The Lunchbox. Ciel, mon curry !

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Faut-il aller voir The Lunchbox ?

C’est l’histoire d’une rencontre en boîte. Sur un malentendu, une femme délaissée par son mari décide de cuisiner pour un autre.

Je suis de plus en plus en retard sur les critiques. Il va falloir que je décide entre abandonner mon travail ou ce blog si ça continue. Mais vos commentaires seront-ils suffisants pour me nourrir ?

La nourriture, c’est justement le sujet du film. Ou plutôt, la transmission de l’amour par le transit, et le rôle de l’aubergine comme vecteur sentimental. Tout cela est indien, vous l’aurez compris, ce qui vaut toujours mieux que deux “tu l’auras”.

A priori, le pire est à craindre. Vous aurez déjà eu l’occasion de vous scandaliser devant mon imperméabilité aux merveilles de l’Inde, si on rajoute le romantisme mièvre et la bouffe, il n’y a pas de quoi sortir les lunettes 3D.

En fait, The Lunchbox montre que le cinéma indien a pas mal évolué depuis les danseurs argentés et les love-stories rose bonbon. Enfin je crois. Enfin j’en sais rien. On s’en fout. Mais en tout cas, le film ne manque certainement pas de finesse dans sa description sentimentale des personnages.

Un peu convenue, cette histoire d’amour culinaire est portée par des dialogues intelligents,  et des comédiens au niveau. C’est joli. Assez simple. Un petit peu chiant. Mais plutôt fin. Et faim aussi, pour peu que vous regardiez le film le ventre vide.

Bien mise en scène, la rencontre des deux héros qui ne se rencontrent pas (tu comprends pas ? Normal, c’est pour pas spoiler) fait penser à la plus belle chanson de Serge Reggiani.

En Bref : Il faut aller voir The Lunchbox. Surtout si on a un peu la dalle. Le film réchauffe les papilles, et rajoute juste assez de guimauve pour faire saliver le spectateur sans l’écoeurer.

Non mais sans déconner quoi. Est-ce que quelqu’un réussit encore à filer les métaphores sans être ridicule en 2014 ? Foutue crise.

Nymphomaniac Volume 1. Nympho en continu.

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Faut-il aller voir Nymphomaniac Volume 1 ?

C’est l’histoire d’une fille qui baise tout ce qui bouge en attendant de faire l’amour.

J’aime pas beaucoup Lars Von Trier. La provoc’, parfois nauséabonde, les relents de misogynie, le dogme… Surtout que tout ce décorum ne donne pas que des chefs d’oeuvres : Dogville et son concept prétentieux, Dancer in the dark et sa tirade tire-larme ou Le Direktor et ses bonnes idées creuses.

C’est pas mauvais, parfois intelligent, mais loin d’être aussi brillant que, par exemple, un lustre. C’est brouillon, pas toujours bien filmé et souvent trop long.

J’étais pas hyper enthousiaste à l’idée de voir ce mec filmer de la fesse en y rajoutant de la métaphysique pour les nuls. Et de fait, il y a quelques moments un peu cons, dans la première partie de Nymphomaniac, au premier rang desquelles se trouve une explication boiteuse de la différence entre antisionisme et antismétisme, (hyper bienvenue de la part d’un mec qui fait des vannes douteuses sur Hitler).

Plus douloureuse, une scène en noir et blanc aligne les métaphores sur les feuilles, la paternité, le sexe et le caca. C’est assez laid, guère intéressant et écrasé sous une symbolique assez lourde.

Alors quoi ? Nanard ?

Pas du tout ! A l’exception des moments sus-cités, Nymphomaniac est une perle de coco. Chaque plan cache une idée, chaque idée cache une vanne et quelques unes d’entre elles ne sont pas dépourvues d’intelligence.

Loin du pensum auteuriste, Von Trier donne l’image d’un cinéaste qui fait des films pour se marrer. Le sexe se mélange à la pêche à la mouche, aux calculs quantiques et aux suites de Bach dans une multiplication de procédés délirants.

