Fruitvale Station. Oscar-teaser.

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Faut-il aller voir Fruitvale Station ?

“- Bob j’ai envie de gagner un Oscar !

– Reste tranquille Ryan, t’as fait cinq courts-métrages et t’as un oeil, mais les Oscars c’est pour les grands.

–  Les Oscars c’est pour les mecs malins. Regarde The Artist, tout le monde savait que c’était un peu naze, mais le frenchy a bien vendu son truc. C’est juste une question de timing, c’est du marketing artistique. Après Harvey Weinstein rachète les droits de ton film, refait les piscines de la moitié des électeurs, et bim, t’as l’Oscar !

– Bon, après tout, Shakespeare in love a gagné. C’est quoi ton pitch ?

– Fruitvale ! L’histoire du mec qui s’est fait tuer par les flics.

– Y’a rien, le mec était membre d’un gang, il a provoqué le gang d’en face, les flics ont tiré une balle de trop, so what ? C’est l’Amérique mec. De toute façon ça dure trois minutes. T’as pas de film.

– Justement ! On commence par montrer le mec qui meurt, et après on raconte sa journée. Comme ça c’est hyper intense, plein d’émotion. Genre le mec va acheter des crevettes et toi TU SAIS qu’il va crever. Après il… chais pas il va prendre de l’essence, mais toi tu sais que c’est la dernière fois qu’il en prend. Hyper intense.

– Mais c’était un dealer, un ex-taulard, il avait un gang…

- Mais on lisse Bobby ! On à qu’a inventer qu’il décide d’arrêter de dealer pile ce jour-là. Et son gang c’est des déconneurs en fait, ils écoutent du son, ils font des vannes et ils sont pas homophobes.

– On va s’emmerder non ?

– Mais non parce qu’on va faire des références au futur. Le mec joue avec sa fille, qui veut lui faire un dernier câlin, et elle lui dit qu’elle a un mauvais pressentiment. Et puis sa mère le convainc de prendre le métro au dernier moment. Et on en fait un type bien, qui sauve les chiens, qu’est gentil avec sa mère, qui traite sa meuf comme une princesse… Plus le type est gentil, plus les gens vont chialer.

– C’est de la prostitution Ryan. Mais je dois reconnaître que ça sent l’or. Il s’appelle comment ton mec ?

– Oscar.”

Fruitvale Station a gagné deux prix à Sundance, un à Cannes et deux autres à Deauville. Harvey Weinstein vient de racheter les droits de distribution. Mais les Oscras n’en ont pas voulu.

Continue Ryan, il reste pas mal de faits divers à exploiter.

En Bref :

Il ne faut pas aller voir Fruitvale Station. Pour l’instant, c’est le pire film que j’ai vu en 2014. Sous forme d’hommage vibrant, le premier long-métrage de Ryan Coogler utilise la mort d’un mec pour baver du pathos, racoler nos émotions et voler des récompenses.

Dégueulasse.

6 thoughts on “Fruitvale Station. Oscar-teaser.

  1. d’habitude t’écris des trucs pas mal, mais alors là j’ai rarement lu un truc aussi con.
    “ni snob ni beauf” t’es sûr ? là tu tombes bien bas du haut de ton arrogance maladive

    • Damned Clara, ça c’est de la punchline !
      Mais parlons des faits : tu ne trouves pas ça malhonnête de transformer le mec en héros pendant une heure et demie (aide sa soeur malgré ses problèmes d’argent, aide sa maman, arrête la drogue, sauve le chien, rigole avec fifille, négocie l’entrée des toilettes, aide la petite blonde à cuisiner les crevettes, file même un bout de shit gratuit à son copain chinois et traite sa meuf comme une princesse).
      Tout ça sans une once de recul, avec des multiples passages lourdissimes type “t’en va pas papa I gotta bad feeling about this”, “prend le métro c’est plus sûr” et toute la famille apeurée dans l’hôpital. Alors qu’on sait tous que le mec meurt à la fin, à cause des vilains flics fachos.
      Utiliser la mort d’un type pour jouer les héros de la bonne conscience, caméra au poing ? C’est ça le cinéma engagé ?
      Moi je trouve ça racoleur, tire-larme voir carrément dégueulasse. Mais je veux bien entendre tes arguments, si tu parviens à viser au-dessus de la ceinture.

  2. Parfaitement d’accord avec clara, aucune nuance dans ton propos et pour le coup c’est toi qui vise sous la ceinture. C’est bien toi qui a rédigé la description de ton blog non?… bref

    Contrairement à ton intro qui t’as servi à vomir sur le film, il n’est même pas nominé aux oscars alors sur quoi tu t’es basé pour justifier ce déluge de mauvaise fois qui te fait dire qu’il cherche la nomination à tout prix ?
    En revanche, le film est nominé dans des festivals de films indépendants, reçus plusieurs prix (jury, public…) et Coogler réalise son tout premier film. Tu crois vraiment que le type espérait ne serais-ce qu’être nominé pour les oscars ?

