Micheal Kohlhaas. Viva el Che(val) !

o-MICHAEL-KOHLHAAS-facebookFaut-il aller voir Michael Kohlhaas ?

Michael Kohlhaas est un mec qu’il faut pas trop lui casser les burnes, sinon il t’oblige à épeler son nom de famille. Sauf qu’un jour un baron en pyjama décide de lui déglinguer ses chevals. Et ça Michael Kohlhaas, ça le rend ouf !

Mais faut-il sacrifier ta famille, juste parce qu’on a abîmé tes chevals ?

On pourrait enterrer ce petit film oublié de la sélection cannoise sous quelques adjectifs mordants : long, lent, compliqué, rêche, fauché, moraliste. On ferait des blagues sur le cinéma français, ça serait gratuit, rigolo et on irait boire un coup. On pourrait.

Mais après un été aussi misérable au cinéma, ça serait vraiment pas raisonnable. Parce que si l’on peut effectivement reprocher tous les défauts sus-cités à son réalisateur, il faut quand même lui accorder une chose : c’est un auteur.

Le terme est un peu galvaudé par les baltringues de Télérama, alors je vais tenter de le traduire. Un ôteur, c’est un mec qui cherche à nous dire un truc, avec son langage à lui, pas celui de la pub, ni celui que lui a imposé son producteur. Un langage un peu déroutant, pas hyper fun et un peu pompiste, mais après tous les gros nanards que je viens de m’envoyer, Michael Kohlhaas m’a donné l’impression de recommencer à respirer.

Derrière la vengeance absurde d’un homme, le réalisateur raconte la croisade d’un juste et sa conclusion inévitable. Il interpelle sur la religion -thème de fond du film, à l’époque où les protestants vivaient leurs dernières heures de paix en France moyen-âgeuse (je crois). Surtout, le cinéaste a l’intelligence de ne pas répondre aux questions qu’il pose.

Dans la scène centrale du film, Denis Lavand demande à Michael s’il est prêt à pardonner gratuitement les gens qui lui ont fait du mal. Juste comme ça. Et l’air de rien, ce petit dialogue dépasse le médiéval pour tendre vers quelque chose d’universel et probablement d’assez fort.

Mais quand même. C’est tristoune. Pauvre en images. Presque méprisant à l’égard des spectateurs, à qui l’on ne donne presque rien pour s’attacher, se situer dans l’espace, dans le temps ou la narration. D’autant plus déroutant, que le style se veut documentaire.

Mais un documentaire où tu comprends rien, ça sert à quoi ?

En Bref : Il ne faut pas aller voir Michael Kohlhaas. C’est brouillon, un peu chiant et pas très modeste dans la démarche. Mais c’est quand même loin d’être con, et toujours moins vain que des gros robots qui se déboulonnent dans une crevasse.

Par contre, même si je ne manque jamais de clamer mon amour pour Mads, il faut quand même reconnaître qu’il perd un peu de son incroyable charisme en français : “Ye yure que ye me venyerai !”, même avec l’air menaçant, il manque un truc.