C’est pas toujours brillant, mais c’est cool, souvent drôle, ludique, et loin d’être idiot.

Fable morale, sans être donneuse de leçons, l’histoire raconte simplement les peines d’une fille qui cherche l’amour. Plus compatissant qu’agressif, Lars Von Trier jette son personnage dans la boue, pour mieux le sauver ensuite. En attendant, le volume deux, le jugement est suspendu, mais pour l’instant, j’ai presque l’impression que le mec est humain.

Comme quoi…

En Bref : Il faut aller voir Nymphomaniac Volume 1. C’est malin, c’est puissant et moral, sans être moraliste. En gros c’est le film que voulait faire François Ozon en ratant Jeune et jolie.

Et par ailleurs, il y a une fin puissante et l’un des meilleurs démarrages de film que j’ai vu depuis un an, une musique radicale et une scène de couple avec Uma Thurman qui sera peut-être assez culte dans dix ans.

J’aimerais dire “vivement la suite”, mais en vérité, je flippe…

Top 10. Les meilleurs films de 2013.

Ouais je sais, tout le monde a oublié l’année passée, toutes les discussions de top ont déjà eu lieu et j’arrive à la rame dans un grand lac vide. Et pourtant j’ai fait vite : ce top est déjà prêt depuis plusieurs semaines. En revanche, je suis infoutu de le ranger dans l’ordre sans déclencher des guerres civiles dans ma tête.

Car cette année, il y a eu pléthore de bons films, mais il y a surtout eu beaucoup de génies casse-couilles. Fossoyeurs des classements, leurs films sont facilement reconnaissables : excellents et interminables, formidables et ratés, donc impossibles à classer.

Finalement, la seule chose qui fait consensus cette année, c’est qu’elle a marqué le grand retour de Robin Wright qui opère un joli doublé dans le classement, sans avoir à se déguiser en princesse.

De manière générale, c’est un classement d’actrices. De Jessica Chastain à Céline Salette, en passant par Nell Cattrysse et l’inévitable numéro un de ce classement, la plupart de ces films sont portés par les femmes. Nous leur faisons un bisou.

Assez parlé, le top. Et que les haters se déchaînent. En ce moment, j’ai la cote.

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10. Snowpiercer

Le film le plus boiteux de l’année. Quelque part entre l’horrible et le sublime, l’idiot et le subtil, l’amiante et le sushi. Une chevauchée fantastique sous acide, d’une liberté folle et d’une ambition démesurée. Boum.

9. Zero Dark Thirty

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Ça m’emmerde de le dire, mais le film tabasse. Malgré les innombrables clichés inhérents au genre, malgré les Tam-Tam dans le désert et les bravos dans le charlie. Le déroulement est asphixiant et la fin déboîte.

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8. The Master

Paul-Thomas Anderson est un génie casse-couille. Pourquoi ferait-il plus court ? Pourquoi aiderait-il la compréhension ? En cinq plans, il ringardise 200 réalisateurs. Quel enfoiré…

7. Alabama Monroealabama_monroe_600

Comme l’année dernière, un film flamand est dans le top 10. Tout y est. Des cow-boys, des tatouages et des tumeurs. Des larmes, de la joie et du bluegrass. La vie.

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6. Syngue Sabour

Politique, militant, poétique et merveilleux. Un film hardcore, vénère et déchirant qui se passe dans une pièce avec une actrice. Vous dire à quel point Golshifteh Farahani est surdouée.

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5. La Grande Belleza

Des moments de grâce à chaque seconde, une poésie à faire fondre la pellicule et une mise en scène symphonique et grandiose. Sans sa fin interminable, le film aurait gagné quatre places sur cette page. Dommage.

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4. Perfect Mothers

Dans un décor paradisiaque, deux milfs en bikini se tapent leurs fils sur la plage. Ce n’est pas horrible, ce n’est pas graveleux, ni amoral ou réactionnaire. C’est simple, c’est beau, c’est chaud. C’est disco.

