Réalité. La grogne du Chabat.

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Faut-il aller voir Réalité ?

C’est l’histoire d’un mec qui cherche un cri.

C’est surtout l’histoire d’un réalisateur qui ne cherche plus. Le style, Quentin Dupieux l’a trouvé. Une esthétique de pub, plutôt efficace, déjà expérimentée dans Rubber ou dans son obscur premier film : des images délavées, lumineuses et floues au milieu desquelles ses personnages se promènent, sans savoir où ils vont. Ça c’est pour le fond.

Et t’aura rien d’autre.

En 2001 c’était cool. Comme les weekends à Berlin, la house minimale ou le flare dans l’image. En 2015, c’est juste branché, donc bientôt ringard. Les critiques diront que c’est culte. En fait c’est un peu chiant.

Parce que malgré tout le talent de l’interprétation, il est difficile de rester une heure et demie à écouter un mec qui n’a rien à dire. Depuis trois films, Dupieux répète les même blagues, sans avoir le courage d’en rigoler. Ou alors en grinçant, sous cape, dans barbe. Dans Réalité, on ne rit pas, on ricane. A force de tenir des postures, Quentin Dupieux a inventé le rire hipster.

Un mouvement dont il porte fièrement les valeurs, ou plutôt leur absence. Derrière l’écrin ? Quedalle. Une critique mollassonne du cinéma, une distorsion ultra-convenue du réel et, au final, un univers un peu sordide, dont on comprend très vite, qu’il tourne sur lui-même.

Je ne sais pas si tous les films doivent avoir un sens ou un message. Dans le même genre, Wrong était tout aussi con, mais bien plus drôle. Peut-être que j’ai vieilli. Mais pas sûr que j’aille m’assoir devant le prochain film de Mr. Oizo.

De toute façon, c’est comme si je l’avais déjà vu.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Réalité. C’est parfois rigolo, mais surtout très ennuyeux, répétitif, fainéant et sans le début de la queue d’une intention. Certes, le réalisateur ne manque pas de talent, mais il serait peut-être temps qu’il s’en serve pour faire du cinéma.

Evidemment, comme d’habitude, Alain Chabat est fantastique. Mais ça ne compte pas, il serait fantastique dans le rôle d’une plante verte sur une table. Allez, Quentin, je suis pas rancunier, je viens de te filer le pitch de ton prochain film.

One thought on “Réalité. La grogne du Chabat.

  1. effectivement convaincu de ne pas y aller; Outre le fait que ma tendre ville de Laval ne me le propose pas, ca ressemblait effectivement beaucoup à ces derniers films, loufoque mais sans rien d’autre. j’ai adoré voir mon premier film de dupieux moins le deuxième et j’ai pas envie d’en voir un troisième…

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