Elle l’adore. Elle l’aide.

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Faut-il aller voir Elle l’Adore ?

C’est l’histoire d’un chanteur ringard et d’une fan qui l’aime, qui l’adore, c’est fou comme elle l’aime, c’est beau comme elle l’aime ta ta ta TA TA TA TA !

Ouais donc elle planque un truc pour lui, et en échange il plisse les yeux. Y’a-t-il un mort dans le placard ? Y’a-t-il un flic sur leur piste ? Un pilote dans l’avion ?

Qui peut le dire ?

Contrairement à ce que l’affiche, le casting et l’histoire suggèrent, Elle l’adore n’est pas une comédie. Ou alors, pas seulement. Comment ça ? Un film populaire français à cheval sur deux catégories ? L’hexagone tremble, les télévisions ont dû faire un effort de courage hors du commun, pour parier sur un film qui ne rentre pas dans leurs carcans poussiéreux de merde (bâtards !).

En tout cas elles ont bien fait, car le film est réussi. Parce qu’il est un peu rigolo parfois, et plutôt intense le reste du temps. Surtout, il est largement plus fin que la concurrence nationale (dont les bandes-annonces me suffisent largement, merci). De la fan enamourée au bellâtre grisonnant, il y avait du terrain pour entasser les clichés mais, jusqu’au bout, la réalisatrice joue avec, en évitant pas mal de panneaux.

Bien-sûr, on n’échappe pas au flic dépressif et cerné, qui siphonne du café en se plaignant de ses budgets. Mais on ne peut pas vraiment dire qu’il soit tout à fait fictif. Et il faut reconnaître qu’il est joliment joué par Pascal Demolon, acteur inconnu au bataillon (celui que je commande en tout cas) mais qui cabotine comme un vrai pro.

Voilà. C’est cool. Réalisé sans galipettes visuelles, mais sans mauvais goût non plus. Pas de quoi faire un sixième paragraphe, mais largement de quoi attendre le retour de la réalisatrice. Elle s’appelle Jeanne Herry. Salut Jeanne ! Tu vas bien ? Elles sont bien tes chaussures !

En Bref : Il faut aller voir Elle l’adore. C’est bien écrit, intelligent, et malgré un académisme formel, plutôt original pour un long-métrage de cette ampleur.

A noter aussi, la partition sans faute de Sandrine Kiberlain qui, après m’avoir fait fuir dans tous les sens en zigzag à cause de quelques très mauvais rôles, trouve un deuxième souffle dans les rôles de comiques involontaires.

Sandrine, t’es redevenue cool. Et ça donne de l’espoir à Isabelle Huppert !