Microbe et Gasoil. Ados, essence.

microbe-et-gasoil-2

Faut-il aller voir Microbe et Gasoil ?

On a tous été amoureux d’une fille avec un appareil dentaire. C’est bien la preuve que l’amour est aveugle. On a tous été moches au collège. On s’est tous demandés si ça durerait toute la vie. On s’est tous ennuyés sur les bancs de l’école en rêvant de partir sur la route après avoir cassé la gueule au sale con.

Et pourquoi c’était toujours le sale con qui plaisait aux filles d’ailleurs ? Hein les filles ? Pourquoi vous étiez toutes amoureuses de Kevin ? Nous on n’avait peut-être des boutons, mais au moins on ne mettait pas de gel. De toute façon, aujourd’hui, il plaît plus à grand monde, Kevin. Et nous… C’est moins pire qu’avant.

Mon psychologue est en vacances au Sri-Lanka, je me permets donc d’utiliser vos capacités d’écoute.

L’adolescence n’est pas seulement l’âge bête. C’est aussi l’âge triste, l’âge rêveur, l’âge ambitieux, romantique, apeuré, prétentieux, pathétique et amoureux. L’âge où on apprend le contraste dans les émotions. Celui où on apprend à doser l’équilibre entre la pédale d’accélération et l’embrayage, et où on n’y arrive jamais. Alors on cale, on fait des bonds, on tressaute et, tant bien que mal, on avance.

Après l’enfance naïve (La science des rêves), l’adolescence boutonneuse (Be Kind Rewind, l’horrible Green Hornet) et le sentimentalisme maladroit (The We and the I) et hystérique (L’écume des jours) on dirait que Michel Gondry à terminé sa mue. Enfant, puis ado, le voici adulte.

“Eternel enfant” écrit pourtant la presse, et il le répète lui-même. Mais non. Parce qu’il faut avoir grandi, il faut s’être apaisé, pour porter un tel regard sur l’enfance. Car si ses deux héros sont parfois pathétiques, égocentriques ou ridicules, Gondry les regarde avec une telle tendresse qu’ils deviennent fascinants, courageux et, finalement… héroïques.

Inventif, sans les trucages en toc dont le clippeur abuse régulièrement, émouvant sans être niais, et tissé de dialogues nerveux et souvent très drôles, le film ne vous rappellera pas seulement avec émotion votre adolescence de loser, il vous fera croire qu’elle était cool.

Alors que c’est pas vrai (j’ai des photos).

En Bref : Il faut aller voir Microbe et Gasoil. On n’avait pas vu Gondry à un tel niveau depuis La Science des Rêves. Intime, mélancolique et très bien écrit, le scénario est formidablement bien servi par deux acteurs encore débutants mais hypers-prometteurs.

Léger, le film ne dépasse pas son statut de glace au melon estivale. Mais d’abord, on n’aime beaucoup les glaces au melon sur ce blog, et puis c’est toujours mieux que la cocaïne.

Hein Michel ?