Mission : Impossible 5. Minor Tom.

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Faut-il aller voir Mission : Impossible. Rogue Nation ?

Je n’arrive pas à commencer cet article.

D’habitude, les phrases s’écrivent toutes seules dans ma tête pendant le film. Là, j’ai juste fait des points. Des points, des virgules et des tirets. Même pas de quoi faire un smiley, quel enfer.

Qu’est-ce que j’ai pensé de MI5 ?

“..-,.-.-”

Ces problèmes de clavier mental sont courants : c’est exactement ce qui est arrivé à Christopher McQuarrie au moment d’entamer l’écriture de ce film. Il avait le t, le o, et le m. Assez pour écrire “Tom” et “Moto”. Suffisant. On peut aussi faire “Mot”, mais ça sert à rien ces trucs là.

Un peu comme Martine ou les Pom Pot’, Tom Cruise se décline dans tous les endroits du monde dans plein de positions rigolotes. Tom Cruise en avion, Tom Cruise à l’opéra, Tom Cruise sous l’eau, Tom Cruise à l’envers… Il se ballade, avec ces saynètes autour du cou, et des bracelets pleins de grosses ficelles. Mais entre les boums, il faut bien meubler, alors Tom fronce les sourcils au téléphone, brandit des faux passeports en parlant vite et tape très sérieusement sur les touches de son clavier, probablement les dialogues de la scène suivante.

“C’est le Syndicat”, il dit. Ah merde alors, le Syndicat ? Pas la CGT quand même ! “Non, ceux qui travaillent avec l’Agence. Et le ministère !” Mon Dieu ! Et l’Assureur ? “Non l’Assureur ça va. Par contre il faut se méfier de Langley.” Perfide Albion…

Comme Tom Cruise n’a pas d’humour, le scénariste l’exporte dans un personnage secondaire. Simon Pegg prend son air ahuri et le promène dans tout le film, en tapant sur des claviers et en s’inquiétant pour Tominou. Comme d’habitude, Ving Rhames vient dire coucou pour payer ses impôts jusqu’au prochain volet de la saga. Jeremy Renner est là, parce qu’après tout, pourquoi pas ?

Au milieu de ce lac de testostérone, Rebecca Ferguson fait ce qu’elle peut pour rester à la surface. Heureusement, son personnage est plutôt dynamique et un peu ambivalent. Elle est le seul intérêt du film. En même temps, il n’y a qu’un seul personnage féminin, manquerait plus que ce soit une chaise.

On s’en fout de toute façon. Comme d’habitude, les critiques peuvent s’en tirer avec des poncifs pour préserver leurs budgets pub : “Les amateurs apprécieront.” Peut-être. Si t’aime les motos qui foncent, les trucs qui explosent et les Tom qui Cruisent, tu seras content. Si t’aimes le cinéma… qu’est-ce que tu fous là ?

En Bref : Il ne faut pas aller voir Mission : Impossible. Rogue Nation. C’est ni nul, ni bien. C’est rien. Si c’était de la moutarde, je dirai qu’elle est jaune, piquante et qu’elle me monte au nez. Mais c’est un film. Un film plastique. Aussi frais et naturel que le poulet basquaise en barquette micro-ondable, qui s’ennuie près d’un rat mot au rayon-frais du Carrefour de Villedieu la Blouère.

C’est dans le Maine et Loire, les habitants y sont appelés les Théopolitains. Tu t’en fous ? Pas autant que de ce film, crois-moi.

Blue Jasmine. Cate bored.

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Faut-il aller voir Blue Jasmine ?

Jasmine est une bourgeoise sans argent. Elle vit sans vivre avec sa soeur sans lien de parenté à San Francisco. Tout est faux dans son monde, même son prénom. Par contre, c’est vrai qu’elle parle aux réverbères.

François Bégaudeau dit que Woody Allen ne fait pas de films, mais qu’il filme des livres. C’est un peu vrai. Dans Blue Jasmine, la caméra n’est qu’un vecteur pour transmettre le scénario aux spectateurs. Pas un plan, pas une valeur ni un mouvement de caméra ne dérogent à la règle du champ-contrechamp et quand tous les personnages quittent la pièce, le chef op filme les murs, sans trop savoir quoi faire de son cadre.

Allen oblige, la mise en scène est sobre, presque théâtrale, et consiste globalement à faire passer les personnages d’une pièce à l’autre. Que reste-t-il ? Le scénario. Heureusement qu’il est bon.

Tout est à craindre du binoclard inégal quand il raconte cette confrontation entre deux milieux antagonistes : des généralités sur les riches, une caricature des pauvres… Et au début, ça y ressemble un peu. Ancienne mondaine à la masse, Jasmine déblatère toute seule sur la richesse de son ex-mari et se pince le nez devant le trois pièces de sa soeur. Tout sonne un peu faux, et dans la salle, on commence à repérer la sortie.

