Gravity. Space cake.

GRAVITY

Faut-il aller voir Gravity ?

C’est l’histoire de Sandra Bullock et George Clooney qui gravitent.

Et il faut croire que c’est génial : la critique plane, les poncifs fusent et le public affronte cette foutue ère glaciaire en faisant la queue devant les cinémas une heure avant. Hier encore, j’entendais des filles déguisées en sorcières répéter que le film est un “chef d’oeuvre”.

En fait tout dépend de ce que vous allez chercher au cinéma. Pour simplifier, nous allons classer les spectateurs en deux catégories.

1. Si vous allez chercher le spectacle, les “Ooohs”, les “Aaaahs”, les otaries qui jouent aux échecs et les jongleurs en moufles, vous serez comblés. Techniquement, Gravity est un défi impressionnant, à l’image de des précédents films d’Alfonso Cuaron aux plans-séquences interminables. Caméra flottante, ultra-réalisme, vision subjective… Le réalisateur s’est fixé des ambitions démesurés et il les atteint brillamment.

A certains moments, on a même un peu la nausée, tant le film parvient à rendre réelle les sensations de l’apesanteur. Même s’il en abuse un peu trop, Alfonso arrive parfaitement à rendre cet équilibre étrange où rien ne s’arrête jamais, et où il est foutu compliqué de s’accrocher quelque part.

A une erreur près, puisqu’au premier tiers, George se retrouve soudain repoussé par Sandra alors même qu’elle le tire. Mais bon, admettons que les lois de l’attraction gardent leur part de mystère.

2. Si les équilibristes vous laissent froid, si les chiens qui jouent au foot vous emmerdent et si vous êtes venus pour pleurer devant les clowns, vous serez déçu. Pour faire simple, si on lui enlève ses effets spéciaux, Gravity est une belle grosse daubasse.

Sandra sanglote toute seule dans un Soyouz en écoutant rigoler un turkmène, puis elle pleure à chaude larme en écoutant japper le chien, avant de s’effondrer au son d’un bébé qui babille. Sandra tremble comme un feuille avant de changer de personnalité à la vitesse lumière. Et la voilà qui fait du renforcement positif en slibard, en parlant espagnol à l’ordinateur de bord chinois.

Elle glapit, extincteur à la main : “OKAY J’VAIS PEUT-ÊTRE CREVER MAIS C’ÉTAIT UNE BELLE AVENTURE PUTAIN !” Et ça dure une heure et demie, où malgré la débauche d’effets spéciaux et d’action, on s’ennuie pas mal.  Et au finish, on en sort aussi ému qu’après une journée au Futuroscope. C’est à dire pas du tout.

Alors je veux bien que la reproduction de l’espace coûte un fric monstrueux. Mais de là à hypothéquer les neurones des scénaristes…

En Bref : Il faut aller voir Gravity. Et ouais ! Que vous soyez de la catégorie qui pleurniche devant La vie d’Adèle ou de celle qui mi-molle devant Star Wars, le film vaut le détour, parce que vous n’avez jamais vu ça au cinéma. Un peu comme Picasso : c’est intéressant de le voir, même si en vrai c’est moche.

A vous de décider si la technique prévaut sur l’émotion. Moi j’ai beau avoir de la considération pour le mec qui réussit à peindre des portraits de Tony Blair avec sa bite, je n’irai pas jusqu’à dire que ses oeuvres me bouleversent.

11 thoughts on “Gravity. Space cake.

  1. Cot, si la station à laquelle ils étaient accrochés est en train de tomber, ya moy qu’elle accélère. Et donc ya moy que Georges ne suive pas l’accélération : c’est Sandra qui part avec la station et Georges qui reste sur place. Le capilotractage du jour.
    Jean michel relou.

    • Alors admettons, mais puisque Sandra tire Georges avec la corde, il devrait être lui aussi attiré par Sandra, elle-même attirée par le satellite qui tombe non ? La elle tire et lui il s’en va (ou reste immobile).
      Ma théorie c’est que Georges vient de voir le film avec les meufs flics débile et il sait que Sandra c’est une relou (ce qui se vérifie dans la suite du film). Du coup il fait semblant de plus avoir de gaz MAIS EN FAIT il donne des petits coups en scred pour s’en aller tout seul pépère écouter de la country au-dessus du Gange.
      Do you copy ?

      • Nan, en fait dans l’espace tout se casse la gueule en permanence. C’est le principe d’une orbite: immobile dans l’espace, tu tomberais comme tout un chacun sans trop te poser de question (cf. Felix Baumgartner) par contre a 28 000 km/h parallele a la surface du sol, ta chute depasse la courbure de la terre et donc tu te retrouves de l’autre cote, toujours en chute libre mais reparti pour un tour. Si t’as lu jusque-la t’es un gros geek. Donc l’explication de Corentin est physiquement et humainement largement plus plausible. Et franchement c’est pas moi qui vais en vouloir au vieux Georges. Sorry pour le qwerty et le comment sur un article vieux de 2 ans.

  2. Le satellite tourne sur lui-même (si tu fais attention à la caméra, on voit ce mouvement de rotation par rapport à la Terre). Les deux sont expulsés vers l’extérieur par la force centrifuge. Quand Clooney lâche Sandra Bullock, le fait que sa masse disparaisse amène une poussée vers l’intérieur pour Bullock. Absolument aucune contradiction par rapport aux lois de la physique et au reste du film.

  3. Toi qui es un chantre du “au final c’est toujours le scénario qui gagne dans un film”, je me demandais comment tu allais t’en sortir avec cette critique.
    De la seule manière possible manifestement. Je ne crois pas qu’on puisse juger ce film sans dissocier le fond de la forme.

    Donc complètement d’accord avec toi. J’ai vu ce film plus comme une expérience visuelle que comme un film.

    Par contre, je ne suis pas trop d’accord sur le fait qu’on s’ennuie. J’ai quand même été plus d’une fois un peu tendu sur mon siège (“bordel tu vas le choper ce putain de cable ?”)

    Sinon la dernière scène est un peu nunuche et ridicule.

    • C’est toujours le scénario qui gagne, même si c’est cool quand la caméra passe dans l’anse d’une cafetière.
      Fouah, la fin, avec les algues… Il ne manquait qu’une poursuite avec un crocodile pour que le ridicule soit assumé.
      Sinon je me suis un peu ennuyé dans le Soyouz, avec les chiens, les bébés, la vodka. Et c’est surtout le moment où tu prends vraiment conscience que le film ne va nulle part, contrairement à ce que semblaient indiquer les tas de critiques élogieuses et la queue de 800 personnes devant le ciné…
      Quelle déception ce film.

  4. C’est vrai, si on oublie le scénario et tout les coups de poker qui se déroule tout le long du film, c’est que du bon car visuellement y’avais du boulot et j’ai bien aimé !
    (sauf quand un mec prenait du pop-corn alors que c’est le calme plat dans l’espace …)

    Sinon … la scène dans le Soyouz, c’était trop pour moi. Elle est totalement désespéré, prêt à mourir en faisant le chien chien ! Mais nan, dédoublement de personnalité et là c’est fini, viens que j’te prenne l’extincteur et bim j’atterris sur la station chinoise “LIKE A BOSS” !

    Franchement, j’suis un peu déçu qu’elle ne soit pas tombé en plein milieu de l’atlantique ou dans un marécage bien sale et qu’un Alligator passe aussi dans le coin. Mais non …

  5. Pingback: Birdman. Oiseau de malheur. | Le règne de l'arbitraire

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