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3. Le Congrès

Perturbant, intelligent et visionnaire, le film le moins vu de l’année est aussi le plus génial. Filmé/dessiné par Ari Folman, Le Congrès se permet même d’être un peu chiant, et d’arriver troisième quand même. Vous dire comme la fin décolle la rétine.

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L’amour, la mort, la moto. Et l’alcool un peu aussi. Un mec mal rasé dans une caravane. Et de la beauté dans chaque mot, chaque plan, chaque note.

1. La vie d’Adèle

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Tout le monde est en overdose, les débats, les polémiques, le cul, les bites, les pâtes, les huîtres, les hauts, Léa… Tellement de bruit qu’on a tous oublié l’énorme coup de boule reçu en septembre. Au-dessus du lot, presque hors catégorie, la Palme d’or est une décharge d’émotion dans les poumons, une fracturation de la rétine, qui laisse exsangue, un peu paumé. Comme l’amour. Chef d’oeuvre.

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En attendant vos hurlements et vos classements persos, j’aimerais tout de même faire une bise aux comédies de l’année Queen of Montreuil et 9 mois ferme. Mes respects aux grand Spielberg et au futur grand Nichols et à l’inégal Tarantino. Et une mention spéciale à la belle ambition des Apaches.

Bisous mes lézards et que l’année 2014 vous soit douce.

Fruitvale Station. Oscar-teaser.

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Faut-il aller voir Fruitvale Station ?

“- Bob j’ai envie de gagner un Oscar !

– Reste tranquille Ryan, t’as fait cinq courts-métrages et t’as un oeil, mais les Oscars c’est pour les grands.

–  Les Oscars c’est pour les mecs malins. Regarde The Artist, tout le monde savait que c’était un peu naze, mais le frenchy a bien vendu son truc. C’est juste une question de timing, c’est du marketing artistique. Après Harvey Weinstein rachète les droits de ton film, refait les piscines de la moitié des électeurs, et bim, t’as l’Oscar !

– Bon, après tout, Shakespeare in love a gagné. C’est quoi ton pitch ?

– Fruitvale ! L’histoire du mec qui s’est fait tuer par les flics.

– Y’a rien, le mec était membre d’un gang, il a provoqué le gang d’en face, les flics ont tiré une balle de trop, so what ? C’est l’Amérique mec. De toute façon ça dure trois minutes. T’as pas de film.

– Justement ! On commence par montrer le mec qui meurt, et après on raconte sa journée. Comme ça c’est hyper intense, plein d’émotion. Genre le mec va acheter des crevettes et toi TU SAIS qu’il va crever. Après il… chais pas il va prendre de l’essence, mais toi tu sais que c’est la dernière fois qu’il en prend. Hyper intense.

– Mais c’était un dealer, un ex-taulard, il avait un gang…

- Mais on lisse Bobby ! On à qu’a inventer qu’il décide d’arrêter de dealer pile ce jour-là. Et son gang c’est des déconneurs en fait, ils écoutent du son, ils font des vannes et ils sont pas homophobes.

– On va s’emmerder non ?

– Mais non parce qu’on va faire des références au futur. Le mec joue avec sa fille, qui veut lui faire un dernier câlin, et elle lui dit qu’elle a un mauvais pressentiment. Et puis sa mère le convainc de prendre le métro au dernier moment. Et on en fait un type bien, qui sauve les chiens, qu’est gentil avec sa mère, qui traite sa meuf comme une princesse… Plus le type est gentil, plus les gens vont chialer.

– C’est de la prostitution Ryan. Mais je dois reconnaître que ça sent l’or. Il s’appelle comment ton mec ?

– Oscar.”

Fruitvale Station a gagné deux prix à Sundance, un à Cannes et deux autres à Deauville. Harvey Weinstein vient de racheter les droits de distribution. Mais les Oscras n’en ont pas voulu.

Continue Ryan, il reste pas mal de faits divers à exploiter.

