Hunger Games. Arc academy.

Faut-il aller voir Hunger Games ?

Des enfants s’entre-tuent dans les bois. C’est un jeu. Personne ne rigole. Mais tout le monde regarde.

Après une interminable suite de nanards coûteux, la saga d’Harry Potter s’est enfin terminée. A la place, Hollywood a décidé d’abreuver les ados avec une nouvelle série tirée d’un bestseller. Tous aux abris ?

Ben non.

Dés les premières images, on comprend que ce nouveau blockbuster américain est au-dessus de la moyenne. Malgré l’univers futuriste complexe qui sert de toile de fond, aucune voix off ne vient nous pourrir l’ambiance avec des explications de type “Depuis la nuit des temps, les chevaliers de Xynx combattent l’ordre des Smourx sur leurs terribles sphynx herbivores”. Ici, on découvre, et a priori, on met au moins une demie-heure avant de deviner la fin.

Mieux, la caméra ne glisse pas mollement sur l’action, elle gigote, capte des regards furtifs sans jamais trop montrer. Le procédé est un peu caricatural, mais il a le mérite d’être innovant dans ce genre de films. Visuellement, Hunger Games va à l’encontre de la surrenchère qui prévaut dans le cinoche américain : au lieu de faire péter les monstres numériques et les décors en carton, le réalisateur filme la forêt, la folie et le visage expressif de son héroïne.

Ah ! L’héroïne. D’ordinaire, le cinéma à grand spectacle semble assez incapable de mettre en scène des vrais gonzesses. Entre les écervelées qui crient derrière le héros et les femmes viriles et leur énorme paires de flingues, les caricatures s’empilent, comme autant de fantasmes dans la tête des scénaristes. Mais pas là. Forte, courageuse, féminine et manipulatrice, Katniss Everdeeen est une vraie meuf. Une qui tire à l’arc. Et l’intérêt principal du film.

Divertissement honorable, Hunger Games se paye même le luxe de ne pas prendre son spectateur pour une chaise. Avec son monde de pacotille où les classes dominantes ressemblent aux pages people de Closer, le scénario caricature habilement une société du spectacle qui envoie les mômes devant des caméras comme on passe un poulet au four. Bien-sûr, les émotions neuneu ne nous sont pas complètement épargnées, mais la plupart peuvent se lire deux façons, donnant au film une vraie profondeur.

Assurément, j’irai voir la suite, même si je dois louer ma nièce en guise d’alibi.

En Bref : Il faut aller voir Hunger Games. Si vous n’étiez pas le tombeur du collège, si vous rêvez de vivre en sautant sur des troncs d’arbres et si vous avez envie de voir une version écolo de Battle Royale (même si le film n’a pas la même ampleur). Féministe, ambitieux et nettement moins con que la moyenne, la série prouve qu’on peut aussi se remplir les poches sans vider nos crânes.

Maintenant, on pourra toujours me rétorquer que j’aime ce film à cause du second-rôle. Et c’est vrai, un rouquin maladroit et fragile qui survit sous la protection d’une amazone à longue tresse, moi ça me bouleverse.