Mais heureusement, Woody n’a pas décidé de faire une satire. Tout au long du film, il montre une tendresse pour ses personnages que l’on n’avait plus beaucoup vue depuis Annie Hall (mais je dois reconnaître que je vais voir un Allen sur deux). Exit les blagues à deux balles ou les polars mous. Le réalisateur dessine le portrait assez touchant des femmes en robe Dior qui se retrouvent à la porte du Hilton du jour au lendemain.

Au coeur de chaque plan, Cate Blanchett est encore plus juste qu’à son habitude. Les multiples nuances de son jeu la placent en bonne position pour les oscars. Elle mériterait de jouer dans des films.

En Bref : Il faut aller voir Blue Jasmine. Woody Allen arrête de faire des jeux de mots sur la psychanalyse pour retrouver une certaine sensibilité. Mais face à l’actuelle affluence de bons films à l’affiche, il n’est pas criminel de rater sa nouvelle livraison.

Après, on aimerait bien parfois que les acteurs se taisent. Juste quelques minutes, pour laisser parler leurs visages. Surtout lorsqu’ils sont aussi expressifs.

La loi m’oblige à vous signaler que j’ai été lourdement subventionné pour citer les marques Hilton et Dior dans cet article. Si on se croise, je vous paye une coupe.

Rock Forever. L’odeur du rock fort.

Aaaaaaaah

Faut-il aller voir Rock Forever ?

S’il y a un débat de merde sur terre, c’est bien celui de la mort éventuelle du Rock. Le genre de sujets bidons que pondent les news-magazines ringards entre deux enquêtes sur les franc-maçons et le prix de l’immobilier.

Bien-sur que le rock est vivant. La preuve : il est même salement has-been. Le rap est vendu, la pop est perdue, l’électro est bonne qu’à faire des pubs et les Rita Mitsouko animent les bals du FN. De toute façon, la musique c’est de la merde. Bref.

Après un marathon d’une semaine au cinéma, j’étais d’une humeur idéale pour aller voir une comédie musicale.

Rock Forever tente de nous faire croire que les années 80 et le Hard Rock n’ont jamais existé. Pendant deux heures, on nous sert de la pop indigne en flux continu en prétextant que c’est d’epoque. Scandaleusement mauvais, les morceaux feraient même pleurer Hannah Montana tant ils suintent le mauvais goût.

Tom Cruise se pavane avec une tête de mort sur la teub, Catherine Zeta-Jones gesticule dans une jupe plissée et Alec Baldwin roule des pelles à Russell Brand. Quant aux deux inconnus qui tiennent les premiers rôles, ils ont au moins le mérite de m’avoir fait comprendre ce qui est passé par la tête du dépeceur de Montréal avant de s’énerver très fort.

Mais j’ai tenu. Rien que pour vos yeux, je suis resté jusqu’au bout en désossant le siège de devant à coups de genoux. Et le final vaut son pesant de limonade : les stars du film donnent un concert enflammé devant un public enragé et… assis.

Je ne sais pas si le Rock est mort, mais pas sûr qu’il survive à ce film.

En Bref : Il ne faut pas aller voir Rock Forever. C’est un immonde nanard qui insulte tous les mômes qui ont bougé leurs cheveux sur Deep Purle et les Gun’s.

Le jour où Hollywood lâchera enfin son dernier soupir, j’irai brûler le DVD de cette bouse sur le Walk Of Fame.

NB : Le jeu de mot titre est de Juliette, qui n’a même pas vu le film, mais qui se doutait que ça serait cheesy.

To Rome with Love. Rome en toc.

Faut-il aller voir To Rome with love ?

Ce qui est cool avec les vieux, c’est que plus ils vieillissent, plus ils s’en foutent. Il y a quelques années, Woody Allen aurait probablement écrit un scénario cohérent pour rassembler tous les personnages de son film choral, il aurait au moins essayé de donner une forme de cohésion visuelle ou morale à ses quatre histoires mélangées. Là non.

Sans trop de cohérence, son film mélange à peu près toutes les vieilles recettes du cinéaste à lunettes : la comédie romantique, les contes philosophiques absurdes et une palanquée de gonzesses en robes légères.

C’est coolos. On retrouve avec plaisir mais sans surprise ses monologues hypocondriaques, ses psychanalystes dépressifs et ses vannes à deux balles sur l’art contemporain. Dans l’une des histoires, un chanteur d’opéra fait carrière sous la douche, ce qui rappelle avec plaisir les conneries que le cinéaste écrivait dans ses premiers bouquins.

Au final, To Rome with love est l’euromovie le plus fainéant de Woody Allen, mais aussi le moins guindé. Les acteurs jouent plutôt bien, Rome est une jolie ville et tout le monde est content d’être là. Deux jours après, il est difficile de s’en rappeler, mais sur le moment, on rigole bien.

C’est dans les vieux pots qu’on refait les vieux plats.

En Bref : Il ne faut pas aller voir To Rome with love. D’une certaine manière, on l’a déjà vu plusieurs fois. D’ailleurs j’ai l’impression d’avoir déjà écrit cette critique.

Mais s’il se remet à pleuvoir et que vous êtes avec vos copains, c’est toujours mieux que d’aller vous emmerder devant Madagascar 8.