Hunger Games 3. Lara Soft.

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Faut-il aller voir Hunger Games – La Révolte : Partie 1 ?

Je suis malade. Ça fait dix jours que je respire par la bouche, et encore, quand ça marche. Parfois je respire pas du tout, je me contente de cligner des yeux. J’aimerais être un dauphin, qui court après les vagues dans une mer bleue azur. Ou une noix de coco, qui se balance au-dessus d’une plage en sifflant les jolies filles. J’aimerais être un nénuphar, ça s’enrhume jamais un nénuphar. Ou peut-être un albatros.

Mais il y a bien une chose que je n’ai pas envie d’être, c’est l’auteur d’un blog cinéma qui doit parler de Hunger Games numéro 3.1

Je fatigue. Ça fait longtemps que j’écris ici, et j’ai déjà utilisé beaucoup de métaphores pour démonter les mecs qui confondent le cinéma avec un supermarché. A vrai dire je ne sais même pas si le film rentre dans la catégorie “Cinéma”. Les premiers à le penser semblent être ceux qui l’ont fait : car d’un bout à l’autre, Hunger Games 3 est un produit.

Pour gagner beaucoup d’argent avec la franchise, ils ont séparé le dernier épisodes en deux films distincts. Technique inaugurée avec Harry Potter, consistant à ne pas laisser partir trop vite un public que l’on considère comme une vache à lait. Sauf qu’en l’occurrence, la première partie du film ressemble à une forme obscure de télé-réalité australienne : des ados et des adultes discutent dans des couloirs.

Bon bien-sûr, il faut aussi de l’action, donc Katniss sort une fois de temps en temps pour combattre un avion de chasse avec son arc, pleurer sur un sol jonché de crânes humains ou communiquer avec des geais moqueurs en sifflant… Heureusement, à aucun moment elle ne se déguise en salade. C’est la seule chose qui manquait au film pour briller éternellement au firmament des nanards. L’acme de la mise en scène étant atteint lorsqu’une armée de rebelles commandos opère à une attaque nocturne surprise… en chantant.

Mais finalement, le plus gros échec du film n’est ni son scénario ridicule, ni sa mise en scène pathétique, mais son actrice principale. Heureuse détentrice de l’Oscar, Jennifer Lawrence profite du film pour nous montrer qu’elle maîtrise tous les codes de l’Actors Studio. Elle sait tout faire, de la crise de larmes hystérique au déferlement lacrymal, en passant par les pleurs niagaresques et le sanglot compulsif. C’est gênant. Même Philipp Seymour Hoffman semble avoir décidé de jouer faux, pour ne pas faire tache. Paix à son âme. Fallait-il être en manque pour accepter un tel cachet.

La seule chose qui aurait pu être intéressante finalement, c’est le sous-texte du film, ouvertement ironique qui critique mollement la société du spectacle et la mise en scène de l’actualité. En gros, nous serine Hunger Games, “le cinéma vous prend pour des cons”.

Nous voici convaincus.

En Bref : Il ne fait pas aller voir Hunger Games. La Révolte – Partie 1. C’est peut-être étonnant que je m’en étonne. Mais malgré le fiasco du deuxième opus, je n’arrive pas à oublier que cette série pour ados s’est ouverte sur un très bon film.

Rideau. Hollywood a repris ses droits sur la franchise. Et il y a du fric à faire. En fait, peut-être qu’il faut aller voir ce film : mieux qu’un long discours c’est une manière de contempler le spectacle effroyable de l’humanité, toujours prête à marcher sur la beauté pour courir sans relâche après l’appât du gain.

Je vous laisse, je retourne sur mon arbre.

Hunger Games. Arc academy.

Faut-il aller voir Hunger Games ?

Des enfants s’entre-tuent dans les bois. C’est un jeu. Personne ne rigole. Mais tout le monde regarde.

Après une interminable suite de nanards coûteux, la saga d’Harry Potter s’est enfin terminée. A la place, Hollywood a décidé d’abreuver les ados avec une nouvelle série tirée d’un bestseller. Tous aux abris ?

Ben non.

Dés les premières images, on comprend que ce nouveau blockbuster américain est au-dessus de la moyenne. Malgré l’univers futuriste complexe qui sert de toile de fond, aucune voix off ne vient nous pourrir l’ambiance avec des explications de type “Depuis la nuit des temps, les chevaliers de Xynx combattent l’ordre des Smourx sur leurs terribles sphynx herbivores”. Ici, on découvre, et a priori, on met au moins une demie-heure avant de deviner la fin.

Mieux, la caméra ne glisse pas mollement sur l’action, elle gigote, capte des regards furtifs sans jamais trop montrer. Le procédé est un peu caricatural, mais il a le mérite d’être innovant dans ce genre de films. Visuellement, Hunger Games va à l’encontre de la surrenchère qui prévaut dans le cinoche américain : au lieu de faire péter les monstres numériques et les décors en carton, le réalisateur filme la forêt, la folie et le visage expressif de son héroïne.

Ah ! L’héroïne. D’ordinaire, le cinéma à grand spectacle semble assez incapable de mettre en scène des vrais gonzesses. Entre les écervelées qui crient derrière le héros et les femmes viriles et leur énorme paires de flingues, les caricatures s’empilent, comme autant de fantasmes dans la tête des scénaristes. Mais pas là. Forte, courageuse, féminine et manipulatrice, Katniss Everdeeen est une vraie meuf. Une qui tire à l’arc. Et l’intérêt principal du film.

Divertissement honorable, Hunger Games se paye même le luxe de ne pas prendre son spectateur pour une chaise. Avec son monde de pacotille où les classes dominantes ressemblent aux pages people de Closer, le scénario caricature habilement une société du spectacle qui envoie les mômes devant des caméras comme on passe un poulet au four. Bien-sûr, les émotions neuneu ne nous sont pas complètement épargnées, mais la plupart peuvent se lire deux façons, donnant au film une vraie profondeur.

Assurément, j’irai voir la suite, même si je dois louer ma nièce en guise d’alibi.

En Bref : Il faut aller voir Hunger Games. Si vous n’étiez pas le tombeur du collège, si vous rêvez de vivre en sautant sur des troncs d’arbres et si vous avez envie de voir une version écolo de Battle Royale (même si le film n’a pas la même ampleur). Féministe, ambitieux et nettement moins con que la moyenne, la série prouve qu’on peut aussi se remplir les poches sans vider nos crânes.

Maintenant, on pourra toujours me rétorquer que j’aime ce film à cause du second-rôle. Et c’est vrai, un rouquin maladroit et fragile qui survit sous la protection d’une amazone à longue tresse, moi ça me bouleverse.