Le bénéfice du doute?

Faut-il aller voir Agora,  même si on est pas amoureux de Rachel Weisz?

Premièrement, si vous n’êtes pas amoureux de Rachel Weisz, vous manquez cruellement de goût et là je ne peux rien pour vous. Pourtant, exceptionnellement Le Règne de l’Arbitraire se fera tolérant: les détenteurs de la vérité toute-puissante sont souvent des cons. D’ailleurs, c’est le thème du film.

Agora prend la forme d’un péplum grand spectacle doté d’un gros budget. Pourtant l’histoire, écrite par le réalisateur Alejandro Amenabar, s’écarte des codes du divertissement hollywoodien. En 2h, le film tente d’aborder en profondeur la religion, la politique, l’amour et la métaphysique. Le tout dans la ville d’Alexandrie au IVe siècle après Jésus-Christ… Tendu.

Sous le contrôle fragile de l’empire romain d’Orient, la ville est divisée entre Juifs, Polythéistes et Chrétiens. Au milieu de ce vaste bordel, Hypatie, une astrologue brillante, tente de comprendre l’univers, pendant que les fanatiques se déchirent et que tout le monde tombe amoureux d’elle. Normal, c’est Rachel Weisz.

Aux antipodes d’un Gladiator pompeux et grandiloquent, Agora dénonce avec fureur la ronde des dogmes qui prêchent tous la fraternité pour finir dans le sang. Aux fanatismes et leurs certitudes, il oppose les questionnements d’une femme qui doute sans arrêt. Le propos et parfois un peu terne, mais le réalisateur ne se refuse pas quelques scènes spectaculaires, comme ces plans en altitude, où les fidèles s’égorgent mutuellement comme des fourmis ridicules.

En bref: Loin du divertissement de masse auquel on pouvait s’attendre, Agora n’enrichira probablement pas ses producteurs. Trop compliqué, pas assez explosif. La question, est de savoir s’il enrichira les spectateurs. La réponse est oui.

Certes, Amenabar pêche par gourmandise. On le pardonne. Il a trop à dire là où beaucoup de blockbusters sont gonflés au vide. Si son propos devait tenir en une phrase, elle pourrait se résumer à celle que Craig Ferguson écrit dans Dernière sortie avant l’autoroute: “Le mal ne doute jamais de lui, seul l’espoir doute de lui”.

Amen.