En Bref :

Il ne faut pas aller voir Fruitvale Station. Pour l’instant, c’est le pire film que j’ai vu en 2014. Sous forme d’hommage vibrant, le premier long-métrage de Ryan Coogler utilise la mort d’un mec pour baver du pathos, racoler nos émotions et voler des récompenses.

Dégueulasse.

Suzanne. Usée.

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Faut-il aller voir Suzanne ?

Suzanne fait des conneries. Elle saute des repas, puis des inconnus, et puis des barrières de police. Et à chaque fois, elle retombe sur les épaules de sa petite soeur et sous le regard désespéré de son père.

C’était au cinéma l’année dernière, alors je vais pas jouer le suspens. Comme l’a dit la critique et à peu près tout le monde, Suzanne est un film qui a tout pour plaire. L’actrice principale et ses partenaires sont justes d’un bout à l’autre, la réalisation est racée, la musique est belle et la lumière est douce.

Jeune espoir de la réal française, Katell Quillévéré n’est pas seulement bretonne, mais également très talentueuse et pleine de finesse. Son film parvient à survoler chaque lourdeur, chaque leçon de morale et chaque crise de larme sans trébucher. Tout est dans l’ellipse, dans l’immédiat et le non-dit.

Au milieu de son épopée, la réalisatrice atteint même quelques moments de grâce : un baiser sous un pont, d’autres, en plan très large et puis une mère un peu paumée qui marche à côté de son fils.

Chef d’oeuvre alors ? Lampions ?

Non. Parce que dans cet océan de légèreté, on manque peut-être d’un peu de terre pour s’accrocher, un peu d’humain, d’émotion même. Parce que la petite Suzanne commence par nous émouvoir, mais finit franchement par nous saouler. On ne sait pas bien où elle va et finalement, si le film fait l’éloge de sa liberté ou la dénonciation de son égoïsme.

“Les deux”, nous répondra sans doute Katell. Oui mais voilà, il faut trancher Katell. Parce qu’on ne fait pas de chefs d’oeuvre sans prendre parti. “M’en fous, rétorque Katell, j’ai fait Ciné Sup à Nantes et toi t’as pas été pris”.

T’es dure Katell.

En Bref :

Il faut aller voir Suzanne. Parce que c’est beau, intelligent et libre. Mais il manque une étincelle pour que l’histoire de cette jeune fille nous bouleverse. Sans doute parce que le personnage manque un peu trop d’humanité pour qu’on s’y attache.

Mais à coup sûr, il faut garder Katell Quillévéré à l’oeil. Comme tout le reste du casting d’ailleurs.

Le loup de Wall-Street. Re-Loup.

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Faut-il aller voir Le loup de Wall Street ?

C’est l’histoire de l’Amérique. Au milieu, il y a un tas d’argent. Assis dessus, il y a Jordan Belfort. Escroc égoïste, junkie allumé et pervers narcissique, Jordan Belfort est surtout milliardaire, charismatique et malin. Est-ce que c’est bien ?

Non c’est pas bien, répond Martin Scorsese. Jordan Belfort est un personnage hideux, qui caricature les pires travers de l’Amérique et de l’homme en général : une obsession pour le fric comme un but en soi, une volonté farouche de baiser les autres, et accessoirement, les femmes de ses potes. Bref, derrière son costume à 3000 dollars, Jordan Belfort est un voyou comme les autres.

D’ailleurs ce n’est pas un hasard, si après 50 films sur les gangsters, Scorsese se met à filmer les financiers. A se demander s’il y voit une différence d’ailleurs, tant il semble faire le même film à chaque fois. Et comme d’habitude, il stylise, il ralenti, il musicalise et il romantise des minables. A se demander, justement s’il n’est pas un peu trop fasciné par leur vie pour y apporter un regard critique.

Très bien. Le dernier truc qu’on avait envie de voir, c’est un film moraliste sur les vilains traders. A la place Scorsese tente de raconter, non sans l’envier, la vie d’un homme qui accède à tous ses désirs. La question pourrait être intéressante : peut-on être heureux en faisant tout ce qu’on a envie de faire ? Le bonheur est-il la somme des plaisirs ?

