Jupiter. Space Jam.

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Faut-il aller voir Jupiter : Le destin de l’Univers ?

Les Wachowski m’ont mis au monde au printemps 1999.

Pourtant à l’époque ils n’étaient encore que deux hommes. A partir de ce moment, le fait d’aller au cinéma a cessé d’être une activité, pour devenir un saint sacrement. A l’époque, les hommes portaient de pantalons de cuir, des lunettes noires et des cache-poussières. C’était le temps du kung-fu, du nu-metal et des pilules bleues.

Depuis tout a changé.

Mais les Wachowski continuent de prendre plein de pilules. Et de ne jamais céder. Hors système, hors tendances, hors dinateurs, Andy et Lana continuent de creuser le sillon de la science-fiction fétichiste avec une constance qui force le respect. Encore ici, la métaphysique n’est jamais loin du sadomasochisme et si un personnage n’a pas le visage tatoué, c’est parce qu’il a des dreads roses.

Une telle célébration du mauvais goût finira-t-elle par les achever ? On verra. Mais un mois à peine après les bonnes résolutions du nouvel an, les Wachiwski continuent de fumer du crack.

Jupiter commence en Russie pour se terminer dans l’espace. Entre temps, on aura l’occasion de voir Mila Kunis danser avec des abeilles, Channing Tatum faire du patin à glace dans les airs, Terry Gilliam raler dans sa barbe et Sean Bean se faire couper la… Ah non tiens, Sean Bean ne se fait pas décapiter. Par contre il y a des lézards géants. Avec des ailes. Et des armures.

Et je me demande s’il n’est pas temps de tirer la fameuse sonnette d’alarme, dont on entend toujours parler à la radio.

Parce que si ton copain Léon aime peindre les murs en mauve, se filmer aux toilettes et poster tout sur internet, c’est sûrement pour l’amour de l’art. Mais faut-il attendre qu’il égorge des chatons sur son balcon avant d’appeler la police ? En l’occurrence, malgré toute l’affection que j’ai pour les Wachowski, je me demande si le fait de dépenser 175 millions de dollars pour faire un film invendable ne ressemble pas à un appel au secours.

Car Jupiter est mal écrit, très mal interprété, foncièrement laid et objectivement débile. De loin, le plus mauvais film jamais réalisé par Andy et Lana, malgré l’interprétation impressionnante de Channing Tatum, plus autiste que jamais, qui parvient a assumer son horrible bouc blond pendant deux heures, sans jamais se mettre à pleurer.

En même temps, c’est un homme-chien…

Pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Jupiter : Le destin de l’Univers. C’est un formidable cri de guerre contre le conformisme, le cinéma prémâché et le normalisme fascisant du monde moderne. Mais malheureusement, il ne suffit pas de faire n’importe quoi pour faire du cinéma.

Et pourtant je les aime. Et juste pour le plaisir, j’irai voir le prochain Wachowski. Je préfère mille fois leurs lézards volants aux supers-héros insipides de Marvel.

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