Night Call. Caméramad.

Jake Gyllenhaal plays an unscrupulous news cameraman in the thriller Nightcrawler

Faut-il aller voir Night Call ?

Lou est un dingue qui roule en Californie. Plutôt malin, mais complètement cramé, il vit la nuit, repasse le jour et passe le reste de son temps à découper des grillages. Un jour il décide de choisir la seule branche professionnelle qui convient aux noctambules schizophrènes : la télévision.

Un monde merveilleux, ou il s’agit moins de rapporter l’information que de la vendre. Un monde un peu sale, qui fait son beurre sur le gras, le moche et le dégueulasse. Un monde qui fait peur aux bourgeois pour les garder sur leur canapé et leur vendre des lave-linge. Un monde qui s’intéresse plus aux courses de Noël qu’aux otages français.

Un monde que je connais bien.

Et un monde que Night Call caricature pendant une heure et demie, avec une férocité sans égal. Jusqu’au boutiste, inconscient et absolument amoral, Lou représente les pires dérives de la télé-poubelle. La parodie est saignante, très souvent juste, même si le réalisateur en rajoute un peu trop, alors que son propos n’a pas vraiment besoin de sous-texte pour être compris.

Mais au fond, on se fout du message, est-ce que c’est un bon film ?

Oui Kevin, c’est un bête de film. Parce que dés les premières minutes, ça sent la coke, l’essence et le sang coagulé. Dans la bonne humeur, le réal nous embarque en compagnie de son héros antipathique, qu’il ne tente jamais de sauver. C’est noir, barré et très bien bien mis en scène. Lors d’une scène finale de haute-volée, le film déchire son petit budget pour faire monter la tension dans le rouge.

Tout cela est bien filmé, hyper rythmé et très souvent drôle. Surtout, c’est différent. Parce que là où tous les films, quelle que soit leur histoire, finissent toujours pas prendre le même chemin (échec, montée en puissance, amitié, réussite, love-story) Night Call prend toutes les lignes droites à l’envers. C’est déroutant, mais libérateur tant le réalisateur parvient à imposer son univers.

Un univers qui gravite autour de Jake Gylhenhaal, maigre aux cheveux gras, exorbité et encore plus génial que d’habitude. On lui pardonnerait presque d’avoir joué dans Prince of Persia.

En Bref : Il faut aller voir Night Call.Même si le marketing français fait tout pour assimiler le film à Drive (allant même jusqu’à changer le nom original), ce thriller est tout ce que la bouse prétentieuse de Winding Refn n’était pas : drôle, complètement original, mordant et bien plus intense que les thrillers qui se prennent au sérieux.

Le top 10 de fin d’année se rapproche à grands pas. Et celui-ci pourrait bien se retrouver à une jolie place.