La Planète des singes : l’affrontement. Singing in the rain.

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Faut-il aller voir La planète des singes ?

C’est des singes, ils sont dans la forêt. Hop hop, ils se balancent aux arbres, c’est les kings. Quand soudain, ils rencontrent des humains qui ont survécu à la grande catastrophe du premier film. Et les singes ils ont pas kiffé ce truc d’être enfermés dans des cages pendant plus de 20 siècles.

Normalement dans les films américains c’est plutôt simple : il y a les humains, ils sont cools, ils sont beaux, ils sont américains et ils mâchent du chouimgome. Le héros, dents blanches, cheveu sage, est un père de famille dans la tourmente qui va se révéler très héroïque en sauvant sa femme, cette greluche et ses deux petits enfants mignons, dont les dialogues se limitent souvent à hurler “Daddy !”.

Face à cette gentille famille, qui pourrait être la tienne, si ton oncle n’était pas schizophrène, il y a les méchants. Les méchants sont faciles à reconnaître parce qu’ils sont toujours moches : dans un film américain, la personnalité d’un personnage va rarement plus loin que son apparence physique. Et donc les méchants, c’est les russes, les chinois, les extra-terrestres, les zombies etc. Quand c’est les extra-terrestres c’est quand même plus simple parce que ça permet aux scénaristes de finir le film sur une extermination de la totalité des méchants, sans trop avoir l’air de faire la promotion du génocide.

La Planète des singes numéro 15 respecte une grande partie de ces préceptes : mieux, elle met en scène deux pères de famille dans la tourmente, avec deux femmes fragiles (c’est tout le temps malade les femmes, et dés que les balles commencent à siffler, ça crie) et une palanquée de petits mômes mignons. Mais là où le scénario innove quasi-radicalement, c’est que les deux familles sont réparties dans les deux camps.

Exit donc, la solution consistant à décréter que “les velus c’est des enculés, la preuve y sont moches”. Bien plus proche de la réalité, le film s’efforce d’éviter tout manichéisme racial, montrant au contraire que les peuples aspirent à vivre en paix, mais qu’il suffit d’une poignée de va-t-en guerre pour les jeter les uns contre les autres. L’analyse est pertinente, si ce n’est d’actualité (…).

Malgré tout, il n’y a pas de quoi envahir la Pologne : tous les autres clichés sont encore là. Même au sein des deux peuples, les méchants sont clairement reconnaissables, parfaitement mauvais, sans beaucoup de nuances et avec la gueule pleine de cicatrices. Le final, classique, n’apporte pas beaucoup de surprise : on finit quand même par des belles gerbes de violence, tandis que le discours général frise les bons sentiments neuneus. Grandiloquent, le scénario semble émerveillé par sa propre intelligence.

Mais ce n’est pas parce qu’on est moins con que les autres qu’on est brillant, sinon Hugo Lloris serait astrophysicien.

En Bref : Il faut aller voir La Planète des singes. Il faut y aller tranquillement, à son rythme, pour voir un blockbuster sans folie, mais plutôt bien troussé et nettement moins stupide que la moyenne.

On peut aussi y aller pour les scènes muettes entre les singes, qui ne manquent pas de poésie : pour la première fois depuis Golum, des personnages créent par ordinateur ont de l’intensité dans le regard (peut-être parce que le même acteur se cache derrière).

Quant à l’intensité du scénario, elle ne devrait pas déraciner votre siège : le mois dernier The edge of tomorrow était moins intelligent sur le fond, mais le blockbuster avec Tom Cruise était beaucoup plus malin. On s’en rappellera plus longtemps.

One thought on “La Planète des singes : l’affrontement. Singing in the rain.

  1. Coucou le règne ! Ca va ?
    J’aurais pas tant écrit à ta place sur le scénario, qui comme pour tout blockbuster est avant tout un pretexte. Et puis c’est pas parceque le manichéisme est réparti dans les deux camps qu’il est moins présent. Et puis ce personnage féminin effacé qui retient son mec courageux et intelligent parceque “c’est dangereux jack je suis inquiète pout toi”, c’est un peu léger, voire complètement agaçant. DONC j’aurais préféré que tu parles moins du scénar et plus de la beauté des images, qui reste le principal interêt du film (ce qui est déjà franchement pas mal). D’ailleurs j’ai passé un bon moment.
    Bisous !

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