Snowpiercer. Rail de poudreuse.

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Faut-il aller voir Snowpiercer ?

C’est l’apocalypse. Le monde est un grand congélo ou les boîtes de conserves font la queue leu-leu autour du monde. C’est un train. A l’extérieur, tout le monde est mort, à l’intérieur tout le monde est moche.

Ça commence comme un film catastrophe classique à petit budget. A l’arrière du train, les pauvres fourbissent leurs clefs à molette pendant que les riches s’envoient des sushis dans la locomotive. Ça va chier. Mais on n’est pas accroché au siège pour autant. Classique, pas trop mal cadré et pas hyper bien écrit, le film avance.

Et puis il déraille.

Je préfère laisser la surprise à ceux qui auront le courage d’y aller. Mais pour faire simple, disons que le réalisateur se permet tout, à commencer par n’importe quoi. Le sérieux côtoie le ridicule, l’action se pare d’absurde et, jusqu’au bout, on fronce tellement les sourcils que ça fait mal aux cheveux.

Au milieu des poissons qui glissent, des dentiers qui tombent et des enfants qui hurlent, les héros partent totalement en couille dans un déchainement de violence assez ahurissant. Au départ, on trouve ça nul. Ensuite on ne pense plus rien, fasciné par la capacité du réalisateur à exploser absolument toutes les conventions du genre.

Dans un final presque sobre, le film retombe sur ses pattes avec une agilité qui tient presque du génie, en donnant une forme de cohérence à son propos. C’est hardcore, ultra-cynique, politiquement incorrect et, contre toute attente, très malin. Lors de sa conclusion, grandiose, le film parvient même à atteindre une forme étrange et naïve de poésie.

J’en ai encore la mâchoire de travers.

En Bref : Il faut aller voir Snowpiercer. Quelque part entre la grosse farce, la métaphore politique et la fable épique, ce film baroque est la parfaite symbiose entre un nanard et un chef d’oeuvre.

L’ensemble vous filera probablement la nausée et un ou deux virus icosaédriques, mais c’est surtout le blockbuster le plus libre et barré que vous verrez cette année. Au milieu des montagnes de scénarios normés livrés par Hollywood, ce Transperceneige est une bulle d’air salutaire (mais salement chargée en THC).

3 thoughts on “Snowpiercer. Rail de poudreuse.

  1. Ah ben c’est marrant, moi j’en suis restée à “c’est nul et hyperviolent”. J’ai rarement autant eu envie qu’un film s’arrête. Et la fin m’a pas plu du tout, je trouve que ça cadre pas avec le reste. Bref, pour moi c’est bancal d’un bout à l’autre.

    Et en plus, ils zigouillent mon perso préféré. Bouh ! :(

  2. Des acteurs américaines, une production américaine, et pourtant ça ne ressemble à rien de ce qui peut sortir de ce pays là. Ça part dans tous les sens, ça ne respecte rien et bordel qu’est ce que ça peut faire du bien.

    Et ces 30 secondes de calme et d’observation qui précèdent une scène d’action hallucinante de violence mais sacrément belle sont particulièrement chargées, particulièrement bienvenues.

    La métaphore est un peu lourde, mais comme tu dis, ça retombe sur ces pattes, et le film réalise l’exploit d’être à la fois barré et cohérent.

    C’était un chouette moment, dont tu ressors épuisé et content.

    J’ai capté après coup que le réalisateur avait déja fait Mother et the Host, deux films assez uniques en leur genre et qui valent très largement le détour. La bande annonce de The Host est d’ailleurs, disons, surprenante, et infiniment drôle.

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