Faute d’y répondre, l’autre New-Yorkais à lunette orchestre un véritable déluge visuel et sonore, ponctué de scènes cultes (Matthew MacConaughey, au somment de son art), de dialogues fantastiques (le cours de marketing de Jordan, associé à un mime explicite) et de scènes franchement insupportables (le reste). Plus rare, Martin va même jusqu’à sortir les violons lors d’un énième discours de Léo, qui fait plus que friser le ridicule (volontairement ? j’espère).

Et puis voilà.

Dans ce grand bordel, le propos se perd en route. Il ne reste que du brouhaha. Et au bout de trois heures de coke et de putes qui tournent en boucle, on finit par se demander si le projectionniste endormi, n’a pas laissé la bobine refaire un tour.

Dommage, avec une heure de moins, c’était le meilleur film de Scorsese.

En Bref : Il faut aller voir Le loup de Wall Street. C’est un rouleau compresseur de cinoche, qui avance à vue, dans le bruit et la fureur. Complaisant, sans doute, un peu vain sûrement, mais à 71 ans, Martin Scorsese parvient tout de même à faire entrer deux ou trois scènes dans l’histoire du cinéma.

Un jour, ça serait quand même bien qu’il réussisse un film en entier.

 

Tel père, tel fils. Le divise enfant.

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Faut-il aller voir Tel père, tel fils ?

Comme son nom l’indique, Ryoata est architecte. Sa première oeuvre, c’est son fils. D’ailleurs, il lui dit souvent de se tenir droit et d’être dur. Quand Ryoata apprend que son enfant a été échangé contre un autre bébé à la maternité, tout s’explique. Il comprend mieux pourquoi celui qu’il croyait être son fils est gentil, alors que lui est un sale type.

Je n’ai pas trop souvenir de La vie est un long fleuve tranquille, mais autant que je me rappelle, c’est une grosse farce un peu lourde avec un pitch intéressant. Partant de la même idée, Hirokazu Koreeda a décidé de prendre le chemin inverse. Lent, profond et sans cliché, Tel père, tel fils se pose la question pour de vrai : si lorsqu’il a six ans, on vous apprend que votre fils n’est pas votre fils, vous faites quoi ?

Qu’est-ce qui prime dans le fait d’être parent : le sang ? L’éducation ? La relation qu’on a, ou celle qu’on créé ? Et quand bien même : a-t-on vraiment envie d’avoir une réplique de nous même en guise de fils ?

Quand Ryoata rencontre sa véritable progéniture, il trouve un petit con, en guerre contre son nouveau père, malpoli et fugueur. Sa réplique exacte. Un garçon qui, comme lui, aurait été plus heureux en grandissant dans une autre famille. Alors faut-il vraiment le rapatrier, pour reproduire un nouveau gros con d’architecte ?

Vous comprenez rien ? C’est pas grave, c’est deep. Le réalisateur va gratter le fond de nos âmes, sans s’embourber dans un discours moral casse-burne ou une analyse sociologique à deux balles. Le tout dans un cadre élégant, parfaitement mis en scène et joliment écrit.

Alors pourquoi je ne vais pas dire que c’est un chef d’oeuvre ?

Probablement parce que c’est un tout petit peu chiant, mais surtout assez froid. Le personnage principal est fondamentalement antipathique, le jeu de sa femme sonne un peu faux et, au final, c’est ce manque d’humanité sépare un beau film d’un film bouleversant.

Dommage, à quelques jours de mon top 10 de l’année, il est pas passé loin.

En Bref : Il faut aller voir Tel père, tel fils. Parce que c’est beau, intelligent, élégant. Un peu à l’image du personnage principal, parfait sous toutes les coutures, au risque d’être un peu terne à la surface. Et c’est aussi pour ses aspérités que l’on aime un film.

Malgré tout, ça fait plaisir de voir le film que Chatillez aurait fait, s’il avait été bon et japonais. J’aimerais bien voir ce que Koreeda fera avec Tati Danielle.