    Tu taxe le film d’être larmoyant, et tout un tas de conneries… mais tu devrais t’intéresser au contexte qui lie un réalisateur à son film. A ceux que ça intéresse, sachez que Coogler était originaire du même quartier que Oscar Grant la victime. Alors que le type se fait lyncher par les médias, après être un peu mort quand même(…), Coogler a voulu redonner un peu d’humanité à ce type de son age auquel on peut comprendre qu’il se soit identifié.

    Je crois pas que ce film soit racoleur mais ton “analyse” l’est parfaitement.
    Je viens de comprendre que c’est pas sur ton site que je saurai quoi penser d’un film. Continue à faire enfler ton bulbe et tirer sur les ambulances si tu veux mais c’est pas très digne…
    Bon sinon t’as raison ça fait “ni snob ni beauf”, mais carrément ignorant et incompétent. Allez tcho!

    • Salut Lapin,

      Je suis ignorant, sans nulle doute. Et incompétent, très certainement. En l’occurrence, je connais un peu le cinéma, sans être un érudit et je ne prétend avoir aucune espèce de “compétence” dans la critique. D’ailleurs, je me méfie des gens qui prétendent le contraire. Quant à être digne… Mon dieu, non, ce n’est pas la bonne adresse.

      Moi je pense que la critique doit être sincère, marrante, percutante et provocatrice de débats. Je ne pense pas qu’elle doive être cultivée, intelligente et certainement pas digne. Et d’ailleurs, je me fous pas mal de savoir si le réalisateur s’identifie à Oscar.
      En fait, c’est même son erreur principale : vouloir sauver un personnage, à tel point qu’il en dresse un panégyrique totalement gaga, manichéen et jamais crédible. Tire-larme justement, car d’un bout à l’autre on sent le jeune réalisateur qui veut faire pleurer les foules sur le destin (triste, il est vrai) de son héros.

      Mais on ne fait pas de grands films avec des bons sentiments, on fait du cinéma avec ses tripes sans se soucier de manipuler les masses. Sinon c’est de la pub.

      En revanche, je plaide coupable face à l’une de tes accusations : bien-sûr, quand je dis que le mec fait son film exprès pour avoir l’Oscar, je suis de mauvaise foi. C’est de l’ironie, comme dans tous les autres articles d’ailleurs. Et a vrai dire, je ne pensais pas qu’il y aurait des lecteurs pour le prendre au premier degré.

      Garde la pêche. Et reste digne ;-)

      • Mouais … Ca tient pas vraiment la route d’après moi. Tu peux poser ces mêmes arguments à n’importe quel film qui va susciter de l’émotion. Tu décides de t’en prendre à Coogler c’est ton droit mais ça fait un peu capricieux et gratuit. Du coup je vois pas la cohérence de tes avis.
        Surtout quand tu décides que ça passe par exemple pour Casse Tête Chinois (“chargé de tendresse, de mélancolie et d’espoir”, sérieux!?!? sans déconner c’est too much… ).
        Enfin bref, je suis pas l’avocat de Coogler, j’ai trouvé Fruitvale Station pas mal et prometteur pour un premier film.

        Lapin peut-être, mais moi je suis pas prêt à faire le tapin en faisant dans l’extrême pour racoler les commentaires ;)

        • Bien vu !

          C’est vrai que Klapisch n’est pas le champion du monde de la finesse. Mais je reste ému par le parcours de ce jeune père dans la galère, ça reste toujours plus fin que de faire mourir un mec bien. Mais ça nous renvoie surtout à notre subjectivité : je peux tout à fait entendre que l’on trouve Casse-tête casse-couille.
          En terme de mise en scène, Fruitvale n’est pas honteux. C’est plutôt bien filmé, pas trop mal joué (ni trop bien, faut dire) et la scène finale est bien gaulée. Mais j’ai dit ce que je pensais du fond et des multiples procédés, que je persiste à trouver malhonnêtes au dernier degré.
          Ma critique aussi dis-tu ? Bien-sûr, seul l’art est difficile, je ne te l’apprends pas. Capricieux, peut-être, et gratuit sûrement. Ce blog ne me rapporte rien, évidemment.

          De là à “faire le tapin à l’extrême pour racoler des commentaires”, tu supposes que je suis à la recherche de réactions comme les tiennes et celles de Clara. C’est pas le but du Règne non.
          Mais pour être honnête, c’est vrai que ça me fait marrer : voir deux jeunes gens bien élevés et probablement sympathiques se laisser griser par l’anonymat d’internet au point d’insulter un inconnu sous prétexte qu’ils ne sont pas d’accord sur un film, c’est fascinant. L’impression de voir l’âme humaine se libérer du poids des autres pour revenir à sa vraie nature. Un peu comme la place de l’Etoile, sans les voitures.

          La poésie.

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