire la langue, ébouriffée comme une chèvre de Mururoa, on fronce un peu les sourcils. Les chaises montent au plafond, l’acteur principal hurle des passages de la bible en latin et Chucky revient pour la 40ème fois, mais ça fait longtemps qu’on se fend la poire.

Au fond, je ne sais pas trop si l’on doit juger les films d’horreurs comme des exercices de cinéma. Dans cette optique, ils sont rares à ne pas être profondément ridicules : la mise en scène est aussi artificielle que chez Marc Dorcel, des acteurs de seconde zone achèvent leurs carrières à coups de mimiques et tout le monde se fait tirer par les cheveux, à commencer par le scénario.

Finalement, c’est un peu comme une forme psychologique de Space Mountain. On y va entre potes pour pousser des cris et jouer les marmules, on dort de travers et on oublie le lendemain. De là à considérer ça comme un art…

En Bref : Il ne faut pas aller voir The Conjuring. A moins de vouloir faire partir un hoquet récurrent, ou de vouer un culte à l’exorciste et ses 70 000 remakes. A l’exception d’un joli plan-séquence qui passe sous un canapé, il n’y a pas grand chose dans ce vaudeville de l’horreur où les portes et les armoires occupent le rôle principal.

A l’heure où des films comme Mon âme par toi guérie galèrent pour tenir en deuxième semaine, le choix n’est pas permis. Maintenant, si c’est votre truc…

3 thoughts on “The Conjuring. Le diable est dans le portail.

  1. Cotten ! … (oui, quand je veux interpeller l’auteur, je l’appelle par son petit nom — et comme j’ai bonne mémoire, tu prends). Je réagis parce-que quand j’ai vu Rec, c’était la première fois que j’avais envie que le film se termine vite par PEUR des 10/15 dernières minutes. Moi j’trouve que le cinéma dans son ensemble arrive rarement à susciter un sentiment violent, et primaire. Sauf, justement, le cinéma de genre (qui se rate souvent, certes) ; mais là, j’ai trouvé ça assez réussi, puisque j’ai flippé. Et toi aussi, en plus ! Du coup, j’ai l’impression que souvent tu juges le genre et moins le film pour ce qu’il est, à savoir un truc rudement bien mis en scène quand même… sinon, pas mal le coup du portail. Je sais pas qui l’a trouvé, mais c’est une bonne personne.

    • Oui c’est vrai : ça fait peur, donc c’est réussi. Je pense que je ne suis juste pas fait pour ce genre de trucs. Rec était au-dessus du lot, parce que c’était vraiment très bien fait, intelligent et hypnotisant. Mais au-delà de la peur qu’il inspire The Conjuring est quand même assez con dans son scénario et ses dialogues. Donc je me dis que même en aimant la peur, on peut trouver mieux. Mais il faudra un moment avant que je retourne m’aventurer dans ces salles trop obscures…
      Quand au jeu de mot titre, c’est effectivement une très belle personne qui l’a trouvé :-)

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