Kick-Ass 2. Latte show.

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Faut-il aller voir Kick-Ass 2 ?

Fioulala je suis sous l’eau. Plein de films en retard, et plus les jours passent, moins je me rappelle de ce que j’ai vu. Mais pour Kick-Ass 2, c’est pire : j’avais déjà du mal à m’en rappeler en sortant de la salle.

Le premier Kick-Ass était cool. Sans trop se prendre la tête, le film répondait à notre vieux rêve de môme : que se passerait-il si un mec normal décidait de devenir un super-héros pour de vrai ?

Le problème, c’est que la réponse ne fait pas rêver : dans la vrai vie, un mec en pyjama qui va combattre le crime avec une matraque passe le plus clair de son temps à se faire casser les dents. Mais comme c’était déjà le sujet du premier épisode, ce deuxième innove, en suivant les grandes lignes d’une bande-dessinée qui, elle-même, commence à battre de l’aile.

Donc Kick-Ass n’est plus un gros loser. Il commence lui aussi à mettre quelques mandales, et forme une team avec d’autres super-héros de la lose. Ensemble, ils vont monter une vraie ligue de justicier. Et c’est là que le bât’man : le réalisateur et ses scénaristes n’ont rien à dire sur le sujet.

Je ne sais pas vous, mais une bande de mecs armés qui se promènent dans les rues pour faire justice eux-même, je ne trouve pas ça très héroïque. C’est pourtant le moment que choisit le film pour perdre toute l’ironie qui faisait son sel. On ne vanne plus les super-héros moisis, mais on vanterait presque leur combat contre le mal. Pour les asperger d’eau bénite, on transforme le chef en ancien mafieux born again et les vilains en affreux violeurs proxénètes.

Du coup c’est pas grave si le chien leur mord les couilles. Et les voleurs on pourrait leur couper la main aussi.

Et puis le film perd complètement les pédales, le sens de l’histoire et le rythme du montage. La violence explose dans tous les sens, l’humour se mélange à l’horreur et la mise en scène régresse jusqu’au grand combat final. Et on finit franchement par s’en foutre et par rentrer chez soi, écrire une critique pas bien ficelée, sur son blog de merde.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Kick-Ass 2. Le film est perdu entre l’ironie et le premier degré, entre l’humour et le patriotisme et se débrouille pour noyer une licence plutôt sympathique dans le grotesque et la dilettante.

Dommage, car le réalisateur semble pourtant avoir compris le seul véritable intérêt du comic : Hit-Girl. Un personnage féminin atypique, complexe et ultra-charismatique. Dans ce rôle difficile, la jeune Chloe Moretz réussit au moins à donner de l’intérêt au film, tout en nous prouvant tranquillement qu’elle est la future actrice que tout Hollywood va s’arracher dans deux ans.

Savages. Oliver, stone.

Faut-il aller voir Savages ?

Quand j’étais petit Oliver Stone c’était coolos. Ça faisait poum poum tchack, ça tournait dans tous les sens, y’avait des couleurs criardes, du noir et blanc, de la musique tout le temps. Derrière la violence baroque, y’avait des tas de références stylées, des messages politiques et des envolées lyriques.

Et puis je sais pas j’ai vieilli, ou les temps changent, mais maintenant ça me fatigue. L’impression d’être enfermé dans la chambre d’un ado hyperactif. Les couleurs sont superposés comme des posters fluos, le mouvement est perpétuel, omnidirectionnel et toute cette mascarade est assenée sur du rap de merde et du rock bruyant, qui ne s’arrêtent JAMAIS.

Le film dure deux heures, mais on sort aussi épuisé qu’après l’intégrale du Seigneur des Anneaux version longue. Pendant le dernier monologue de la très mauvaise Blake Lively, mes voisins de salles commençaient déjà à se lever tant le film est interminable.

Surtout, il est éprouvant. Oliver Stone filme sous tous les angles, triture la bague de netteté, les couleurs, les lumières en s’excitent comme une bête pour donner de l’énergie à son film. Ça va bientôt faire 15 ans que Tarantino règne sans partage sur le genre polar et Stone n’a toujours pas compris qu’il ne fallait pas s’agiter pour créer du rythme mais filmer proprement et écrire des bons dialogues.

Pas de bol, de ce côté là, c’est le calme plat. Les acteurs ne sont pas foncièrement mauvais, l’écriture n’est pas affligeante mais malgré tout, il n’y a rien. C’est une histoire de drogue, de flingues et de moustaches comme on en a vu 1000. Le scenario joue les dingues sans jamais tenter de nous surprendre, la violence est chiante et même les scènes de sexe sont calibrées à l’américaine (libertaire en façade, mais aussi érotique qu’un discours de Benoît XVI).

Au deuxième tiers, on lève un sourcil, on arrête de baver et on sourit deux trois fois devant les mimiques de Salma Hayek-Pinault, et puis on se rendort.

De quoi on parle déjà ?

En Bref : Il ne faut pas aller voir Savages. C’est fatigant, bruyant et a peine supportable de lourdeur. Les acteurs sont lisses, comme le scénario et le style de caméra qui réussit presque à faire pire que feu-Tony Scott, sans toutefois parvenir à nous faire regretter sa mort.

Une bien belle soirée quoi.